‹ Philosophie: logiqueChapitre 4 sur 44 · RÉSUMÉ SUR L'INDUCTION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ SUR L'INDUCTION

Nous espérons contribuer, par ce travail , à Tachèvement de l'importante théorie de l'induction. De l'aveu des contemporains qui se sont occupés de ce point, cette théorie n'est pas achevée. MM. Hamilton*, Whewell*, Apelt*, de Rémusat* et Waddington*, chez lesquels je trouve des données excellentes sur l'induction , sont ici d'accord avec nous •.

» CEuvres complètes. — • Histoire des sciences inductives (cet ouvrage a été traduit en allemand par Littrow). — ' Théorie de Cinduetion. — ^ Bacon, sa vie, sa philosophie. — * Essais de logique.

* 11 y a^ dans le livre de M. de Rémusat^ une discussion fort remarquable sur l'induction. J'y lis ce jugement fort simple^ mais excellent : « 11 n'y a point d'induction de Bacon. » J'y vois d'ailleurs Bacon fort bien jugé comme philosophe^ — ni si haut^ ni si bas, — sans partialité ni passion. Quant à Tinduction méme^ M. de Rémusat en poursuit et en cerne l'idée avec beaucoup de tact, de finesse et de liberté d'esprit. Mais, selon nous, il ne l'atteint pas. Il ne la distingue pas assez décidément du syllogisme, et ne croit pas que l'existence ou la noo-existence du moyen terme soit une différence radicale entre les deux. Nous croyons que c* est là précisément ce qui empêche de saisir la véritable idée de l'induction.

Quant à nous, si nous croyons avoir fort avancé cette théorie, nous n'avons jamais espéré Tachever, l'arrêter et la formuler tout entière, scientifiquement. Ce travail reste à faire, et nous exhortons vivement les logiciens à Tentreprendre, en s'aidant des auteurs que je viens d'indiquer, et aussi des ouvrages de Herbart et des nôtres.

Voici d'ailleurs le résumé de notre pensée sur l'induction considérée en elle-même, et dans ses rapports avec l'ensemble de la philosophie.

1. Il y a Dieu, il y a l'âme, il y a le monde. L'âme est l'image de Dieu : le monde aussi, d'une certaine manière, est l'image de l'âme et de Dieu.

2. L'âme sent tout, et, comme le dit Bossuet, a le pouvoir d'être rendue conforme à tout. L*âme sent Dieu et le monde et elle-même.

3. Ce sens de l'âme, qui est sa première puissance, la racine double de son intelligence et de sa volonté, ce sens qui est l'instinct du désirable et de l'intelligible, ce sens implique fondamentalement deux idées qui^ dans leur substance, sont innées : l'une est l'idée de l'être, de l'être fini et de l'être infini ; l'autre est l'idée de cause, de cause première et de cause finale.

4. Pourquoi ce sens implique-t-il l'idée de l'être fini et de l'être infini? Précisément parce que Tâme sent Dieu, l'être infini, et le monde et elle-même, êtres finis. Pourquoi ce sens implique-t-il l'idée de cause première et de cause finale? Précisément parce que l'âme sent Dieu, qui est tout cela.

5. Quoi qu'il en soit , ces deux idées , implicites et obscures, sont les racines de la raison.

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6. De ces deux racines naissent les deux principes rationnels, savoir : le principe d'idefitité et le principe de transcendance; principe d'identité , relatif à Tidée de l'être; principe dç transcendance, relatif à l'idée de cause.

7. De là découlent les deux axiomes régulateurs des mouvements de la raison.

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