CHAPITRE XIIL
97. Kant applique la même théorie à l'explication du temps et de l'espace. Selon ce philosophe, le temps n'est rien en soi; il n'est pas même inhérent aux choses : condition subjective de l'intuition, forme intérieure au moyen de laquelle les phénomènes s'offrent à nous comme successifs, de même que, dans la forme appelée espace, ils s'offrent à nous comme continus. A vrai dire, il me semble que le philosophe se borne à constater le fait, et qu'il ne l'explique pas. Que nos perceptions soient successives, que nous percevions successivement jusqu'à nos perceptions elles-mêmes, nul ne l'ignore^ mais qu'est-ce que la succession? Tout est là.
98. Kant avance que le temps n'existe qu'en nous. Mais la succession n'existe-t-elle qu'en nous? Il prétend que nous ne savons rien du monde extérieur, que nous ne saisissons que des apparences^ mais il n'ose affirmer qu'il n'y ait que des apparences. Or la réahtéest susceptible de changement^ changement imphque succession, succession imphque le temps.