‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 482 sur 607 · CHAP. VI. — LE MOI HUMAIN · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — LE MOI HUMAIN

des pensées et des désirs, malgré les changements survenus dans les opinions et la volonté, malgré l'opposition même de nos actes, qui pourrait nous enlever cette conviction profonde, inébranlable, que c'est nous, le même être, qui les éprouvons dans leur diversité, qu'il y a en nous quelque chose qui sert de sujet à ces divers phénomènes?

34. S'il n'existait en nous quelque chose de permanent au milieu du variable, que serait la conscience du moi? succession de phénomènes sans connexion, voilà tout. Plus de souvenirs, plus de combinaisons possibles. Qu'est-ce que la pensée sans un être identique et un au milieu de la variété des formiîs de la pensée, sans un être qui pense? Donc il y a en nous un sujet simple qui relie les divers phénomènes et dans lequel s'opèrent les changements; il y a donc une substance. Cette substance est une; or l'unité, que nous ne trouvons point dans les substances corporelles, à moins de les décomposer à l'infini, se présente au premier instant dans la substance spirituelle, comme un simple fait interne, sans lequel tous les phénomènes de notre âme seraient absurdes et l'expérience du monde extérieur impossible. Enlevez au moi l'unité, plus de sensations; partant, plus de contact avec les êtres qui nous entourent.

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