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LES IDEES DES NOMBRES ET LES SIGNES

51. Nous rattachons à des signes nos idées et nos impressions ; — c'est à ce phénomène que notre esprit doit une grande partie de sa force. S'il n'en était ainsi, les objets complexes échapperaient à notre intelligence. Notre mémoire s'arrêterait aux faits présents (voir liv. IV, chap. xxviii et XXIX ).

52. Condillac a laissé d'excellentes observations sur cette matière ; il fait observer que sans les signes notre faculté de compter ne dépasserait point le nombre trois ou le nombre quatre. En effet, supposons qu'il n'existe de signe connu que celui de l'unité, nous pouvons aller jusqu'à deux et dire : un et un, parce qu'il est facile de s'assurer que l'unité a été répétée deux fois. Mais si nous avons à compter jusqu'à trois, il nous faut un plus grand effort. Toutefois la difficulté n'est pas grande encore ; elle l'est davantage pour le nombre quatre *, elle touche à l'impossible pour le nombre dix. Efforçons- nous de faire abstraction des signes -, l'impossibilité d'atteindre ce nombre par la répétition de l'unité devient évidente.

53. Que si nous supposons l'existence du signe deux, les difficultés diminuent déjà de moitié. Ainsi

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