‹ Philosophie fondamentale [microform]Chapitre 553 sur 607 · GHAP. XVI. — CAUSALITÉ INTERNE · texte numérisé non relu

GHAP. XVI. — CAUSALITÉ INTERNE

en même temps qu'elle soit le principe de ses déterminations.

167. L'intelligence, la sensibilité et en général tout phénomène qui implique conscience, relèvent d'une force active^ et c'est dans ce sens, comme je l'ai expliqué, que nous avons l'intuition de notre activité interne (chap. xii). Si entendre, vouloir, avoir conscience de ce qu'on sent ne sont point des actions, je ne sais où trouver le type d'une véritable action . Percevoir une chose, la vouloir, Facte impératif de la volonté qui me pousse à rechercher les moyens d'atteindre le but souhaité 5 voilà indubitablement des actions; l'action est l'exercice de l'activité. L'idée de la vie est l'expression de l'activité au plus haut degré de perfection; et parmi les phénomènes vitaux, les plus parfaits sont ceux qui imphquent conscience. Ou ces phénomènes sont des actions, ou nous ne savons ni ce qu'est l'action ni ce qu'est l'activité. Bien que nous n'ayons aucune idée du mode de la production nous avons conscience de cette production ; nous avons l'intuition de l'action en elle-même. Lorsque nous voyons le mouvement d'un corps, nous voyons une modification passive; mais lorsque nous expérimentons en nous des phénomènes de conscience, nous voyons une action; partant nous avons l'intuition de notre activité en exercice.

168. Mais si les phénomènes internes sont véritablement des actions, comment se fait-il qu'ils échappent si souvent à l'empire de notre volonté? Nous souffrons malgré nous; nous pensons malgré ni^us;

il y a des pensées si subites , si spontanées, qu'elles paraissent plutôt des inspirations que le fruit de notre travail. Dans ce cas , où est l'activité ? Ne devrionsnous pas dire que ces phénomènes sont purement passifs ?

169. Cette objection si concluante en apparence ne prouve rien contre l'activité interne. D'abord on pourrait répondre que la passivité de l'âme en certains cas n'implique point dans tous les cas un état passif; et que, pour affirmer l'existence de l'activité interne , il nous suffit que cette activité produise certains phénomènes. Mais il n'est pas vrai que l'àme reste , en aucun cas, exclusivement passive-, un examen plus approfondi va nous montrer l'âme en plein exercice de son activité.

Certains phénomènes se produisent en nous sans le secours de notre volonté, ou même en dépit d'elle; voilà, si je ne me trompe, la difficulté. Donc il existe en notre âme certaines fonctions qui ne relèvent point du libre arbitre -, seule conclusion que l'on puisse tirer de ce fait ; car rien ne nous force à croire que ces fonctions ne soient point actives. Ainsi plus de difficulté. — Il se produit en nous des phénomènes que nous n'avons voulus ni avant ni après leur apparition : je l'accorde. Donc il est des phénomènes durant lesquels notre âme demeure purement passive-, je le nie. La conséquence n'est pas légitime. On peut seulement inférer qu'il se produit dans notre âme certains phénomènes en dehors de notre volonté.

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