‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 37 sur 607 · Pourquoi suis-je certain que la sensation suave · texte numérisé non relu

Pourquoi suis-je certain que la sensation suave

49 LIVRg l, -mm DE lA ÇERTITUOg,

que mon odorat éprouve vient de l'objet qui s'appelle une rose? Parce que mes souvenirs l'attestent; parce que le tact et la vue confirment le témoignage del'o»dorat. Mais comment puis-je savoir que ces sensations sont quelque chose de plus que des impressions purement subjectives? Pourquoi ne croirais-je point qu'elles viennent d'une cause quelconque, sans relation avec les objets extérieurs ? Sera-ce en vertu du témoignage des hommes? Mais l'existence des témoins eux-mêmes m'est-elle bien démontrée ? Comment, d'ailleurs, savent-ils ce qu'ils affirment? et moimême comment sais-je que je les entends?

Les difficultés soulevées à propos de la vue, du toucher, existent aussi pour l'ouïe. Si je doute du témoignage de l'un ou de plusieurs de ces sens, pourquoi ne douterais-je point du témoignage de tous les autres? Le raisonnement n'a donc rien à faire ici: ses sophismes tendent àm'inspirer un doute impossible, à me ravir une sécurité dont, malgré tout, je ne puis me défaire.

Que si j'en appelais au raisonnement pour appuyer le témoignage de la sensation, celle-ci ne serait donc plus la source première de toute vérité. Nous aurions changé le terrain de la discussion.

63. Il résulte de ce qui précède î 1** qu'il n'existe point de sensation oii les autres puisent leur certitude ; je me suis contenté de l'indiquer ici, me réservant de le démontrer au traité des sensations; ^^ que cette sensation première, alors même qu'elle existât» «erait impuissante à rien fonder Am% l'ordre intellec-

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