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CHAPITRE XVII. — PRINCIPE DE DESCARTES

ment, abstraction faite des propositions qui h composent.

Nous savons que les prémisses A et Ç sont certaines, et nous en inférons la proposition C. De quel droit?— Parce que cette proposition se lie avec les prémisses A et B. Comment le savons-nous ? •-- Si l'évidence est immédiate, par intuition. Eh bien ! que l'on essaie de démontrer comment la conclusion

se lie aux prémisses.

Que si nous invoquons la logique, voici deux considérations qui nous amènent à conclure l'impossibilité de la démonstration : 1° Les principes sur lesquels l'art du raisonnement repose ne peuvent-ils être démontrés? Première impossibihté -, s'ils peuvent l'être, nous sommes contraints d'invoquer des principes nouveaux qui puissent leur servir de base, et alors, ou de nous arrêter à un principe rebelle à la démonstration , ou de procéder jusqu'à Vinfini. 2« Comment saurons-nous que les principes logiques que nous employons s'appliquent à la circonstance présente? Par un nouveau raisonnement:^ Mêmes objections que tout à l'heure. « Nous le voyons ainsi, dirons-nous peut-être; cela est évident d^une évidence immédiate : » nouvelle impossibilité -, on ne démontre pas l'évidence. Donc, demander la preuve de toute chose, c'est demander l'impossible.

166. L'être qui ne pense point n'a point conscience de lui-même. La pierre existe, mais elle ne sait pas qu'elle existe. Ainsi de l'homme , alors que toutes ses facultés intellectuelles et sensitives sont dans l'inaction.

La conscience intime de nos actes intérieui's, quels qulls soient, voilà le point de départ de nos connaissances.^ Ajoutez au spectacle merveilleux de Tunivers uiie infinité de mondes ; si ces actes intérieurs ne nous étaient connus, l'univers serait pour nous comme s'il n'était pas. Nous serions comme le corps insensible perdu dans l 'immensité de l'espace. Que tout disparaisse autour de lui, il n'en sera ni plus isolé ni plus solitaire ; qu'il s'évanouisse hii-méme dans les abîmes du néant, il ne s'en apercevra pas. ^ Au contraire, que toutes choses s'anéantissent à l'exception de cet être qui, au dedans de nous, pense, sent et veut ; il reste un point sur lequel se peut appuyer l'édifice des connaissances humaines : cet être, seul dans l'immensité, se rendra compte de luimême, et, selon la portée de ses facultés, pourra de nouveau créer des mondes innombrables dans l'ordre du possible, sinon dans l'ordre des réahtés.

167. On a souvent attaqué le principe de Descartes : Je pense, donc f existe. Ces attaques seraient légitimes si le philosophe français l'eût présentécomme un raisonnement, comme un enthymème avec un antécédent et ses conséquences. En effet, qu'aurait-il pti répondre à cette objection : « Votre enthymème est la même chose (|ae ce syllogisme : Tout ce qui- pense existe j or, je pense, donc j'existe. Mais ce syllogisme , dans la supposition du doute universel, lequel impliqua jusqu'à la négation âe 1 existence, est inadmissible. Comment savez-vous que tout ce qui pense existe? — La pensée suppose

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