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Le hcite est tout ce que nul devoir ne condamne

254. L'ordre des êtres intelhgents, ordre voulu de Dieu en vertu de son infinie sainteté, est une loi éternelle.

255. Sont intrinsèquement morales (une fois admise la volonté de créer tels ou tels êtres) les actions qui font partie de Tordre que Dieu a voulu nécessairement, en vertu de son amour pour sa propre perfection infinie. De tels actes sont ordonnés parce qu'ils sont bons.

256. Les actions bonnes, parce qu'elles sont ordonnées, sont celles qui font partie de l'ordre que

Dieu a voulu librement, et dont il a donné la connaissance a ses créatures.

257. L'ordre de Dieu est la volonté de Dieu communiquée aux créatures. Si cette volonté est nécessaire, e précepte est naturel ; il est positii; si cette volonté est libre. '

258. A ne considérer que la sphère naturelle, ordre voulu de Dieu est celui qui conserve et perfectionne les êtres créés. Les actions tirent leur moralité de leur conformité avec cet ordre.

259. La perfection naturelle des êtres consiste dans 1 emploi de leurs facultés conformément à la fin que la nature leur indique d'une manière certaine.

^bU. La nature a mis à la charge de chaque individu le soin de sa propre conservation et de sa perfection.

ibl . L impossibilité naturelle où l'homme se trouve de vivre seul, montre que la conservation ei, la perfection des individus doit être l'œuvre de la société.

'OaZ. La première société est la famille.

263. Les pères doivent nourrir et élever leurs enfants; seul moyen de conserver la race humaine.

^b4. Les devoirs des époux naissent de l'ordre nécessaire à la conservation et à la perfection de la Jamille, source du genre humain.

265. Plus le rapport d'un acte avec la conservation et la perfection de la famille est nécessaire, plus nécessaire aussi est la moralité de cet acte, et moins ses modilieations sont nombreuses.

266. L'immoralité des actes contraires à la {.udeur, et surtout à la nature, se fonde sur les grandes raisons

de Vorare indispensable à la conservation de l'individu et de Vespèce.

267 . Les passions sont aveugles, partant elles nous ont été données comme moyens, et non comme fins.

268. Donc la satisfaction des passions, non comme moyen, mais comme fin, est un acte immoral. Par exemple, le plaisir de manger, très-utile pour la conservation de l'individu, n'est point un mal en soi-, mais le manger, pour le plaisir seul de manger, trouble l'ordre; l'acte devient mauvais. La même action qui, dans le premier cas, est un acte raisonnable, n'est, dans le second, qu'un acte vil : gloutonnerie. C'est l'arrêt du sens commun^ il n'est pas besoin

d'analyse.

269. Si l'homme vivait seul, l'emploi de sa liberté physique ne pourrait nuire qu'à lui-même; le but moral de cette liberté serait la satisfaction de ses besoins et de ses désirs, conformément aux données de la raison -, mais en société la liberté physique des uns se heurte nécessairement à la liberté des autres : pour prévenir le désordre, il devient indispensable de restreindre la liberté physique de chacun et d'imposer à tous un ordre conforme à la raison et en rapport avec le bien général. De là ressort la nécessité d'une législation civile. Cette législation ne peut s'établir ni se conserver toute seule : elle suppose un pouvoir public. La société a pour objet le bien général, par la soumission aux principes de la morale éternelle -, c'est

aussi l'objet du pouvoir public.

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