NEUVIÈME PROPOSITION
EN QUARANTE -DEUX ANS LA MORTALITÉ S'EST ACCRUE DE MOITIÉ, DANS LA PÉRIODE FÉCONDE DE LA VIE FÉMININE.
Démonstration.
Sur mille décès féminins, avr-dessus de l'âge de quinze ans, on en a compté à Paris, entre quinze et quarante-cinq ans, savoir (1) :
Dans l'an 1813 '328
De 1813 à 1815 inclus 335
De 1823 à 1825 inclus. 399
De 1833 à 1835 inclus ' 414
De 1843 à 1845 inclus 453
De 1853 à 1855 inclus 491
Dans l'an 1855 491
En résumé, sur 10,000 femmes adultes de Paris,
(1) Voir, à la suite des propositions, la Note additionnelle.
il en est mort, à très-peu près, 240 en 1813 et en 1855, mais avec la subdivision toute différente que voici (1) :
Ages des décédées. En 1813. En 1855.
De 25 à 45 ans 58 72
Après 45 ans 161 122
Totaux sur 10,000 adultes. . . . 240 240 Ce qu'il fallait démontrer.
Corollaire.
La mortalité des femmes productives ayant augmenté, depuis 1813, dans le rapport de 2 à 3, il est évident que la durée moyenne de leur production a dû, toutes choses d'ailleurs égales, diminuer, ainsi que leurs produits moyens, dans le rapport inverse de 3 à 2.
A Paris, l'immigration continuelle ne permet que d'entrevoir le résultat qui vient d'être signalé ; mais, sur .l'ensemble de la France, il s'aperçoit très-distinctement! Ainsi, le rapport des naissances aux mariages était 4,5 de 1817 à 1820, comme Necker l'avait trouvé de 1776 à 1780. De 1821 à 1830, il n'était plus que 3,9! Donc, dans le court intervalle moyen de sept années, il s'était abaissé de plus de 13 pour 100, pendant que la mortalité des jeunes femmes de
(1) Voir, pour plus de détails, la Revue médicale du 15 février 1857.
8 à 25 ans augmentait en raison inverse! — Est-ce slair?