‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 333 sur 607 · CHAP. V. — DIFFICULTÉ · texte numérisé non relu

CHAP. V. — DIFFICULTÉ

quelles l'existence ne répugne pas. Cette expression s'applique à des choses déterminées, coniques par nous, mais abstraction faite, dans ce cas, de telle ou telle essence et y compris toutes celles qui ne répugnent point.

39. On objectera qu'un être infini non existant implique contradiction ^ j'en conviens sans hésiter. Un être infini qui n'existe pas est une idée absurde. Que si, en comparant les deux idées infinité et non existence, nous ne pouvons apercevoir pourquoi elles répugnent, c'est que nous ne comprenons point d'une manière parfaite ce qu'est l'infini. Ne cherchons pas ailleurs la cause des difficultés que l'on éprouve à démontrer l'existence de Dieu par l'idée de Dieu. Quoi qu'il en soit, il est certain que si l'être infini n'existait point, il serait impossible. L'impossible est ce qui ne peut être , or l'infini ne pourrait être s'il n'était, son existence ne lui pouvant venir d'un autre, puisque l'infini ne peut être produit ; ni de îui-même, puisqu'il n'existerait pas. Il est vrai que nous imaginons l'infini dans son essence, abstraction faite de son existence-, mais, je le répète, s'il nous est permis de scinder ainsi l'infini, c'est que nous ne le comprenons que d'une manière imparfaite. Que si nous en avions l'intelligence, nous verrions l'opposition des termes , infinité et non existence , avec autant de clarté que celle de cercle et de triangle.

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