‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 478 sur 607 · CHAP. IV. — ACCIDENTS · texte numérisé non relu

CHAP. IV. — ACCIDENTS

bre, mais une forme nouvelle. Il y a plun, pour donner à un corps la forme cubique, nous n'avons nul besoin d'enlever cette forme à un autre corps ^ donc la forme de l'un n'est pas individuellement celle de l'autre : autrement il faudrait dire que cette forme est et n'est pas , qu'elle se conserve et cesse d'être en même temps.

23. Les mots transmission ou communication de mouvement, dont on fiiit un si fréquent usage en physique, expriment une réalité en tant qu'ils ra})pellent un phénomène relevant du calcul ; mais compris dans le sens que le même mouvement passe ou peut passer d'un corps en un autre, ces mots auraient une signification absurde. La somme de mouvement après le choc est la même qu'avant le choc dans les corps durs, parce que la vitesse se répartit entre eux, l'un perdant ce que gagne l'autre. Ainsi l'attestent et le calcul et l'expérience. Il est évident, toutefois, que la vitesse propre du corps choquant n'a pu se transmettre au corps choqué par transmission, parce que nous concevons la vitesse comme un simple rapport dans l'idée duquel entrent les idées de corps mis en mouvement, les idées de temps et d'espace. P étant la quantité de mouvement avant le choc, il est vrai que la vah^ur de P ne change point après le choc : expression du phénomène par rapport à ses eliets en tant qu'il est soumis au calcul \ mais il ne suit point que la vitesse qui entre dans le second membre de l'équation soit formée d'une partie de la vitesse des équations antérieures.

Soit A et B deux corps dont ces deux lettres expri-

ment la masse individuelle , V, 2? exprimant leur vitesse respective avant le choc. La quantité du mouvement sera P^Xx^ + ^Xv. Nous aurons après le choc une vitesse nouvelle que nous nommerons w, et comme quantité de mouvement P = Axw + ^X"- Mathématiquement parlant , la valeur de P sera la même -, ce qui signifie que les résultats du mouvement, exprimés en nombres et en lignes, sont les mêmes après qu'avant le choc : mais Ton n'entend ni Ton ne peut entendre que, dans la vitesse u» entant qu unie au sujet , il y ait une portion de vitesse laquelle se serait détachée de V pour s unir à v.

24. Il suit delà que nous ne saurions concevoir les accidents comme réalisables sans un sujet auquel ils adhèrent, et que les substances sont par elles-mêmes et se conçoivent ainsi. La figure ne peut exister sans une chose figurée -, mais la chose figurée peut exister, elle existe, indépendamment de tout le reste. Il est vrai qu'elle implique un être duquel elle tient l'existence-, mais c'est là un rapport de cause et d'effet, non un rapport d'inhérence ou de sujet et de mode. 25. Ces dernières considérations jettent un jour plus vif sur Vidée de substance corporelle. Nous avions trouvé (chap. ni) les caractères suivants : 1° être; 2° rapport du permanent au variable-, 3° sujet des variations -, voici maintenant un quatrième caractère, lequel est une négation : la non inhérence. Ce caractère négatif est compris dans le caractère positif : sujet permanent des variations^ car il est clair que, dans l'idée sujet permanent de variations.^ l'inhérence

CfÊP. V. — . SUBSTANCE CORPORELLE. 161

ne se trouve point comprise ; nous la nions, au contraire, au moins imphcitement. La non inhérerce suppose quelque chose de positif, une chose sur laquelle repose cette propriété : n'avoir pas besoin d'être inhérent. Cette propriété, qu'est-elle l' Nous l'ignorons ; nous savons qu'elle existe, mais c'est tout. Pour l'expliquer, il faudrait avoir l'intuition de l'(îssence des choses ; or cette intuition nous manque.

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