‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 479 sur 607 · CONSIDÉRATION SUR LA SUBSTANCE CORPORELLE EN ELLE- MÊME · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATION SUR LA SUBSTANCE CORPORELLE EN ELLE- MÊME

26. L'idée de substance, comme nous l'avons définie jusqu'ici, implique un rapport avec les accidents en général (chap. ni). Il ne s'agit point de l'idée indéterminée de substance , mais de l'idée de substance corporelle ; or, que l'on nous dise s'il est facile de concevoir une substance corporelle parti(îulière sans aucun accident. Exemple : je dépouille le papier sur lequel j'écris de tout ce qui le met en rapport avec mes sens , faisant même abstraction de sa forme et de son étendue; que reste-t-il? Si je ne veux que l'objet , perdant son individualité, s'évanouisse et se confonde dans l'idée universelle , il est clair que je dois réserver quelque chose dont je puisse dire : ceci, ce qui est là, ce qui m'affecte d'une telle manière, le sujet de telles modifications. D'où l'on voit que je tiens compte au moins de la position de cet

objet, relativement aux autres corps, ou de sa causalité , relativement aux impressions qu'il produit en moi, ou de sa nature de sujet, par rapport à des accidents déterminés. Ainsi , de la même manière que l'idée de substance finie, en général, implique un rapport avec certains accidents, en général ; l'idée de substance, en particulier, implique l'idée de rapports avec des accidents particuliers.

27. Ce rapport , nous le trouvons dans notre mode de concevoir la substance corporelle -, on ne saurait atlirmer d'une manière certaine que la substance l'implique dans sa nature même. La nature de la substance nous est inconnue-, question à part, à côté de laquelle se dresse la question de l'essence des corps. 28. Impossible pareillement de préciser jusqu'à quel point l'identité de la substance corporelle persévère sous ses diverses transformations. Pour les partisans de la pbilosopbie corpusculaire , les transformations sont de simples mouvements locaux , et les variations que les corps laissent apercevoir, de simples résultats de la diversité de position des molécules entre elles. Leibnitz décompose la matière en une infinité de monades -, ces monades ne sont point les atomes d'Épicure , mais conduisent, comme les Siiomes, kVinvariabiliié substantielle des corps. Leibnitz définit les corps : un ensemble de substances indivisibles nommées monades. Dans l'opinion des aristotéliciens , parmi les cbangements opérés dans les corps, les uns étaient accidentels, comme le cbangement de figure . de mouvement, de densité, de cha-

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