D'où il suit que dans les sciences naturelles
il y a deux parties : théorie et expérience. La première
a pour base des idées nécessaires, la seconde des faits contingents : celle-là ne descendrait point aux faits de l'ordre réel sans le secours de celle-ci^ celle-ci ne s'élèverait point à la dignité de science sans le secours de la première.
162. Les sciences naturelles méritent d'autant plus le nom de sciences, qu'elles enferment une plus grande quantité d'éléments nécessaires, et que Tenchaînement par lequel elles peuvent unir à ces éléments les faits contingents, est plus intime. Mais, comme il n'est aucune science naturelle qui se puisse concevoir sans faits contingents , de même il n'en existe point qui ne participe, en quelque sorte, de la contingence que ces faits lui communiquent.
163. Cette observation nous révèle une grande simplicité dans les éléments des sciences^ simplicité que l'on peut pousser encore plus loin, si Ton se rappelle ce qui a été dit dans l'analyse des idées de nombre et de temps.
164. L'idée de nombre naît deVidée d'être et de non être, nous l'avons établi ; il en est de même de l'idée detemps^ même idée présentée sous différents aspects.
165. D'où il suit que toutes les sciences naturelles et exactes se réduisent à deux éléments : l'intuition de l'étendue et le concept général d'être. L'étendue est la base des intuitions sensibles; à l'extérieur, condition nécessaire des rapports que nous concevons, dans l'univers corporel; à l'intérieur, perception sans laquelle la sensibilité ne saurait être représentative par rapport aux objets externes. Le concept