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CHAP. XII. — LA VOLONTÉ

ter à ce qui n'existe point, car elle peut jo<?7w^r ce qui n existe pas. Un corps ne peut avoir de rapport avec un corps qui n'est point ^ l'intelligence seule peut, à son gré, parcourir les régions de la possibilité pure.

126. La volonté participe de ce caractère de l'intelligence. Le désir se rapporte à une jouissance qui n'est pas, mais qui peut être^ notre vouloir et notre non vouloir, l'amour et la haine s'appliquent souvent à des choses purement idéales ; on le sait, nous allons jusqu à souhaiter l'impossible. Nous souhaitoins recouvrer un objet que nous savons perdu poui* toujours-, nous voudrions la présence d'un ami malgré la distance; nous voudrions précipiter ou ralentir le

. temps selon nos besoins ou nos caprices.

127. Ainsi par Fintelligence et la volonté nous sommes en rapport avec ce qui n'existe pas; rapport qui ne se peut même concevoir dans un être dépourvu d'intelligence. Le résultat de ces doctrines, résultat de la plus haute importance, c'est que le commencement absolu d'un être demeure incompréhensible si la causalité n'a sa racine dans l'intelligence. Ce qui commence passe du non être à l'être. Comment estil possible que l'être ait produit en un autre être cette transition, puisque le rapport avec un autre être était intrinsèquement impossible , cet être n'existant pas encore? L'être intelligent peut penser à un autre être, bien que celui-ci n'existe pas; mais pour l'être inintelhgent, lorsque \ autre être n'est point réel, il n'est d'aucune manière; partant, aucun rapport n'est possible; tous les rapports que l'on suppose étant con-

tradictoires, il est absurde d'imaginer que ce qui n'est pas commence à être.

128. Ce raisonnement prouve qu'un être intelligent préside à l'origine des choses-, raison universelle de ce qui est, sans laquelle rien ne pourrait commencer. Si quelque chose a commencé, quelque chose était de toute éternité ; et ce qui a commencé était connu par ce qui était. Niez Tintelligence, le commencement est absurde. Imaginez, à l'origine des choses, un être privé d'intelligence, les rapports de cet être seront uniquement avec le réel; il ne peut avoir aucun rapport avec le non existant. Comment est-il possible alors que le non existant commence à exister par l'action de ce qui existe ? Pour que le non existant commence, il faut une raison : autrement il serait indifférent que telle chose commençât ou telle autre, ou même qu'elle commençât ou ne commençât point. Si nous ne supposons qu'il existe un être qui connaît ce qui n'existe pas et qui peut étabUr, pour ainsi dire, une communication avec le néant, impossible que le non existant arrive jamais à l'être.

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