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CHAP. VUI. — INTUITION DU MOI

intuition de l'âme n'est possible que l'intuition actuelle -, peut-être pourrions-nous affirmer que lame, en soi, dans son entité une, simple et identique, est la force même que nous sentons -, que cette force est le sujet des modifications, qu'elle en est la substt'ince et qu'il n'est pas besoin d'imaginer un autre fond mort, pour ainsi parler, dans lequel cette force réside. Pourquoila force, elle-même, ne serait-elle pas subsistante ? Pourquoi imaginer un autre suhstratum sur lequel elle s'appuie ? Et s'il en était ainsi , si l'on pouvait appliquer à la substance de l'âme ce que le grand Leibnitz pensait de toutes les substances , en faisant consister l'idée de substance dans l'idée de force, pourquoi ne pourrions-nous dire que la présence intime , la conscience de soi est toute l'intuition que l'âme peut avoir d'elle-même ?

50. Vous me demandez ce qu'est l'âme séparée du corps, ce qu'elle sentira, ce qu'elle connaîtra, d'ellemême lorsqu'elle se trouvera seule. Comme si actuellement elle ne sentait pas et ne connaissait pas seule ; comme si l'organisme qui la sert sentait et pensait. Sait-elle, par hasard , comment elle se sert de ses organes, et saurait-elle qu'elle s'en sert, n'était l'expérience? Oui , l'âme est seule dans les profondeurs de son activité, avec ses pensées, avec les actes de sa volonté , avec ses sentiments , avec ses joies et ses tristesses, avec ses plaisirs et ses douleurs. Que l'on dise que nous n'avons pas une idée suffisamment claire de ce que sera, dans l'autre vie, la cc»nscience du moi -, que peut-être il existe d'autres modes d'in-

tuitiouque l'intuition présente, je le comprends. Mais que Ton ne représente point Fisolement de l'âme comme une chose qui ne se peut comprendre. Laissez-moi la pensée, la volonté, le sentiment présents au fond de ma conscience ; pour me trouver moimême, qu'ai-je besoin d'autre chose ? Mettez-moi en communication avec d'autres êtres ; que ces êtres agissent sur moi , que j'agisse sur eux à mon tour, qails me transmettent leurs pensées et leurs volontés, etc.^ c'est assez pour me donner la connaissance du monde extérieur. J'ignore la qualité des choses, non leur possibilité ^ l'àme change d'état , elle ne change point de nature.

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