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CHAP. XII. — DIFFICULTÉS SOULEVÉES. SOLUTION

Dans ce cas, le terme à soustraire sera infini sous un certain rapport, mais non dans l'ordre dej décroissance, en tant qu'il lui manque la quantité qu'on lui a enlevée.

87. 11 existe contre la possibilité d'une étendue infinie absolue un argument qui me semble plus difficile à résoudre. Je m'étonne que les adversaires de cette possibilité ne l'aient point relevé; le voici.

Le fait de l'existence d'une étendue infinie admis. Dieu peut anéantir cette étendue, et créer une étendue nouvelle également infinie. La somme totale des deux étendues est plus grande que chacune d'elltîs en particulier : donc aucune des deux étendues ne sera véritablement infinie. Rien n'empêche de supposer cet anéantissement répété à l'infini ; d'où lil résulte une série d'étendues infinies. Les termes de cette série ne peuvent exister en même temps, puisqu'une étendue infinie actuelle exclut les autres-, donc, comme la somme de toutes les étendues est plus grande qu'un nombre quelconque d'étendues partielles, l'étendue infinie absolue se doit trouver non dans les nombres partiels, mais dans la somme ; donc l'étendue infinie en acte ou actuelle est intrinsèquement impossible.

Pour résoudre la difficulté, distinguons entre Tétendue en soi et la chose étendue. Toute la question repose sur la possibilité intrinsèque de l'infinité de l'étendue considérée en elle-même, abstraction faite du sujet dans lequel cette étendue se trouve. L'on fait passer sous nos yeux une série d'étendues infinies

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qui se succèdent; mais cette succession s'opère entre des êtres étendus dont le nombre va se multipliant î elle ne s'opère point dans l'étendue elle-même.

L'idée pure de retendue infinie n'est point augmentée par les nouvelles étendues que nous pouvons concevoir : l'étendue apparaît, disparaît, reparaît, et disparaît encore, mais sans augmenter. La succession prouve la possibilité intrinsèque de son apparition, de sa disparition^ elle prouve qu'elle est essentiellement contingente , puisqu'il ne lui répugne pas de cesser d'être lorsqu'elle est, et de passer de nouveau du non être à l'être. Étudions nos idées -, nous verrons qu'il nous est impossible d'agrandir par aucune supposition l'étendue infinie lorsqu'une fois nous l'avons conçue ainsi, et que tout se réduit à une succession de productions et d'anéantissements. L'idée de l'étendue infinie m'apparaît comme un fait primitif de notre esprit -, cette infinité que nous imaginons dans l'espace n'est que le résultat des efforts de l'idée qui veut se formuler dans une réalité. L'homme a reçu du Créateur le don de l'intuition sensible et la possibilité de dilater cette intuition dans une proportion infinie : or, pour cela, nous avions besoin de l'idée d'une étendue infinie.

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