CHAPITRE Xn. — INTELLIGIBILITÉ IMMÉDIATE
419. Ceci bien établi, qu'il me soit permis de me prévaloir de l'enseignement de l'Église , dans le dogme de la vision béatifique et dans celui de l'intelligence divine. Cet enseignement établit qu'il n'existe aucune répugnance intrinsèque entre la représentation et l'identité. Selon le premier dogme, l'àme humaine, sortie victorieuse des épreuves de la vie, doit être intimement unie à Dieu, le voyant face à face, dans son essence même. On ne dit point que cette vision ait lieu au moyen d'une idée ^ les théologiens, entre autres l'ange de l'école, affirment le contraire. Yoilcà donc l'identité unie à la représentation, c'està-dire l'essence divine se représentant elle-même, ou plutôt se présentant elle-même aux yeux de l'àme humaine.
Selon le second , Dieu infiniment intelligent n'a pas besoin, pour comprendre, de sortir de lui-même; il ne s'aide point d'idées distinctes de lui, il se voit dans son essence infinie. Voilà donc, une fois encore, l'identité unie à la représentation, l'être intelligent identifié à l'objet de son intelligence \