‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 350 sur 607 · CHAP. IH. — SIMPLICITÉ · texte numérisé non relu

CHAP. IH. — SIMPLICITÉ

nité factice l'indivisibiHté suffit; mais l'unité réelle exige absence de distinction. Quelque étroitement unies que soient deux choses, si l'une n'est pas l'autre, elles sont distinctes; dans la rigueur métaphysique, on ne peut dire qu'elles soient une seule chose.

25. Observons qu'il s'agit ici , non de réformer la langue, mais de fixer les idées. Dans le langage ordinaire, on apphque en un sens moins rigoureux l'idée d'unité, et loin de m'élever contre cet usage, je reconnais qu'il est fondé sur la raison. Des éléments divers venant à s'unir forment un ensemble, lequel est un, en tant que soumis à une loi d'agrégation ; si l'on ne pouvait apphquer le mot un que dans le sens métaphysique, il faudrait refuser l'unité à la plupart des objets. J'ai dit que les substances simples ne tombaient point sous l'intuition immédiate et que les ensembles nous étaient connus, non les éléments dont ils sont composés. A n'attribuer l'unité qu'aux éléments simples, le domaine des sciences se rétrécit, outre mesure; le langage s'appauvrit, la littérature, les beaux-arts se voient dépouiller de leur plus beau caractère, l'unité.

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