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L'acte essentiellement moral en toute créa

ture, c'est l'amour de Dieu. Impossible d'établir la moralité de cet acte sur un autre acte.

24i . Les actes de la créature sont moraux en vertu d'une participation explicite ou implicite à cet amour.

242. La créature qui voit Dieu intuitivement aime Dieu nécessairement. Tous les actes de cette créature, marqués de cette auguste empreinte, sont ntîcessairement moraux.

243. Hors de la vision intuitive la créature aime le bien en général, ou sous une idée indéterminée -, mais elle n'aime nécessairement aucun objet en particulier.

244. Dans cet amour du bien en général, les actes libres de la créature sont moraux, lorsque sa volonté veut l'ordre voulu de Dieu, sans nul mélange de combinaisons étrangères ou contraires à cet ordre.

245. Pour la moralité d'un acte, il n'est pas nécessaire que l'auteur de cet acte pense exphcitement à Dieu, ni que sa volonté l'aime explicitement.

246. L'acte sera d'autant plus moral qu'il sera accompagné de plus de réflexion sur sa moralité et sur sa conformité à la volonté de Dieu.

247. Le sentiment moral nous a été donné afin que nous puissions concevoir la beauté de l'ordre voulu de Dieu : c'est pour ainsi dire un amour instinctif à^ Dieu.

248. Inné, indélébile, indépendant de la réflexion, ce sentiment vit jusque dans le cœur de l'athée.

249. Deux idées : « L'ordre voulu par Dieu et la liberté physique de s'en écarter » constituent l'idée d'obhgation morale ou de devoir. En nous donnant la vie. Dieu exige de nous la conservation de ce dépôt 5

mais l'homme est libre, et parfois il se donne la mort. La conservation de la vie est un devoir, le suicide est la violation de ce devoir. Ainsi Fidée de devoir emporte celle de liberté physique, qui ne se peut exercer dans un certain sens, à moins qu'on ne viole l'ordre voulu de Dieu.

250. La peine est une sanction de l'ordre moral. Elle supplée à la nécessité qui ne saurait atteindre les êtres libres. Les créatures privées d'intelligence accomplissent fatalement leurs destinées 5 les êtres hbres les accomplissent, non en vertu d'une nécessité absolue, mais par cette sorte de nécessité que la perspective de la douleur impose.

2ol . Ceci nous fait toucher au doigt la différence qui existe entre le mal physique et le mal moral ^ même dans l'être libre : le mû physique^ c'est la douleur -, le mal moral, c'est la déviation de l'ordre voulu de Dieu.

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