CHAP. XIX. — FICHTE ET KANT
comprises, ne sont qu'une même chose. Nous pouvons, dès maintenant, caractériser l'entendement comme hi faculté des règles. Ce signe est plus fécond et se rapproche davantage de l'essence dtî la chose. La sensibilité nous donne des formes (de l'intuition) et l'entendement des règles. Celui-ci s'applique incessamment à observer les phénomènes pour en tirer quelque règle. Si les règles sont objectives, c'est-àdire si elles se lient nécessairement à la connaissance de l'objet, on les nomme lois. Bien qu'un grand nombre de lois nous soient connues au moyen de l'expérience, ces lois ne sont toutefois que des déterminations particulières d'autres lois supérieures , parmi lesquelles les plus élevées procèdent , à p7nori , de T entendement même et ne sont point tirées de Texpérience. Ces lois donnent aux phénomènes leur légitimité, et partant rendent possible l'expérience. Donc l'entendement n'est point seulement la faculté de créer des règles en comparant les phénomènes 5 il ^est la loi même de la nature^ c'est-à-dinî que, sans Fentendement, il n'existerait point de nature ou d'unité synthétique de la diversité des phénomènes, selon certaines règles. En effet, les phénomènes, en tant que phénomènes, ne peuvent exister hors de nous ; que dis-je ? ils n'existent que dans notre sensibiUté-, mais celle-ci, en tant qu'objet de connaissance; dans une expérience, avec tout ce qu'elle peut contenir, n'est possible qu'en vertu de l'unité del'aperception. L'unité de l'aperception est le fondement transcendantal de la légitimité nécessaire de tous les phénomènes
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dans une expérience -, cette unité de Taperception, y compris le rapport avec la diversité des représentations, est la règle ; la faculté de ces règles, c'est Tentendenîent. Donc tous les phénomènes, comme expériences possibles, sont à priori dans Tentendement ; ils tirent de lui leur possibilité formelle, de la même manière qu'ils sont à titre de pures intuitions dans la sensibilité, et ne sont possibles que par la sensibilité relativement à la forme.
DansV idée so7n77îaire de la légitimité et de la possibilité unique de la déduction des concepts intellectuels purs, Kant établit non-seulement que les objets de notre connaissance ne sont point les choses en ellesmêmes, mais il argue de l'impossibilité qu'il en soit ainsi, sous peine de ne pouvoir former des concepts à priori. Et il ajoute que la représentation même de tous ces phénomènes, par conséquent tous les objets dont nous pouvons nous occuper, se trouvent dans le moi, c'est-à-dire sont des déterminations du moi identique, lequel exprime la nécessité d'une unité universelle de ces déterminations en une seule et même aperception.
147. On voit clairement, par les passages cités, que le système de Fichte ou le panthéisme idéahste qui réduit toutes choses à des modifications du moi, et les principes établis dans la Critique de la raison pure, sont d'accord. Toutefois, l'impartialité me fait un devoir d'ajouter ce que j'ai dit déjà dans la note troisième du troisième livre, à savoir que le philosophe de Kœnigsberg a repoussé les conséquences tirées de