CH. XVIT. —LE TEMPS ET LE PRINCIPE DE CONTRADICTION
c'est que ces extrêmes être et non être sont de telle nature que l'un étant posé, l'autre doit disparaître, non-seulement dans l'idéal, mais dans la réalité. Soit B une chose quelconque : selon le principe de contradiction B exclut le non B et vice versa, La pensée de l'un chasse la pensée de l'autre. Il est facile de voir que, dans cette formule, nous faisons abstraction, autant qu'il est possible, de l'idée de temps-, puisque nous nous bornons à considérer Bet non B sous le rapport de leur exclusion réciproque en les rapportant à un simul, à un point indivisible de la durée, lequel ne comporte point de succession et ne nous donne pas l'idée du temps. J'ai dit autant que jmssible^ car, par là même que nous pensions B et non B, germait en nous l'idée de succession 5 or, succession implique le temps.
125. B et non B impliquent contradiction: d'où il ne suit point que ces deux termes ne puissent absolument se réaliser. L'exclusion est conditioftnelle, c'est-à-dire qu'elle existe en tant que les extrêmes contradictoires sont simultanés ou se rapportent à un maintenant indivisible*, mais rien dans l'idée B n'emporte une nécessité intrinsèque d'existence ; par conséquent, bien qu'il soit certain que B étant, il ne peut ne pas être, nous n'en concevons pas moins que Bpeut cesser d'être et passer au non B. Dans ce cas, la contradiction disparaît^ ainsi les deux idéesBet non B se concilient sans effort, dans notre esprit, pourvu qu'on leur assigne dans la durée des instants divers.