CHAPITRE PREMIER
Ce que c'est que la Psychologie.
$ 1. La Psychologie est la science de Tâme humaine.
Cominé ton le science, elle IcikI a expliquer son objel : expliquer une chose, c'est montrer son origine, sa nalure, sa loi» sa fin, ainsi que les moyens par lesquels elle tend à accomplir cette fin. L'âme » en se développant, se pose en puissances et en facultés : elle est le principe suhjecLif, le centre d'où part toute l'existence humaine. Unie au corps, elle constitue la personnalité de l'homme, dont elle est le fojrer, et quoiqu'elle anime le corps , elle ne peut commencer à vivre que par une excitation objective qui lui arrive à travers les milieux physiques et organiques dont elle est enveloppée.
$ 2. Il y a deux manières d'étudier Tâme humaine, et ainsi deux espèces de Psychologie. La première part de Vidée de Tâme, et elle en déduit toute sa constitution spirituelle, depuis sa forme la plus pure et ses puissances les plus hautes, jusqu'à ses fonctions inférieures, qui rcssortent de son union avec le corps. Cette méthode, qu'on appelle troMcendanU ou à priori, est la plus scientifique,-
parce qu'elle est tout analyticpiet c'est-à-dire confomie à la génération des (acuités et à leur hiérardiie naturelle;
mais, pnr s;i sublimité et à cause de sa rigueur, elle est moins propre à l'enseignement élémentaire. Elle suppose au-dessus d^elle une science métaphysique, explicite ou implicite» qui lui fournit l'id^ de l'âme humaine, principe de son développement. La Psychologie ainsi fiiite s'ap* pelle Psychologie pure ou ii anseendante,
$ 3. La seconde manière d'étudier l'^mc humaine est moins profonde et plus facile; son point de départ est opposé à celui de la première. Au lieu de considérer l'homme d'abord dans la racine de son existence, dans le fond de sou Ame, dans l'idée de sa nature, elle l'examine dans sa vie la plus extérieure, dans son existence sensible» dans les premiers développements de sou intelligence à travers les oipines du corps. Cette méthode, qui ne procède qu'à l'aide de l'expérience, est moins rigoureuse que l'autre. Cependant elle est aussi fondée en nature; car elle suit, sinon l'ordre hiérarchique, au moins l'ordre du développement temporaire des facultés. On l'appelle Pathologie expénmentah*
5 4. Prenant donc l'être humain tel qu'il se présente à notre observation en nous et hors de nous, dans son existence complexe, nous le considérerons d'abord par ses dehors, dans ses relations avec le monde sensible au milieu duquel il se développe par son corps. Nous étudierons ce développement, produit du commerce continuel de son âme, de son principe subjectif avec la nature extérieure. Mous verrons son esprit entrer en exercice par Texcitation 'des ohjeu sensibles et ne pouvant fonctionner dans la
sphère de i'espaoe et du temps sans en subir les conditions et les lois : Psychologie inteUectuelie. Nous considérerons ensuite sa yolonté en rapport avec les agents physiques et moraux, et manifestant sous leur inlluence les puissances et les facultés dont elle est douée: Psychologie morale. Nous ne nous élèverons à la Psychologie ptwe qu'après avoir constaté tout ce que Texpérienoe des sens et le té^ moignage de la eonstjienee peuvent nous faire connaître de nous-mêmes, qu'après avoir épuisé tout ce que la rétlexion ' et rinduction rationnelle peuvent tirer de ces données.
S Avatit de considérer l'homme en face de la nature extérieure et dans ses rapports molHpIes avec le monde et les existences qu'il coniient, il convient, pour bien expliquer le rapport qui unit les deux termes , de commencer par les envisager cfaaeun séparément. Nous dirons d'abord ce que nous entendons par le monde et par la nature; comment nous concevons qu*ils agissent sur l'homme, ou ce que c'est que Vespint de la nature par lequel elle le stimule et le pénètre; puis nous montrerons comment de la réaction de l'homme vers la nature et son esprit, résulte le développement de Vesprii humain.