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CHAPITRE II

Sporadica febris est a vitio quodam domestico, et singulari, tempus anni aut constitutionem epidemicam non respiciente, utut illa in epidemicum morbum plerumque convertatur aut cum eodem jungatur, exemple variolarum, etc.

Stoll, Aph. 26.

Des recherclics et des démonstrations mathématiques qui pivicèdent il résulte, en définitive, que plus une population eFt'vaccinée,

\° Plus est considérable le nombre de ses enfants morts-nés.

2° Moins elle perd d'enfants, plus elle perd d'adultes par la petite vérole.

3° Moins elle perd d'enfants par convulsions, plus eUe perd d'adultes par fièvres continues et, en général, par toutes les affections des voies digestives.

4° Quant aux maladies pulmonaires, la vaccine

n'exerce sur leur terminaison aucune influence sensible.

Telles sont les quatre conditions inexorables auxquelles doit satisfaire toute théorie médicale sérieuse et destinée à relier les faits que l'analyse mathématique démontre. Tout système, quelque original qu'il soit, qui en laisse une seule à l'écart, est par cela même condamné à l'oubli. C'est la plus grande preuve d'intérêt que l'on puisse donner à son auteur.

Cela posé, entrons en matière.

ACCOMPLISSEMENT DU DEVOIR DE l'ACADÉMIE DE MÉDECINE, JUGÉ PAR LES CHIFFRES.

A tous les échelons de l'ordre social , depuis le souverain jusqu'aii garde-champêtre, les droits imphquent des devoirs à remphr.

Lorsque Louis XVIII créa l'Académie de médecine, en 1820, il ne lui donna pas des droits sans en exiger des devoirs, et le premier de tous ces devoirs fut « le perfectionnement de l'art de guérir » [sic).

L'Académie a-t-elle remph ce devoii'? Telle est la question que nous voulons éclairck avant toute autre. Il faut donc bien la poser.

Perfectionner l'art de guérir, c'est diminuer évidemment le nombre des décès, celui des naissances

restant le même. Rejeter la mort du premier âge sur l'âge viril, ce n'est pas là perfectionner ; c'est dégrader l'art médical (1) !...

Or, Yoici des chiffres authentiques qui jugent souverainement la question que les membres de l'Académie s'efforcent en vain d'obscurcir, dans le but de conserver les droits qui leur ont été conférés. Inde irœ !

Laissons à VUnivers, du 2 juin 1857, la parole sur ce point, qui n'a pas été contesté :

ce Les chiffres suivants, dit-il, sont extraits de l'annuaire t/e la statistique pour 1857 et contre-signés par M. Legoyt, chef de bureau au ministère de l'agriculture et du commerce. Les décès mihtaires de la Crimée, en 1854, n'y sont pas compris.

Mouvement annuel moyen de la population française, calculé par périodes décennales.

à 1828. h 18kl. à 1854.

Naissances viables. 975,510 966,012 960,669

Décès, morts-nés compris. . 785,241 846,483 878,688 Décès p. 1,000 naissances. . 805 856 915

c( Telle a été la volonté de Dieu !

(1) Un tel déplacement augmente la population impubère. Par suite, le rapport des décès à la* population totale commence par diminuer beaucoup ; puis il devient stationnaire pendant une trentaine d'années, après quoi il augmente. — C'est ce que M. Bousquet ne comprend pus lorsqu'il dit : « La vaccine n'a rien changé à la

« En présence de ces déplorables résultats, osen parler des progrès de la science médicale, c'est insulter les vivants et les morts ! ... »

La première période ici étudiée est celle dans laquelle l'Académie a commencé l'exercice dé son droit . Les deux suivantes montrent comment son devoir u été rempli! Tout commentaire serait superflu.

En 26 ans, les naissances ont diminué de 15,00Cl et, contrairement à toutes les notions antérieures, les: décès ont augmenté de 93,000 ! ...

Si vous nommez cela perfectionnement, que nom— merez-vous donc dégradation? ..

Répondez enfin, Messieurs de l'Académie, répondez à ces chiEPres inflexibles! Les maladies sont-ellefdevenues plus graves ou les médecins sont-ils devenus plus mauvais, depuis que vous avez été chargés s par le roi Louis XYIII de la direction suprême del'art de guérir? Cherchez bien : — il n'y a plus dt porte dérobée, pour fuii^ ce terrible dilemme !...

En vain vous ferez dire par l'un de vos élèves : «1)1 y a au fond delà théorie professée parles adversaires s de la vaccine une absurdité grossière qu'on est aile ' ramasser dans les balayures des plus vieilles biblio—

population. « Elle a augmenté le nombre des enfants, dans une pro-^ portion beaucoup plus forte que celui des hommes faits. Là est mal !...

hèqiies (1). » A qiiel homme sensé persuaderez-voiis jiie Sydenham, Boerhaave et StoU avaient moins l'intelligence « des choses de la vie pathologique » jiie M. Eugène Bertin ou que ceux qui, semblables à 'autruche, effacent, derrière sa plume incivile, leur mportante personnalité? A quels Français ferez-vous ;roire, s'il vous plaît, qu'un officier d'artillerie, sorti le PREMIER de sa promotion, a moins d'intelhgence nathématique que MM. Bertillon (2), Bertin, Rayer

(1) Voir la Presse du 26 septembre 1857.

(2) L'intelligence mathématique de ce médecin ne s'élève pas môme à la hauteur de la règle de trois I En voici la preuve conaincante :

Le recensement de 3 817 subdivise ainsi la population de la ville le Paris :

Nominative. Collective.

Hommes 305,247 »

Femmes 351,925 »

Population civile.

Population civile des deux sexes . . 657,172 36,529

Population militaire » 20,265

Totaux partiels 657,172 56,794

Total général au l"' mars 1817 713,966'

Cela posé. Ton demande combien, sur les 36,529 habitants civils des deux sexes, recensés collectivement, il se trouvait de femmes.

C'est, comme on le voit, une 7'ègle de trois des plus simples, ainsi qu'il suit :

Eh bien! M. Bertillon ne comprend pas cela! Dans la note iv de son livre couronné, il reproche avec aigreur à M. Carnot d'avoir

ou Velpeaii ? Ail ! vous avez habilement agi, mes-sieurs, en adressant aux Anglais cette assertion clandestine ; car vous avez reconnu ainsi, implicitement, qu'elle ne pouvait germer sur la terre de France. Proh pudor!

Voilà pour l'ensemble : maintenant, pafisons aux détails.

PLUS UNE POPULATION EST VACCINÉE, PLUS EST CONSIDÉRABLE LE NOMBRE DE SES ENFANTS MORTS-NÉS.

Lorsque l'influence vaccinale ne s'étendait pas encore aux âges de fécondité, comme à Paris vers 1810, et sur la généralité de la France vers 1820, le chiffre des naissances dépassait de beaucoup celui des décès. , Cet excédant, qui constitue l'accroissement normal i de la population, a, depuis lors, constamment diminué, comme on vient de le voir dans l'article précédent. Yoici, à cet égard, les chiffres officiels de lai

donné sans hésitation ni explication le quatrième terme de cette proportion!...

Ce n'est pas tout ; malgré Vinéyalité des deux sexes bien démon- trée par le recensement nominatif, il décrète leur égalité à las page 235!!! L'intelligence mathématique que montre, en cette cir-constance, le Lauréat académique, donne la mesure du génie de ses j approbateurs. Encore ici, nous pouvons répéter :

AB DNO DISCB OMNES.

France, en tenant compte de 12,000 morts-nés du sexe féminin, de 1817 à 1838 [Annuaires) :

Donc, en 24 ans, l'excédant des naissances sur les décès contemporains a diminué de plus de moitié

Cependant le nombre des conscrits n'a pas éprouvé de diminution dans cet intervalle !... Donc l'augmentation a frappé sur les deux sexes, dans la période de leur fécondité. Sur ce point, il n'y a pas place pour le moindre doute.

Or, de médiocres facteurs donnent nécessairement de médiocres produits. De là résulte, en définitive, l'augmentation des morts-nés, celle des enfants maladifs et, plus tard, celle des conscrits réformés.

De là vient aussi que la durée moyenne des mariages est plus courte et que, par suite, la production de chacun d'eux diminue.

Ainsi, au temps de Buffon, le département de la Côte-d'Or donnait en moyenne 35 enfants pour 6 mariages, dans les bailliages réunis de Semur et de Sau- \ieu [Histoire naturelle). Aujourd'hui, 6 mariages y produisent à, peine 18 enfants [Annuaire)[ Or ce dé-

Accroissement

annuel.

{ 1° de 1817 à 1826.

Population féminine j 2" de 1829 à 1838.

3° de 1841 à 1850

partement est, depuis 1819, le plus zélé de la France pour les vaccinations {Rapports de r Académie de médecine). Est-ce clair?...

Que le prince des vaccinateurs ait essayé de faire honneur de ce résultat à une continence éclose dans le cœur des Bourguignons, cela se conçoit! Ce n'est là qu'une hypothèse naïve à laquelle personne ne se laisse prendre, les Bourguignonnes moins que personne! On la reçoit comme on la hasarde, sans y attacher' d'importance. Outre les moralistes de bonne foi, les accoucheurs savent à quoi s'en tenir sur ce point ; car la production de ce qu'on appelle les fauxgermes est infiniment plus fréquente aujourd'hui que les grossesses vraies et arrivant à terme. Une femme commence par avoir un enfant, deux enfants peut-être, plus ou moins bien venus; puis, à des intervalles de plus en plus rapprochés, elle appelle son accoucheur pour lui montrer, au milieu de caiUots de sang, des produits sans nom, des chorions dégénérés, contenant d'étranges rudiments embryonnahes , et l'on sait que la saignée est le plus dangereux des moyens à opposer à ce nouveau genre de stérihté. Que faut-il donc accuser de ces produits amorphes, si ce n'est la faiblesse, la mauvaise qualité du sang, la constitution déplorable des femmes, l'imprudente violation enfin de cette 4oi d'Hippocrate : Sa^iguis moderator nervorum ?

Ce sont surtout les maladies du tube digestif qui rendent raison de l'accroissement incessant du nombre des morts-nés. Pour bien comprendre ce fait capital, il faut avoir, comme cela nous est arrivé dans une longue série d'années, été appelé à l'exercice de la médecine légale. Il y eut une époque fatale au commencement du dernier règne, où les avortements criminels se multiplièrent autour de nous d'une manière inquiétante ; nous dûmes alors nous livrer à des recherches qui nous amenèrent cà établir que l'avortement est d'autant plus certain que la substance abortive, prise à doses fractionnées, étabUt lentement, sourdement, une phlegmasie profonde du tube digestif. En effet, toutes les filles inculpées, soumises à notre examen, portaient des traces d'entérites, d'entéro-cohtes qui eurent, pour la plupart, une terminaison funeste. Eh bien! ce que produisaient sympatliiquement ou par influence de voisinage (tout cela s'appelle aujourd'hui action réflexe) les maladies intestinales résultant de l'agression des substances abortives, les variolœ sine variolis (1) des vaccinés le

(1) « On a vu dans ces épidémies (de variole) quelques enfants précédemment vaccinés avoir de la fièvre, des nausées, et ne point présenter d'éruption : c'est là variolœ sine variolis de Sjdcnham, avardage immense que Boerhaave semble avoir pressenii. » (PiNEL, Noiographie 'philosophique^ 5' édition, tome II, page 45. Paris 1813.)

provoquent également en aggravant les affections intestinales, celles surtout que le savant professeur Foi^et a nommées, dans son remarquable ouvrage, entérites folliculeuses .

Cette rigoureuse observation devrait sourire aux vieux souteneurs de la doctrine de Broussais, à ceux qui — M. L. C. Roche en tête — ont dépensé toute leur puissance mtellectueUe à subordonner la généralité des manifestations pathologiques à la seule phlegmasie gastro-intestinale, couvrant ainsi de l'éteignoude leur ignorant dédain toute recherche, toute httérature médicale , antérieures à l'ère inaugurée par eux. Cependant, aveugles qu'ils étaient, ils eussent rencontré, dans ces ouvrages dédaignés du dix-huitième siècle, la preuve que les fièvres variole uses comphquaient les maladies gastro-mtestiuales ; ils eussent fait retomber ainsi sur la tête même de M.Bousquet l'injuste accusation dont ils lui laissèrent le triomphe! Ils eussent reconnu enfin qu'il existait une relation intime entre ces mêmes fièvres varioleuses et les maladies puerpérales. Mais il eût fallu hre ces ouvrages; il eût fallu faire descendre leur -orgueil de sectah'es jusqu'à méditer StoU (1), John Thornton (2), Méad, Kirkpatrick, Bezoteux et Valeutin, etc.

(1) Aphor. 551.

(2) Voici eu effet comment s'exprime, entre autres, le docteur

Ainsi, outre les causes connues et énumérées déjà par les anciens, nous rencontrons, presque à chaque pas, chez les femmes vaccinées, des maladies ou des fièvres intestinales, comme phénomènes précurseurs et causes efficientes des avortements. A quoi bon développer ici davantage une théorie qui n'a été que trop mise en évidence par l'art infernal des proxénètes?

Ce résultat important d'enquêtes médico-légales, tout en nous initiant aux secrets de l'accroissement du nombre des morts-nés, vient corroborer les curieuses

John Thornton, traduit par le docteur Dufour {Preuves de l'efficacité de la vaccine. Paris 1808) :

« L'inoculation pendant la grossesse produit presque toujours l'avortement et la mort. (Page 58.)

« Un médecin de Winchester, dit le docteur Kirkpatrik, dans son Analyse de l'inoculation, m'informe que sur deux mille personnes inoculées dans le Hampshire et dans les comtés de Sussex et de Surrey, les seules qui succombèrent furent deux femmes enceintes., qui, sans égard pour Vavis de leurs médecins, avaient sollicité l'inoculation. (Ibid.)

« Une dame enceinte de sept mois, dit Méad, fut attaquée de la petite vérole; vers le onzième jour, elle accoucha sans accident d'uu garçon et mourut le quatorzième jour. Quatre jours après, l'enfant fut saisi d'accès convulsifs., avant-coureurs de l'éruption qui ee déclara le môme jour et, dans la nuit môme, il suivit sa mère au tombeau. [Ibid.)

u Donc, il est parfaitement établi depuis longtemps, comme on le voit, que l'inflammation gasiro-intestinale ., produite par l'agent contagieux de la variole, provoque l'avortement et la mort chez les femmes enceintes!

« Or, puisque la variole est devenue aujourd'hui beaucoup plus

recherches de Dance [Archives générales de médecine, 1828-1829), et les beaux travaux du professeur Sédillot sur l'infection purulente, sans lesquels il eût été impossible de rendre raison des morts subites qui frappent les femmes dans l'état puerpéral.

On sait aujourd'hui ce que c'est que les septico-pyohémies foudroyantes et il est facile de les expliquer, alors surtout qu'elles sévissent sur des familles placées dans les meilleures conditions d'aisance et de fortune. La femme, ordinau^ement très-jeune et primipare, succombe du neuvième au quinzième jour,

fréquente après l'âge de 20 ans qu'elle n'était autrefois, il est évident que les avortements doivent être aussi beaucoup plus fréquents, et les morts-nés en beaucoup plus grand nombre.

« Pour ne laisser aucun doute sur "la légitimité de cette conclusion, voici, d'après les Annuaires du bureau des longitudes, le total comparatif des majeurs morts de petite vérole à Paris, en U ans, à un intervalle moyen de 3li années, séparé par moitié :

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