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de la sensation ni derabstraoUon rationnelle. EUeae forme spontanément, aussitôt que l'imagination entre en exercioe

et avaiiL tûuic réflexion. Elle est à priori en ce sens qu'elle n'est ni déduite ni induite, et que l'expérience, bien que nécessaire pour la faire nattre» n'ajoute rien à révidence et à la certitude qu'elle porte avec elle. Elle est la base des aiiomes et des délhiitions géométriques. Élevée à Finfint par rintelligencc, faculté de l'universel et de l'absolu, elle devient Tidée de l'immensité ou de l'étendue sans bornes^ qui dépasse les sens, l'Imagination et la raison.

S 73. Le temps est au^i une condition nécessaire de Texistencc; car toute existence créée se pose par développement, et le développement se fail par succession; tout est donc temporaire dans le monde: le monde lui-même est une figure qui passe. Gomme il y a une vie générale de la nature dans laquelle est comprise la vie de chaque être particulier, ainsi il y a un icnips coimiiuo, délerminc par le mouvementou le développement de cette vie commune, et où chaque être se fait son temps propre ou sa durée. Dans chaque edstence, néanmoins » il j a quelque diose de fixe et de un qui persiste sous les variations de la forme» au milieu delà succession du temps , et qui constitue Tidentité de l'être dans les phases diverses de sa durée.

g 73. Les êtres n'existant ici-bas que sous la condition .du temps, il est impossible à notre esprit de les concevoir sans cette condition : en d'autres termes, le temps comme l'espace est une forme nécessaire de notre faculté de eoucevoir. Or la puissance par laquelle l'eDlendemcnt représente les choses dans le temps ou sous la forme du temps, s'appelle la mémoire. Par la mémoire, l'enlende*

ment peut consenrer en lui les GOBoeptkm» qui y ont été formées, en sorte que quand elles sont reproduites par

rimaginalion , l'esprit les reconnaît et se rappelle plus ou moins exactement les circonsLanoes qui ont accompagné leur formation ou qui ont signalé leur réapparition ; de là la réminisoence et le souvenir.

§ 74. La réminiscence, et surtout le souvenir qui en est le complément, est un fait très complexe, qui se résout par l'analj'se dans les éléments suivants :

1* R^pparition d'une* conception ou d'une image devant ^ceil de l'esprit.

2" Conscience que robjet représenté a déjà été vu et senti : reconnaissance de l'objet.

^ Croyance Spontanée qu'un certain temps s'est écoulé entre le moment d^ la première conception et odui de sa reproduction : notion de la durée de l'objet» • 4" Croyance spontanée que l'objet est resté le même à travers le temps, et malgré les mutations de sa forme : notion de l'identité de l'objet.

6* Croyance spontanée que nous, qui nous souvenons d'une chose, sommes les mêmes qui l'avons vue précédemment : conscience de ridenlilé personnelle du moi.

Sans le concours de ces éléments, le souvenir est impossible. Le manque d'un seul paralyse l'exercice de la mémoire.

§ 75. Tout ce qui a été conçu dans l'entendement y subsiste plus ou moins longtemps, en raison de la force de l'imagination et de la mémoire. Les conceptions de l'esprit s'associent, se lient l'une à l'autre, comme leurs objets dans la réalité, et elles forment ainsi un ensemble plus ou moins .II. . 29

bien ordonné, correspondant k l'ortlre objectif et à la manière dont les impressions ont été reçues. Les mêmes rapports et relations qui imiiaciit les choses extiéneures s'éta« blissent entre leurs types dans l'enteiideineut : relations de l'espace et du temps , rapports d'origine ou de génération , de propiicLé, de fin ou de but, de ciiusalilc, analogie ou identité des lois, similarité, conrormité, eic. Par tous ces moyens } qui se présentent d'abord natureUement et que l'art peut employer et perfeottonner pour systématiser la connaissance, nos conceptions et nos pensées s'enchainLiiL et s'excitent l'une l'autre à reparaître devant l'esprit; ce qui aide beaucoup à les retenir et à les rappeler.

S 76. De même que rien n'est conçu dans i'enlende» ment sans une excitation objective préalable, ainsi pour la reproduction de ce qui a été conçu j pour le rappel d'un souvenir, il iaut une stimulation extérieure, une cause oooasionnelle. L'homme n'a pas plus l'initiative de sa mémoire que de sa conception et de son imagination. Il ne se souvient point à volonté et de prime abord. La réminis( tjiice est toujours éveillée par une impression quelconque, venue du dehors. Une fois l'impulsion donnée, la chaîne des souvenirs peut se dérouler en vertu de la loi d'association. La réflexion qui tend à débrouiller» à éclaircir, à compléter la réminiscence, arrive toujours en seconde ligne.

S 77. La conception du temps est aussi essentielle à la mémoire que celle de l'espace à l'imagination*. Bile parait avec le premier souvenir. Elle sert de base au jugement

spontané de la durée, qui devient notion du temps par la réilexion, quand l'homme a acquis la conscience de lui-

même, et Vesi observé dans la ,suooies8ion de ses adea. Toutes les définilions premières el tons les axiomes de Fa-

rithmélique, postulées nécessaires de la sclt ricu des nombres, ont leur racine dans la notion du temps. Élevée à rinfinî par l'intelligeDce» elle devient Tidée de i'étemtté , qui df^sse les sens, rentendement» la méaooirey eomme ndée de l'immensité surpasse rimagination.

§ 78. L imagination et la mciiioire dépendent beaucoup de la sensibilité générale , de Tétat des sens eu particulier, et des impressions, qui dépendent à leur tour de Torganisroe, des milicfux où il est placé et des objets qui Pâffisclent. Aussi la puissance de ces lacuUcs csl extrêmement variable. L'i^e, le sexe, Tétat de santé ou de maladie et mille antres droonsiances du ddiors et du dedans y ont leur part d'iniluenee. Comme les sens, elles sont susœpUbies d'un grand perfectionnement par l'exercice réglé , et au contraire elles s'ailaiijlissent cl s'oblitèrent presc^ue entièrement par le défaut de culture et d'activité.

§ 79. Toute créature a, suivant son degré, la capacité dé recevoir la vie et la puissance de réagir vers la vie. Il y a en chacune une énergie propre, une activité qui n'a point en soi la raison première de son exercice, et qui par conséquent n'est jamais qu'une réaction. Là se trouve la racine de la liberté ou de la puissance du mouvement spontané; liberté physique dans les êtres physiques, morale dans les êtres moraux, métaphysique dans les êtres métaphysiques. Dans les premiers, l'activité ou l'espèce de liberté dont ils sont capables, s'exprime par deux faits : d'abord par l'admission de l'action objective qui, après leur avoir donné la vie, la stimule et l'alimente; puis par

la réaction spontaaée du sujet, qui amène le clévelo|ipenienl progressif de la forme organique en se répétant oontinfkment. Ici le développement se fait tout en dehors. Il y

a iiKiividiKilité, mais non persoiinalilé.

^ 80. Dans la créature morale, dans Tbomme composé de deux natures» la liberté et la puissance de vim simultanément de la vie de l'une et de Tautre, atee la conscience de leur différence, et de la prépondérance qui doit être accordée à la nature psychique sur la nature physique, toutes les fois qu'elles sont en collision. De là la faculté de choisir entre«ces deux termes et ce qui s'j rapporte, dioix qui est le caractère essentiel de la liberté morale. C'est par 1 upposition de ces deux iialures, inliménicui unies, quoique essentiellement différentes, que l'homme moral se distingue de rhomme animal, dès qu'il peut réagir vers la parole qui éveille son intelligence, la développe, et lui donnant le sentiment de l'influence morale qu'il subit et

• de la !■( a( inni voloiiiaii t qu'il exerce pour radiuellre ou la refuser, le porte à se rélléehir en lui-même, à se distinguer de ce qui n'est pas lui; d'où résulte la conscience êu

' moL

§ 81. La conscience psychologique ou la conscience du moi humain, est le fondement de la vie intellectuelle de l'homme, et ainsi de la Psychologie et de toutes les sciences qui s'y rapportent. C'est la connaissance que l'homme acquiert de son propre esprit et de lui-même à tel degré de sa manifestation. La conscience psychologique nait du sentiment intime, produit dans le foyer subjectil de 1 elre humain par l'action d'une puissance objective. £lle suppose donc deux termes corrélatifs, moi et non-moi; moi passif

d'abord, sentant, recevant, assimilant; et non*nioi actif, doiinanl, ti ansiiielUiriL , imposant. Entre ces deux termes ii y a coïncidence d'action et de réiiclion , et quand par suite de sa réaction vers ce qui l'excite à sortir d'ellemême, l'àme s'est posée au dehors et comme en face d'elle, quand die a la perception de ce qu'elle a posé, et se voit lians son produit Ou dans sa puissance, se faisant sujetobjet » la condition de la conscience est donnée*

$ 82. Dans l'homme actuel et suivant l'ordre naturel de son développement , la formation de la conscience part de la sensation ou de l'impression des objets jphysiques sur le corps, les organes et les sens. L'enfant a d'abord le sentiment vague de la vie et du besoin de la nourriture* La recevant d*un antre éire, dans les jeux duquel il se réflécliit J abord , il ( oiumence à pressentir une distinction entre lui et sa nourrice» puis entre lui et les objets qui l'entourent. Obscure, cbniuse et tout instinctive à son on* gine, la conscience se détermine graduellement dans l'enfant piir les sensations répétées qu'il éprouve et par la réaction organique qu'il exerce. Jusque-là il est comme idenJLifîé, fondu avec ce qui l'environne ; il ne sait pas qu'il existe dans le monde, distinct du monde, il se voit objectivement; il se nomme à la troisième personne* Il n'j a encore pour lui ni moi, ni non-moi.

§ 83. Quand l'homme entre en commerce avec ses semblables par la parole, il reçoit au mojren du langage l'action des esprits qui l'entourent, et il réagit vers eux par le même moyen. Par là il acquiert la conscience de ce qu'il pense, la conscience logique. Il réfléchit sa pensée et se la représente en lui-même, puis il l'exprime hors de lui*

11 se dislingiie, lut écoutant de lui ^riaut, et de odui qui 4ui parle. Il discerne faction du non-moi , qui vient du dehors, de sa propre réaction qui sort de son iiuérieur. En un mot il se pose comme un être inteiligent, pensant daA& ,8a sphère inleUectuelle. Il se détermine de plus en plus en lui ; et rindividualilé s'élevant au sentiment de Punîté per^ tonnelle, se prononce par ie signe de la pieanèi e personne je ou moi,

S S4. Le moi est le caractère distinctif de i'honmie au milieu des existences de ce monde Constitué par la ré^ flej^ion que Tèsprit fait en lui de lui-même, il est plus for-

tcmcai posé à mesure que celle réflexion esl plus ënergique* et l'énergie de celle-ci dépend en grande partie du rapport de la force attractive ; à la force expansive dans l'individu. Là où manque la puissance de se réfléchir, la conscience du moi n'est pas possible, et là où celte con- ^ience existe, elle s'affaiblit ou se perd momenUnémeni, quand la réllezion- languit ou cesse, comme dans le sommeil , dans des cas pathologiques qui lui ressemblent, dans certaines crises de somnambulisme, dans des états de l'âme, produîls par une influence extérieure qui la subjugue et empêche la réaction libre de l'esprit, tels que Tivresse, le délire, la folie, la passion poussée à Texlrème, toute espèce d'exaltation qui transporte le moi hors de lui, ou tout sentiment profond qui l'absorbe.

§ 85. Une fois que l'a me, développée en intelligence et déterminée en entendement, s'est posée en moi personnel par la réflexion , elle peut réagir volontairement vers ce qui agit sur elle et fixer par son regard ce qui la pénètre. Placée au cenlre du monde qu'elle s est créé, dont son intelligence

est te rayon, et dont son enlendement maniue tes bornes» toutes les ia^iressMins <]ui lui «rrÎTent du dehors, toutes les représentations qui se forment dans son miroir intellectuel, Texcitcnt à réagir par son rayon visuel vers l'image OU L'objet qui l'attécte. Cette direction volontaire de Tàme vers tel ou tel objet, oe regard de l'inteUigoice tourné, fixé et nnintenu sur un pomt arec conscience et liberté, s'appelle attention,

§ 86. La tension de l'àme vers un objet , ou son at-ten- Hon s-exprime surtout par te regard. L'œil du corps est te centre de Phorizon pbysi4]oe de. chacun* Il te mesure par son rayon , et son énergte en détermine la ciroonseriptioa. Tous les objets comjiris dans cet hoi i/on agissent ou peuvent agir sur l'œil au mojren de la lumière, et l'œil peut réagir vers ces objets par son regard. Le regard psychique ou pl^iqise ne peut fixer, qu'une seute chose et mène qu'un seul point de fa chose; car c'est un rayon simpte. L'œit peut vûii i l;i lois plusieurs objets et en recevoir des impreslions multiples et confuses; mais il n'en peut aspecter directement, inniédiateiiient qu'un seul, et c'est l'aapectîon immédiate et directe qui produit des images nettes et distinctes.

§ 87, L'attention étant la direction que l'àme donne à son rayon visuel , est moins une faculté qu'un acte. £lle dé^ pend surtout de la votonté qui l'exerce par l'esprit an moyen des sens et de leurs oignes. Excitée par les objets

extérieurs, 1 àiiiu rca^îL avcic plus d'énergie vers ce qui est analogue à l'état oii elle se trouve au moment de l'impression. La nvacité, te justesse et la vérité de la conception . dépendent souvent de la force de la volonté et de sa per-

moltiplfis et sinmluiiëés brisept le rayon ▼iaiiel, diviseM i*attention et rendent Pacte volontaire faible et incertain*

§ 88. Le regard ou le rayon visuel de l'àme est rintelligeoce même en acle, c'est un rayon spirituel qui doit avoir les propriétés de tout rayon de lumièré» Bavoir, la clarté, la rectitude* Tintmité, la pénétration. Si le rayon, cédant à des impressions ou des influences diverses, ne conserve pas ia direction droite que lui donne son principe, il perd de sa vertu origineUe» il devient ligne courbe ou brisée, il ae réfléchit ou ae réfrange. N'ayant pkia de force pour pénétrer son objet, il s'arrête à ia surface, se dissipe et s'é> iciiiL daii^ i espace. L aUcntion daoâ ce cas eâl impariaile ou nulle.

$ 89. L'âaie peut diriger son rayon à traven les «sens dans le monde eitérieur* €e mode de l'attention est l'o^ nervation externe qui s'exerce surtout par la vue et PouTe;

L Hine peut, en f( [ luaiiL les portes des sens et en se recueillant en elle-même, arrêter son regard dans son monde intérieur, dans son entendement, pour y considérer, soit les images des iiboses sensibles, soit les notions abstraites de leurs rapports, soit l'esprit et le sens de la parole, soit ses propres modiiicalions et opérations: Tattention se nomme dans ce cas intuition, réflexion, méditation, observation interne. Elle peut enfin élever son regard au«de8su^ du monde pbénoménique et de la sphère de son esprit propre , et le diriger vers les choses intelligibles, vers les idéaux, pour se mettre en rapport avec la Lumière et la Vérité universelle. L'attention devient aiora vision pure, eontemfikh tion*

$90. L'alteuliOD se montre en tjrpes inférieurs dans les ifttres de la nature physique* Partout l'aetîaii de b vie générale excite la réaction de la vie particulière. La terre

s'ouvre à L'iiitlueuce du soleili eL réagit avec amour vers le rayon qui la féconde. L'aicali et l'acide agissent et réagisaent l'un sur l'autre pour alunir ou se repousser. Le germe dans la semence réagit vers la lumière qui l'excite, et sa réaction continue fiiît son développement. L'animal réagit vers la lumière qui l'investit, vers l'air qu'il aspii c, vers les substances dont il se nourrit, vers tout ce qui excite ses appétits et ses instincts. Mais cette réaction est purement instinctive et aveugle dans la nature physique et dans tous les êtres qui en ressortent. L'attention de l'homme est un acte libre et intellîgenl de sa volonté.

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