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CHAP. IX. — CAUSALITÉ ABSOLUE

port de A avec B représente le véritable rapport d'une cause avec son effet. Ainsi le caractère complet de cause absolue implique deux conditions : 1° nécessité de l'être de A à l'existence de B^ 2** suffisance de l'être de A à l'existence de B.

Ces conditions se peuvent formuler ainsi :

Si B existe, A existe.

Par cela seul que A existe, B peut exister.

Lorsque entre deux objets il existe un rapport, lequel rend ces deux propositions vraies simultanément, le rapport qui leur donne ce caractère de vérité est un rapport de causalité absolue.

104. On voit, par l'explication qui précède, que les simples occasions perdent le caractère de causer en effet, onnepeutleur appliquer la seconde pro])osition. Dedeuxfaitsoccasionnellementliés,vous dites : sil'un existe l'autre doit exister, et par ainsi la première proposition se trouve réalisée ; mais vous ne pouvez dire : c'est assez que l'un existe, pour que l'autre existe parellement. Dans ce cas la proposition deuxième ne se réalise pas. Deux hommes se sont concertés : l'un doit faire un signal, et Vautre, à ce signal, décharger une arme à feu. Dites que si le signe est fait le coup sera tiré^ mais vous ne pouvez affirmer que le signe comprenne tout ce qu'il faut pour qu'un coup de; fusil soit tiré. Supposez en effet que celui qui tient l'arme à feu s'endorme, le signal pourra se répéter un grand nombre de fois sans que l'arme à feu soit déchargée. 105. De la sorte, on enlève pareillement le carac-

tère de cause à toute condition qui n'est cause qu'en tant qu'elle écarte les obstacles, removens, prohibens. Ici la première proposition est applicable , non la seconde. Vous pouvez dire , d'un corps appuyé sur une colonne, lequel ne peut tomber si l'on ne déplace la colonne : si le corps est tombé , la colonne a été déplacée 5 mais vous ne pouvez dire que le déplacement de la colonne suffise pour déterminer la chute du corps ; en effet, supposons un corps spécifiquement moins lourd que le fluide dans lequel il est plongé, ce corps ne tombera point. Il est évident qu'il faut d'autres conditions pour déterminer la chute que le déplacement de l'obstacle ^ à savoir la force de gravité ou une impulsion quelconque.

106. Il en est de même des phénomènes liés entre eux dans une succession de temps , d'une manière fatale et dans un ordre fixe : ils perdent le rapport de causes et effets, à moins qu'on ne leur attribue quelque propriété qui légitime l'application de ces idées. Ainsi , un ordre toujours le même autorisât-il à dire que A survenant , B doit survenir , ensuite C, puis D, et successivement, on n'en peut conclure que l'existence de A emporte ce qui s^tjît à l'existence de B , celle-ci ce qui svjit à l'existence de C, puisque nous supposons , en dehors de la série , une sorte de condition indispensable.

107. La première proposition : si B existe, A existe, est vraie avec rapport à une cause quelconque, nécessaire ou libre. La seconde proposition est pareillement applicable à ces deux espèces de causes.

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