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UNITE ET SIMPLICITE

16. Unité réelle et simplicité sont identiques. Le un n'est pas distinct en soi, il ne comprend point des parties dont on puisse dire : Celle-ci n'est point cellelà -, le simple est le contraire du composé. Le composé est un ensemble d'êtres dont l'un n est pas l'autre.

17. Cette simplicité, nous ne la trouvons en aucun des objets soumis à notre intuition, excepté dans les actes de notre ame. Ainsi, bien que le raisonnement nous enseigne qu'il existe des substances réellement unes ou simples, nous ne les voyons point en ellesmêmes.

Ce qui est étendu est essentiellement composé de

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parties 5 d'où il suit que les corps, en tant qu'ils tombent sous nos sens , ne sont ni uns ni simples. Mais comme le composé doit se résoudre dans le simple, et que nous ne pouvons procéder jusqu'à l'infmi, il suit que l'univers corporel lui-même est un ensemble, une réunion de substances, lesquelles ne se peuvent décomposer et par conséquent sont unes et simples, qu'on les nomme points inétendus, monades, ou comme on voudra.

18. Sous ce point de vue on peut dire que les substances sont réellement simples 5 quef les composés sont des agrégations de substances formant une tierce substance, en vertu d'une loi qui les relie et leur donne cette unité que nous avons nommée factice.

19. Ainsi l'analyse transcendantale elle-même confond ceux qui refusent à la substance pensante la simplicité-, la simplicité, on vient de le voir, préexiste à la composition, de telle sorte que celle-ci ne se peut comprendre si l'on ne suppose celle-là. La simplicité est une loi nécessaire de tout être : il faudrait dire de l'être composé qu'il est un ensemble d'êtres et non un être.

20. J'ai dit que les substances simples ne tombaient point sous notre intuition, laquelle ne perçoit d'objets simples que les actes de notre àme. En effet, le principal moyen d'intuition est la sensibilité ; or les représentations qui relèvent des sens ont pour base l'étendue. Quant aux actes de notre âme. qui deviennent objet d'intuition dans le sens intime, nul

doute qu'ils ne soient parfaitement simples. Décomposez, s'il se peut, une perception, un jugement, un raisonnement, un acte de volonté.

21. Il est des perceptions qui demandent certains actes préparatoires-, le jugement, le raisonnement : mais ces opérations sont tellement simples qu'il est impossible de les scinder. La même simplicité se fait voir dans les actes de la volonté, volonté pure, intellectuelle ou sensible. Comment diviser ces actes : Je veux y je ne veux pas ; faime, je hais ; je souffre, je jouis ?

22. Ne confondons point la multiplicité des actes avec les actes-, les actes sont multiples, c'est-à-dire répétés, mais simples en eux-mêmes. Les pensées, les impressions, les affections de toute espèce se succèdent dans notre esprit comme un flux et reflux-, phénomènes distincts, car ils se produisent en des temps divers et ils sont indépendants les uns des autres-, il en est même de contradictoires et d'incompatibles -, toutefois nul de ces phénomènes ne se peut décomposer, on n'y saurait distinguer des parties-, partant ils sont simples.

23. Donc l'unité vraie ne se trouve que dans la simplicité-, hors de là, point d'unité réelle, mais unité factice. S'il n'y a point séparation, il y a au moins distinction entre les parties d'un composé.

24. D'où il suit que dans la définition de l'être un, au lieu de indivisum c'est peut-être indistincium qu'il faudrait dire; en effet, la distinction exclut l'unité d'identité, la division n'exclut que l'union. A l'u-

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