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La réalité permanente du moi est un fait attesté

CHAP. vm. — INTLITION DU MOI. 171

par la conscience \ chacune de nos paroles confirme cette permanence et cette réalité. Que si la présence de rame à elle-même, la conscience intime qu'cîlle a d'elle-même prend le nom d'intuition , nous avons l'intuition de notre âme. Cette intuition se trou\e reproduite dans toutes les intuitions particuhères et en général dans toutes les affections internes \ en effet , bien que ces affections soient isolées, elles impli(|uent l'intuition du moi par cela seul qu'elles impliijuent conscience d'elles-mêmes.

44. La multiplicité même des phénomènes isolés, loin de prouver contre l'unité de l'intuition du moi , confirme cette unité jusqu'à l'évidence. Dans l'hypothèse d'une pensée unique, fixe, identique, la nécessité d'unir cette pensée à fidée d'un sujet permanent se ferait sentir d'une manière moins impérieuse; mais lorsque les phénomènes sont multiples et même contradictoires dans leur coexistence, nous sommes bien forcés de les rapporter à une chose constante, sous peine de voir le monde interne tomber dans un irrémédiable chaos.

45. Donc l'àme a jour sur elle-même, c'est-à-dire elle sent son unité dans la pluralité, son identil é dans la diversité, sa permanence dans la successioo, son immutabilité dans l'apparition ou la disparition des pbénomènes. Ou il faut admettre cette vérité ou il faut renoncer à la légitimité du témoignage de la conscience -, scepticisme absolu , puisqu'il emJbrasserait à la fois les deux mondes, interne et externe. 46. Ainsi les concepts indéterminés être, unité,

permanence y sujets de modifications^ ont en nous leur réalité vivante : réalité que la conscience atteste, réalité confirmée par l'analyse logique des phénomènes, dans leurs rapports avec le point commun qui les rassemble.

47 . Etre y unité, permanence^ sujet de modifications y ces mots résument tout ce que l'idée de substance finie peut contenir. Or, tout cela nous le trouvons dans notre âme \ l'expérience et le sens intime rendent témoignage. Que si l'on veut donner à ces phénomènes internes le nom d'intuition , nous avons l'intuition de la substanlialité de l'âme.

48. Non-seulement le sujet pensant se sent luimême, mais il se connaît en tant qu'objet réel, auquel il applique, par la réflexion, les idées indéterminées d'être, d'unité, de permanence, de sujet de modifications. Donc l'âme peut tenir le rôle d'un véritable attribut dans les propositions doublement appuyées sur la logique et la conscience.

49. Est-il une intuition de l'âme autre que l'intuition dont nous venons de parler? — Non, tant que nous restons sur la terre. Mais peut-on supposer une intuition difl*érente de l'intuition du sens intime? Accoutumés que nous sommes aux intuitions sensibles, lesquelles impliquent l'étendue dans l'espace , nous demandons ce qu'est l'âme en elle-même. Nous demandons à voir son image.

Peut-être, en faisant abstraction de l'ordre sensible, en nous élevant à la sphère de l'intellectuel pur, peut-être pourrions-nous affirmer que nulle autre

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