JEUNES GENS DE 20 A 21 ANS
Démonstration .
Voici quel a été le mouvement annuel moyen des ' mariages et des conscrits, aux deux époques duodécennales, désignées ci-dessus :
Epoques comparées (i). Mariages. Conscrits (2).
De 1817 à 1828 ' 233,226 287,246
De 1829 à 1840 263,100 299,266
Augmentation en douze ans. .. 31,874 12,020 Accroissement proportionnel ,
pour 100 13,7 , 4,2
Ce qu'il fallait démontrer.
Observation.
Pour expliquer cette disproportion étrange autrement que par un accroissement prodigieux de seconds' mariages, résultant de la mortalité insolite des deux sexes, dans l'âge de fécondité, des observateurs, dont l'optimisme intéressé trouble la vue, ont conclu de ce fait que le célibat suivait une progression rapidement
(1) Tous les chiffres dont la source n'est pas indiquée sont extraits des Annuaires.
(2) Tableaux du recrutement. — Conscrits appelés autirage.
décroissante. — Voici les chiffres que V Univers, du 10 mai 1857, a mis en regard de cette hypothèse consolante.
«En sept ans, de 1817-20 à 1821-30, les naissances légitimes ont augmenté de 18 pour 1,000, tandis que les naissances illégitimes se sont accrues de 106 pour 1 ,000 ; — six fois plus !
c( L'augmentation insolite des mariages, entre ces deux périodes, n'a donc pas été déterminée, bien évidemment, par une diminution insohte des célibataires en France ! »
Il n'y a rien à ajouter à cette foudroyante réplique.
Conséquences économiques.
Quel que soit le nom des maladies, devenues plus meurtrières dans l'âge viril, depuis l'année 1817, l'économiste n'y voit qu'un problème sans importance. Il ne considère que le fait en lui-même ; car ce fait est une calamité déplorable.
Par une conséquence forcée de ce déplacement dans le nécrologe, la population française a augmenté en enfants et en adolescents, sans augmenter en hommes faits dans une proportion e(/w?iua/ejiïe. Ainsi, on comptait envù^on trois mineurs pour cinq majeurs, dans le siècle passé, et l'on en compte au moins quatre maintenant! En effet, sur 36,039,264 habitants, recensés en 1856, le Moniteur ne signale, en 1857, que 9,495,955 électeurs inscrits, ce qui, en tenant
compte des incapacités légales, répond à environ 19,200,000 majeurs des deux sexes. Du 2 décembre 1852 au 6 juin 1857, en quatre ans et demi, le nombre des électeurs inscrits a baissé de 347,121 , soit de trois et demi pour cent, tandis qu'augmentait la population totale! Est-ce clair?
(( Si la vaccine ne faisait que mettre une maladie à la place d'une autre; si elle reportait sur la jeunesse la dette de l'enfance, il faudrait la repousser comme le plus funeste présent qui ait jamais été fait auxliommes! »
Tel a été l'arrêt conditionnel, rendu par l'Académie de médecine en 1850, dans son rapport au ministre. Nous en prenons acte, et, dans les dix propositions qui vont suivre, nous allons nous attacher à démontrer que le mal profond dont souffre la France est dû à une réaction de la maladie varioleuse, retardée dans son développement par Vaction temporaire du vaccin.
11 n'y a jamais action temporaire sans réaction consécutive (1).
(1) M. Hus"-on, rapporteur delà Commission de vaccine, ignorait sans doute ce grand principe d'équilibre naturel, puisque, dans ses Recherches sur la vaccine, en 1803, il s'est oublié jusqu'à dire : « Si la vaccine ne préservait que six mois, elle mériterait encore un rang distingué parmi les découvertes du siècle, et les médecins devraient en faire un usage réitéré. » Sic. (Page 333.)
(E. A. Ancelon).