LIVRE Vin. — L INFTN
OU à quelque impression particulière excitée en nos sens. Les difficultés que l'on pourrait soulever sur tous ces points se trouvent résolues dans les paragraphes précédents.
L'inertie ou l'indifférence pour le mouvement ou le repos est une propriété purement négative-, incapacité pour toute action, absence d'un principe interne productif des changements, disposition purement passive à recevoir tout changement.
135. Ainsi refuser à Dieu la sensibilité passive ou une nature corporelle, c'est affirmer l'indivisibilité de Dieu, son activité créatrice, son immutabilité.
136. La sensibilité active, ou si l'on veut la faculté de sentir, présente deux caractères qu'il convient de définir. Il y a deux choses dans la sensation : 1^ l'affection causée dans l'être sensitif par l'objet sensible -, â'^ la représentation de l'être sensible dans l'être
sensitif.
La première propriété est purement passive et suppose la possibilité d'être affectée par un objet, c est-à-dire la sujétion au changement. Celle propriété ne convient ni ne peut convenir à l'être infini^ la lui refuser, c'est affirmer son immutabilité.
La seconde est une sorte de connaissance d'un ordre inférieur par laquelle l'être sensitif perçoit à sa manière l'objet sensible. La représentation de tout ce qui est ou peut être, doit se trouver dans l'être infini \ partant l'être infini embrasse dans ses perceptions tout ce que les facultés sensitives ont de perceptif
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intuitivement. Ainsi, ce que la sensibilité nous transmet des objets extérieurs, ce qu'elle nous ré>'èle intérieurement du monde objectif, tout cela se doit trouver dans la représentation que rintelUgence infinie possède et voit au dedans d'elle-même. Sous quelle forme se présentent les objets à l'intuition de l'être infini? Nul ne le sait. Mais rien de ce qu'il y a de vérité dans les représentations sensitives n'échappe à cette intuition.
137. Il y a dans l'intelligence des objets ou dans leur perception, abstraction faite des formes de la sensibilité, quelque chose de positif, à savoir la perception des êtres et leurs rapports; mais cette perception est souvent accompagnée en nous d'une circonstance négative, c'est-à-dire qu'elle manque d'un objet déterminé auquel se puisse rapporter le concept général. L'être infini qui voit en une seule intuition et ce qui existe et ce qui peut exister, embrasse tout le positif de l'intelligence; le négatif, en tant qu'imperfection, n'existe point en lui.
138. Il est évident que l'on doit affirmer de Dieu la volonté. Comment refuser, en efiet, à l'être infini cette activité intime, spontanée, qui se nomme vouloir, et qui, par nature, n'implique aucune iimperfection?
139. La volonté en Dieu, bien qu'éminemment une et simple, est volonté nécessaire ou volonté libre, selon les objets auxquels elle se rapporte ; ceci donne lieu à diverses propositions négatives qu'il est à propos d'examiner.
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On dit : Dieu ne peut vouloir le mal moral ; proposition négative, au point de vue logique, mais af- Ermative au fond. Dieu ne peut vouloir le mal moral, parce que sa volonté est invariablement fixée dans le bien^ type sublime qui n'est autre que l'essence infinie elle-même , objet éternel de sa contemplation. L'impuissance pour le mal est une perfection de Dieu ; c est l'attribut infiniment parfait d une sainteté infinie.
140. La volonté divine peut avoir rapport à des objets extérieurs, lesquels étant finis se prêtent à diverses combinaisons -, or ces combinaisons , subordonnées à la fin que se propose l'agent qui les produit, relèvent de lui quant à leur existence. Dire que Dieu reste libre d'accomplir tel ou tel acte ou n'est point forcé de l'accomplir, c'est constater en Dieu une perfection : à savoir la faculté de vouloir ou de ne pas vouloir, de vouloir d'une telle façon certains objets, lesquels ne sauraient encbaîner la volonté infinie , parce qu'ils sont finis dans leur nature.
141. D'où il suit que l'on peut affirmer de l'être absolument infini toute réalité non contradictoire contenue dans les idées générales, soit indéterminées, soit intuitives. Il n'en est point ainsi des réalités individuelles (120) et finies-, H y aurait contradiction. Ces deux propositions : « l'être infini est l'univers corporel, » « l'être infini est essentiellement fini, » sont identiques. Même contradiction dans toute proposition dont le sujet est l'être infini et l'attribut une réalité distincte de l'être infini. Nous