CHAPITRE XIII
l'activité.
129. Nous comprendrons mieux l'idée de causalité après avoir réfléchi sur les idées d'activité et d'action, et sur les idées d'inertie ou ^'inactivité, et d'inaction.
130. Un être dépourvu d'intelligence, de volonté, de sensibilité, un être sans conscience d'aucune es-
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pèce, lequel ne contient en lui-même aucun principe d'altération propre, rien qui puisse agir au dcihors, voilà l'être absolument inactif.
Ainsi l'inactivité ou l'inertie absolue requiert les conditions suivantes : 1° absence absolue d'intelligence, de volonté , de sensibilité, et en général de tout ce qui implique conscience-, 2*^ absence absolue de tout principe de changement intérieur ; 3*^ absence absolue de tout principe de changements relativement à autrui. La réunion de ces conditions emporte l'idée d'une inactivité ou inertie absolue : l'état d'un être dans ces conditions est l'inaction absolue.
131. Un tel être, considéré en général, présente l'idée vague de chose existante \ nous le pouvons pareillement considérer en tant que substance, en ce sens qu'il n'adhère point à un autre être comme modification ou comme substratum susceptible de modifications par l'action d'un autre être.
Le seul moyen de caractériser cette idée générale et de la soumettre à notre intuition, c'est de lui adjoindre l'idée d'étendue avec laquelle nous formons en quelque sorte l'idée de matière inerte.
132. Dès que les idées d'inertie et d'inaction sont expliquées, leurs contraires, les idées d'action et d'activité, le sont pareillement.
Un être actif est celui qui contient en lui-même la raison de ses changements.
Un être est pareillement actif, qui porte en lui la raison des changements d'autres êtres.
L'être qui comprend, qui veut, qui est sensible,
332 LIVUE X. — NÉCliSSITÉ ET CAUSALITÉ.
en un mot qui, d'une manière ou d'une autre, a conscience, celui-là est aussi un être actif.
D'où il suit que, pour nous, l'activité peut représenter trois choses : origine de changements propres, origine de changements en autrui, conscience.
133. La première espèce d'activité ne peut convenir qu'aux êtres changeants^ la seconde convient aux êtres immuables qui sont cause ; la troisième est une activité, laquelle s'applique tant aux êtres changeants qu'aux êtres immuables, abstraction faite absolument de l'idée de causahté.
134. Le rapport général que nous nommons principe de changements propres ou étrangers appartient aux idées indéterminées 5 ainsi la seule activité dont nous ayons l'idée intuitive est l'activité d'intelligence, de volonté, et en général de tout ce qui se rapporte aux phénomènes, lesquels exigent cette perception que nous nommons conscience.
135. Il faut considérer la conscience comme une activité et comprendre dans le même ordre les idées d'intelligence et de volonté, abstraction faite de tout rapport ou changements, soit propres, soit étrangers, à moins d'établir que de toute éternité Dieu était un être inactif, parce qu'il n'exerçait d'autre action que les actes immanents de comprendre et de vouloir.
136. Il suit de là que toute activité n'est point nécessairement transitoire^ qu'il existe une activité immanente dont nous avons une connaissance intuitive d^ans les phénomènes de notre conscience.