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Il ajoute que les idées de temps et d'espace

étant des idées à priori ne peuvent être empi riques ou d'expérience, et que, s'il en était autrement, nous serions hors d'état d'affirmer autre chose que nos propres sensations. Vérité incontestable que j'ai démontrée dans le chapitre précédent \ mais cette priorité des idées d'espace et de temps ne prouve rien pour son système. Rien n'empêche, en effet, ([ue ces idées, bien qu'à priori^ aient dans le monde réel quelque chose qui leur corresponde.

100. Il est certain que le temps ne subsiste point par lui-même ; mais non qu'il ne reste rien de lui, abstraction faite des impressions subjectives de l'intuition. Nous avons démontré qu'une durée sans une chose qui dure est une absurdité -, mais il ne suit point de là que l'ordre représenté par l'idée du temps ne soit point une chose réelle dans les objets.

101. « Si le temps, dit le philosophe de Rœnigsberg, était une détermination inhérente aux choses mêmes ou un ordre, il ne pourrait précéder les objets comme condition de ces objets ; partant, il ne pourrait être ni reconnu ni perçu à priori synthétiquement. Cette perception s'explique si le temps n'est autre chose que la condition subjective de nos intuitions, parce qu'alors l'intuition intérieure peut être représentée avant les objets et par conséquent à priori.,. Que si nous faisons abstraction d<î la manière dont nous nous percevons intérieurement et dont nous embrassons, par cette intuition du moi, toutes les intuitions extérieures dans la faculté de représentation, prenant ainsi les objets comme ils peu-

vent être en eux-mêmes^ dans ce cas, le temps n'est rien

« Je puis dire que mes représentations sont successives ; mais il faut entendre par la que nous avons conscience de ces représentations dans une succession, c'est-à-dire dans la forme du sens interne-, ce qui ne fait point que le temps soit quelque chose en soi, pas même une détermination inhérente aux choses, î) [Esthétique transcendant aie),

102. Il est facile de s'apercevoir que le philosophe allemand lutte contre les difficultés suivantes :

l"" Expliquer la nécessité que l'idée du temps emporte avec elle, s'il est vrai qu'elle relève de l'expérience ;

2° Si elle ne relève point de l'expérience, expliquer comment elle se peut trouver réellement dans les choses-, ou comment nous pouvons savoir qu'elle se trouve dans les choses ?

L'auteur de Y Esthétique résout le prohlème en établissant que l'idée du temps est un fait purement subjectif, une forme de notre intuition.

En vertu des principes que nous avons étabhs plus haut, il me semble que Ton peut donner au temps une valeur objective, indépendante de notre intuition ; il me semble que l'on peut expHquer ses rapports avec l'expérience, et sauvegarder la nécessité que cette idée implique.

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