CHAPITRE VÏII
fondement de la possibilité pure, et condition de
l'existence.
53. La possibilité pure des choses, leurs propriétés et leurs rapports, ont leur fondement dams l'essence de Dieu, raison de tout ce qui est. (Voy. liv. VI, depuis le chap. xxni jusqu'au chap. xxvu.)
Ne semblerait-il pas que ce fondement doit suffire,
et qu'il n'est nul besoin de s'appuyer sur la condition de l'existence.
Si les essences sont représentées en Dieu, la science a pour objet l'essence divine-, partant cet argument : du rien on ne peut rien affirmer, ne conclut pas. La représentation supposée, l'objet de la science est une véritable réalité; objet très-positif, alors même qu'elle fait abstraction de la réalité de la cliose qu'elle considère.
Voyons comment se peut résoudre cette difficulté.
M. Les rapports nécessaires des choses, indépendamment de leur existence, doivent avoir une raison suffisante. Cette raison ne se peut trouver que dans l'être nécessaire. Donc la condition de l'existence présuppose la représentation de l'essence de l'être contingent dans l'être nécessaire-, donc la condition « s'il existe » ne se peut poser, si l'on ne présuppose le fondement de la possibilité.
55. De là deux questions : l'^Quel est le fondement de la possibilité intrinsèque des choses? 2° la possibilité admise, quelle condition implique-t-elle en tant qu'affirmée ou niée de l'objet possible? Le fondement de la possibilité, c'est Dieu : la condition, c'est l'existence des objets que l'on considère.
Les deux choses sont nécessaires pour qu'il y ait science -, que le fondement de la possibilité intrinsèque vienne à manquer, impossible de poser la condition de l'existence-, cette possibilité admise, si nous n'y ajoutons la condition de l'existence, la science est sans objet.