‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 506 sur 607 · DE KANT · texte numérisé non relu

DE KANT

144. J'ai expliqué (Liv. III, cbap. xvii) comment le système de Kant conduit aux doctrines de Fichte. Lorsqu'un principe dangereux est posé, il s(i trouve toujours un esprit assez hardi pour en tirer les conséquences , quelles qu'elles soient. L'auteur de la Doctrine de la science^ dévoyé par les doctrines de Kant, établit le panthéisme le plus extravagant qu'on ait rêvé depuis l'origine de la philosophie. Il dit, en finissant son livre, qu'il a conduit le lecteur au point où Kant avait pris le sien ; il aurait pu dire qu'il le prend où Kant l'a laissé. L'auteur de la Critique de la raison pure, faisant de l'espace un fait purement subjectif, détruit la réahté de l'étendue ; c'était ouvrir la porte à ceux qui tirent du moi le monde tout entier ^ si le temps n'est qu'une forme du sens interne, la succession des phénomènes dans le temps, qu'est-elle autre chose qu'une modification du moi?

145. Mais il n'est nullement nécessaire de nous mettre en frais de déductions. En mille endroits de son œuvre, Kant, malgré l'obscurité de son langage, formule ses doctrines de la manière la plus précise. Écoutons-le parler lui-même dans la Logique transcendentale^ section onzième, où il se propose d'ex-

pliquer le rapport de l'entendement avec les objets en général , et avec la possibilité de les percevoir à priori.

a L'ordre et la régularité dans les phénomènes, ce que nous nommons nature, est donc noire propre ouvrage ; nous ne trouverions point cet ordre dans les objets si nous ne l'y avions mis. En effet, l'unité naturelle doit être une unité nécessaire, c'est-à-dire une certaine unité à priori de l'enchaînement des phénomènes ^ or comment pourrions-nous produire une unité synthétique à priori., si nous n'avions dans les sources primitives de notre esprit des raisons subjectives d'une semblable unité ^ si ces conditions subjectives n'étaient en même temps valables objectivement ^ puisqu'elles sont les fondements de la possibilité de connaître en général un objet dans l'expérience ? »

Il faudrait être aveugle pour ne point voir dans ces lignes les germes du système de Fichte qui fait sortir le non moi. c'est-à-dire le monde extérieur, du moi, et qui n'accorde au non moi d'autre réalité que celle qu'il reçoit du moif

146. Mais l'auteur de la Critique de la raison pure est plus explicite encore -, voici comment il explique la nature et les attributions de l'entendement :

« Nous avons défini plus haut l'entendement de diverses manières^ nous l'avons nommé une spontanéité de la connaissance (par opposition à la réceptivité de la sensibiUté), une faculté de penser ou bien faculté des concepts ou des jugements ; définitions qui, bien

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