‹ Philosophie mathématique et médicale de la vaccine [electronic resource]Chapitre 31 sur 43 · DÉCÈS PAR VARIOLE APRÈS L'AGE DE VINGT ANS · texte numérisé non relu

DÉCÈS PAR VARIOLE APRÈS L'AGE DE VINGT ANS

De 1817 à 1820 (quatre ans) 131

, De 1834 à 1837. Idem 533

De 1851 à 1854. Idem 1,156

« Il est donc maintenant facile de comprendre pourquoi la proportion des morts-nés aux viables est triple dans la Sarthe et dans la Côte-d'Or, où l'on vaccine tout le monde, que dans l'Aveyron, où cette pratique a très-peu de partisans, etc. »

Note du docteur Bavard. Journal des connaissances médicales, numéro du 10 mal 1856.

sans phénomènes apparents pour les personnes, incompétentes en pareille matière, qui l'entourent; mais, pour l'observateur sérieux, voici ce qui se passe : comme antécédent, la victime est douée d'une susceptibilité nerveuse extrême et disposée à la pyohémie, peut-être par suite de l'introduction antérieure d'un virus vétérinaire dans son sang; comme état présent, eUe a dans l'utérus une large surface suppurante en rapport avec le système veineux de l'organe ; elle a été tenue à une diète plus sévère que celle que l'on observe dans les classes moins aisées et moins vaccinées, surtout si elle ne doit pas allaiter son enfant. Son teint suspect et terreux, ses forces, de jour en jour décroissantes, sont peu eu rapport avec ses prétentions au bien-être, et si à ce moment, prise d'une de ces impatiences si communes chez les femmes nerveuses, elle se lève et s'aventure à faire quelques pas dans la chambre, elle tombe, comme foudroyée I On trouve, après sa mort, du pus dans les sinus veineux utérins, des ecchymoses et de l'emphysème à la surface des poumons, signes certains, pour nous comme pour le professeur Sédillot, de l'infection putride.

En somme, il nous faut bien accepter le rôle que l'expérience nous force d'assigner aux maladies intestinales dans les avortements et, à propos de la perturbation jetée dans le développement des mala-

dies par la pratique vaccinale, nous incliner devant cette sentence de StoU :

« La fièvre régnante se marie avec les suites de couches... surtout avec la variole. » (Voir à ce sujet les aphorismes 789, 343, 349, 350, 351, 352, 359, etc.)

Rien, dit-on, n'est brutal comme un fait. — En voici, certifiés authentiques, et puhhés par Peucuet en 1805; par M. Trébuciiet en 1853 {Annales d'hygiène).

Mouvement ANNUEL MOYEN des femmes enceintes, admises à l'hospice de la Maternité, avant et depuis la vaccine.

Époques. Admissions. Décès. Mortalité.

1801-1803 1,700 37 1 sur 46

1850-1851 4,420 259 1 sur 17

Ces chiffres peuvent se passer de commentaires !...

Tel est le résultat de notre observation sur cette donnée relative à la mortalité, clairement établie par les chiffres de M. Carnot; nous la faisons smvre d'une note sur l'accroissement du nombre des hommes, impropres au service militaire.

JSTote sur l'accroissement du nombre des hommes impropres au service militaire.

Epoques Conscrits Conscrits Rapport

comparées. appelés. réformés, pour 100,

De 1816 à 1820. ..... l",484,928 184,814 12,45

De 1842 à 1846 1,525,986 342,071 22,42

Différences 41,058 157,257

Ainsi, bien que le nombre des appelés ait augmenté dans cet intervalle de 26 ans, celui des réformés par les conseils de révision a augmenté bien plus encore, en sorte que le nombre des hommes propres au service militaire a diminué en définitive !

La révolution de 1848 ayant déplacé toutes les autorités, les conseils de révision ont, depuis la classe de 1847, fonctionné avec négligence, réformé moins d'hommes, en sorte que les réformes dans les corps sont devenues beaucoup plus nombreuses et plus onéreuses pour l'État. Ce fait a motivé la lettre adressée par l'Empereur au ministre de la guerre, à la fin du mois de février 1856. Yoilà pourquoi la comparaison précédente s'arrête en 1847.

Puisqu'il est question des conscrits, il est un autre renseignement très-essentiel; c'est le rapport de leur nombre à celui des naissances correspondantes à leur classe, c'est-à-dire antérieures de 20 ans.

Yoici les documents officiels :

Mouvement annuel moyen.

Avant la vaccine.

Naissances de 1801 à 1803 91S,242

1° j Classes de 1821 à 1823 273,434

RAPPORT : 2,988 conscrits pour 10,000 naissances.

Depuis la vaccine.

( Naissances de 1806 à 181S 927,297

2° ! Classes de 1826 à 1835. 293,468

( RAPPORT ; 3,165 conscrits pour 10,000 naissances.

Depuis que les mères sont vaccinées.

! Naissances de 1816 à 1833 969,478 Classes de 1836 à 1855 304,309 RAPPORT : 3,139 conscrits pour 10,000 naissances.

En embrassant deux générations, la vaccine a atteint sa seconde puissance \ Alors les décès des premiers âges ont, de nouveau, diminué; mais ils ont été, cette fois, plus que compensés par ceux de l'adolescence ! C'est ainsi que le rapport des conscrits aux naissances a rétrogradé depuis 1836, tandis que la population mineure s'est accrue ! (1)

In omnibus aspice linera !

PLUS UNE POPULATION EST VACCINÉE, MOINS ELLE PERD d'e.^- FANTS, PLUS ELLE PERD d'ADULTES PAR LA PETITE VÉROLE.

En moins de quarante ans, les varioles sont devenues six fois plus fréquentes et plus meurtrières pour la population majeure. Les revaccinations n'ont aucunement arrêté cette marche ascensionnelle.

Malgré les dénégations antérieures de M. Bousquet, ce fait capital était devenu tellement notoire pour

(1) M. Bertillon, page 82, en note, ne peut comprendre cela! — Cette éclipse de son jagemont est signalée en détail au (fui7ilo de l'EriLOGLE. Nous engageons le lecteur à y jeter les yeux.

tout le monde que, dans son rapport de 1855, il reconnut, à regret et forcé par l'évidence, que la vaccine ne préservait pas de la petite vérole, en ajoutant : « Il n'est plus temps de le dissimuler, » aveu naïf, fait . in extremis.

En 1856, pour ranimer le zèle de ses lévites attérés par son aveu, le grand prêtre de la vaccine, comme le nomme la Revue médicale, entreprit de persuader à ses auditeurs que la revaccination préserverait les adultes de la petite vérole. Cette prétention motiva deux articles insérés dans le ^ouma^ des connaissances médicales de 1855-1856, pages 375 et 401 , dont voici le résumé :

DE l'inefficacité DES REVACCINATIONS.

« Le 14 juillet 1840, l'Académie de médecine écrivait au ministre • a Les revaccinations ont si peu « de succès qu'elles ne sauraient devenir une règle « pour l'administration.» {Rapport officiel.) En 1845, l'avis de cette assemblée changea ; car l'utilité des revaccinations fut admise en principe général. »

Pour se rendre un compte impartial de l'influence de cette innovation, il suffit évidemment de comparer les deuxpériodes décennales 1 835-1 844 et 1 845-1 854 , l'une antérieure, l'autre postérieure à la décision souveraine de l'Académie. Voici cette comparaison, faite d'après les documents contenus dans les Annuaires

du bureau des longitudes, de 1837 à 1856, pour la ville de Paris.

Relativement à 100,000 naissances contemporaines (1), l'état civil a enregistré, savoir :

Morts de petite vérole.

lo De 1835 à 1844 ! ^'^ ^ ^

( Apres l'âge de 10 -ans 648

Total 1^45

De 0 à 10 ans 487

2° De 184S à 18S4 . , .

Apres l'âge de 10 ans 802

Total 1,289

Donc, toutes choses égales d'ailleurs, le nombre des adultes morts de la petite vérole a augmenté de 24 pour 100 en 10 ans, malgré les revaccinations.

Donc, enfin, comme l'a dit M. le professeur Trousseau : « L'immunité attribuée aux revaccinatious n'a pas une durée appréciable (2). »

Un médecin ne pouvait dire mieux !

(1) A Paris, la population reste sensiblement proportionnelle aux naissances contemporaines.

(2) En 1858, à la maison de force de Gand, 180 vaccinés, âgés de de 10 à 70 ans, furent soumis à la revaccination, qui ne réussit que sur 6 d'entre eux. (Aloniteur des hôpitaux, 17 juin 1858.) Ce fait , attesté par l'inspecteur général Vleminckx , concorde avec ceux qui motivaient l'opinion de l'Académie, avant l'année 18/i5. ( Voir surtout le rapport sur les vaccinations de 1838 , publié en 1840.)

PLUS UNE POPULATION EST VACCINÉE, MOINS ELLE PERD d'EN- FANTS PAR CONVULSIONS, PLUS ELLE PERD d'ADULTES PAR FIÈVRES CONTINUES ET, EN GÉNÉRAL, PAR TOUTES LES AFFEC- TIONS DES VOIES DIGESTIVES.

Ce fut en 1815 que le bureau des longitudes de France commença à publier dans son Annuaire les décès de Paris, avec distinction d'âge. Il résulte des tableaux successifs ainsi publiés, que sur 1,000 femmes mortes à Paris au-dessus de l'âge de 15 ans, il y en eut, savoir :

En 1813 86

En 1814 91

En 181G 102

En 1817 127

En 1818 135

En 1855. 191

Ainsi, de 1813 à 1855, augmentation de 122 pour 100

de 1813 à 1818 — 58 —

Ces chiffres authentiques signalent une révolution sanitaire incontestable dans la jeunesse, révolution dont le point de départ est l'année 1813, et qui s'est accrue , avec une incroyable rapidité, dans les cinq premières années de son action.

L'opinion publique s'est grandement émue de ces chiffres déplorables et s'est laissée aUer à en voir la

entre 15 et 25 ans.

cause dans le vaccin semé sur les enfants de Paris, nés depuis 1798, et opérant une réaction terriide à l'âge. de puberté.

Cette explication n'a pas été du goût du comité de vaccine, c'est tout simple, et l'Académie de médecine, chargée par l'ordonnance qui l'a créée de propager la vaccine en France, a vu avec un vif chagrin publier ces chiffres accablants.

Heureusement, un docteur (1) s'est rencontré, d'une force d'imagination incroyable, lequel est venu attribuer à l'accroissement anomal de la population juvénile, depuis l'année 1813, l'accroissement des décès de la jeunesse depuis la même époque; soutenant, avec hardiesse, que l'on s'inquiétait à tort et que la mortahté annuelle, entre 15 et 25 ans, n'était pas de nos jours plus forte qu'au dix-huitième siècle, ou que dans l'année 1813 ! Sur la proposition de l'Académie de médecine, un prix de 500 francs a été décerné, en 1856, à l'auteur de cette hypothèse , que nous aUons examiner et discuter avec soin, puisque l'Académie a déclaré l'approuver.

Xxamen de l'hypothèse du docteur Bertillon.

Il est, dans la vie des femmes , une époque où

(1) «Le rapport des décès des femmes fécondes s'est accru, dit-on? Qu'y a-t-il d'étonnant si leur nombre relatif s'est augmenté? » {Sic.) — (D' Bertillon, Union médicale^ 8 décembre 1855.)

eHes avouent leur âge avec candeur; mais cette époque n'a pas une longue durée; il en résulte que les dénombrements de la population féminine, par âge, sont peu dignes de foi, dans leurs chiffres absolus; mais comme cette innocente faiblesse est commune aux femmes de tous les temps, il en résulte aussi que les chiffres , relatifs à deux époques de dénombrement, sont parfaitement comparables entre eux, quoique peu dignes de foi, dans leur isolement.

Cela posé, voici la population relative de la viUe de Paris, en 1817 et en 1851, d'après les dénombrements officiels {Statistique de la France, t. II).

Sur 1 ,000 femmes de tout âge, il s'en trouvait à Paris, savoir :

En 1817. En 1851.

De 0 à 15 ans 198 200

' De 15 à 25 an? 206 196

De 25 à 100 ans 596 604

Totaux 1,000 1,000

Il est donc plus clair que le jour que la population féminine relative de 15 à 25 ans .n'a pas augmenté à Paris et qu'elle a même sensiblement di- 'minué, d'après les dénombrements, bien que la mortaUté relative ait plus que doublé à cet âge !

L'hypothèse précitée ne soutient donc pas un instant le regard d'un homme sérieux.

C'est de 25 à 40 ans que la population relative

aiirait quelque peu augmenté, si l'on en veut croire ces dénombrements. Les voici :

Répartition comparée de la population féminine de Paris sur 1,000 habitantes.

En 1817. En 1851.

De 0 à 15 ans 198 200

De IS à 25 ans 206 196

Totaux 1,000 1,000

En résumé, il est évident que, prise en masse, la population féminine de 15 à 40 ans se serait accrue, en 34 ans, de 34 habitantes sur 473, soit de 72 sur 1,000, résultat inférieur à celui qu'a donné M. Carnot pour la France entière, et qui n'explique en aucune façon l'accroissement de la. mortalité juvénile depuis 1813. — Passons donc à autre chose !...

S'il est des réputations que le temps détruit, il en est d'autres qu'il augmente. De ce nombre est celle de Sussmilch, l'un des plus consciencieux et des plus profonds observateurs de la savante et véridique Allemagne du dix-huitième siècle.

Sussmilch sépare les fièvres en deux catégories bien distinctes, de même que le fait M. le professeur Andral, dans sa clinique médicale.

Il nomme les unes fièvres de poitrine, ce qui indique clairement leur siège; les autres fièvres ar-

dentés, ce qui a l'iiiconyénient de n'être intelligible qu'aux médecins. Pour rçmédier à ce léger défaut, nous les nommerons fièvres continues. De cette manière, nous serons mieux compris des gens du monde, prévenus, une fois pour toutes, que sous ce nom sommaire figurent les fièvres continues, dites bilieuses, muqueuses, nerveuses, cérébrales, ataxiques, adynamiques, typhoïdes, etc., tandis que, sous celui de fièvres de poitrine ou pulmonaires, nous comprendrons les maladies des voies aériennes, nommées fluxions de poitrine, pneumonies, catarrhes, etc., n'exceptant que la phthisie, pour suivre l'exemple de Sussmilch et rendre les faits recueillis par lui, de 1758 à 1775, parfaitement comparables aux faits rassemblés, de 1839 à 1848 et dans les années suivantes, par M. Trébuchet, chef du bureau sanitaire de la préfecture de police du département de la Seine.

Or, Sussmilch nous apprend que les recherches qu'il a faites dans le cours du dix-huitième siècle, tant à Berlin que dans 140 villages de Prusse, prouvent que, sur 1,000 décès généraux, on en comptait 200 par fièvres pulmonaires et continues réi^ nies (1).

De son côté, M. Trébuchet nous fait connaître qu'à

(1) Archives statisligues, 1804, t. II, p. 93 et n.

Paris, dans la période décennale (1839-1848) qui ne fut, comme la période étudiée par Sussmilch, marquée par aucune épidémie exceptionnelle, sur 510 décèsgénéraux, à domicile, on en compta 189 par cesmêmes fièvres réunies (1), — c'est-à-dire 371 sur 1,000.

Ces deux résultats, rapprochés l'un de l'autre, si-gnalent une augmentation de 171 décès sur 1,000» et conduisent directement à la conclusion suivante :

1° Prise en masse, la mortalité des fiévreux a augmenté de 85 pour 100, depuis le dix-huitième siècle.

Or, il a été démontré, dans les sixième et onzième propositions, que la mortalité, due aux maladiespulmonaires, n'avait pas varié d'une manière appréciable depuis la vaccine.

2" Donc l'augmentation de 171 décès sur 1,000 esti afférente aux fièvres continues.

Cela bien compris, la subdivision comparée desfièvres, par espèces, est très-facile à conclure destravaux de M. Trébuchet.

En effet, les 189 décès de fiévreux, correspondants aux 510 décès généraux de (1839-1848) sont ainsi, répartis :

Fièvres pulmonaires 80

Fièvres -continues 109

(1) Paris médical, 1852, t. I, p. 147 et 148.

' En définitive, sur 1,000 décès généraux, voici la subdivision comparée des fièvres qui ont été mortelles :

Nature

De 1758

De 1839

des fièvres.

Fièvres pulmonaires

Fièvres continues

Conclusion

Donc, les fièvres continues étaient, de 1839 à 1848, environ cinq fois plus meurtrières que de 1758 à 1775.

Nous disons environ parce que, pour préciser avec jne plus rigoureuse exactitude, i]. faudrait connaître e rapport des décès avec les naissances , aux deux époques, mises en parallèle.

Nous admettons ici; avec Buffon, qu'il mourait mnuellement à Paris, vers 1767, 1 habitant sur 35; 3t nous savons que ce rapport était le même vers

(1) Cette proportion s'accorde avec celle donnée par Sussmilch, )our les trois années 1746, 1750 et 1757 réunies, années que les ièvres cordinues rendirent exceptionnellement meurtrières, ce qui e détermina à les séparer des autres. Dans ces trois années^ leur nortalité moyenne s'éleva en effet à 69, de 43 qu'il l'avait trouvée. ]'est sur ce chiffre, maximum exceptionnel, que M. Bayard s'est bndé pour répondre d'une manière péremptoire à M. Briclieteau, lue les fièvres continues étaient, de nos jours, au moins trois fois plus neurtrières qu'au dix-huitième siècle.

1845 (1). Cela suffit à notre conclusion et , comme on le voit, tous les faits dignes de la confiance publique y conduisent invariablement. Tel est le privilège de la vérité. Le mensonge ne supporte pas de . pareilles épreuves; les vaccinomanes l'ont appris aux. d dépens de leur réputation!...

DOCTRINE PROFESSÉE PAR LES VACGINOMÈTRES OU ADVERSAIRES- ' MODERNES DE LA VACCINE (2). *

Base de la doctrine établie par M. Garnot.

1° Toute action contraire aux lois de la nature esti suivie d'une réaction naturelle égale. S'D en était! ' autrement, la création serait à la merci de la créa— ture, rêve absurde, plus encore qu'impie!...

2" L'action du vaccin , c'est-à-dire l'immunité: qu'n procure, dure environ douze ans. La réactioni naturelle commence alors et la variole sévit sur lesadultes vaccinés. Quant à l'immunité , fort douteuse, . '

(1) Il doit être bien entendu que, dans ce rapport 1/35, les mortsnés, ne figurant pas au dénominateur, ne sont pas non plus, comme de raison, compris au numérateur.

(2) Les adversaires modernes de la vaccine datent du 11 novembre 18/i8, jour où M. Arago signala devant TAcadémie dessciences l'apparition du premier travail de M. Carnet.

ittribuée aux reyaccinations , elle a , du moins , une lurée trop courte pour qu'on puisse l'apprécier !...

3° Il y a deux espèces de varioles ; l'une externe , 'autre interne ; toutes deux sont dues au même éléuent morbide (1).

4° La fièvre spécifique qui , seule , caractérise la variole dans tous les cas , s'unit très-facilement aux lèvres continues et aux maladies populaires. Cette imion seule rend souvent ces maladies très-dangereuses, soit que la variole se convertisse en la fièvre spidémique de la saison, soif qu'elle ne fasse que s'y joindre (2). •

5° Les fièvres continues , nommées bilieuses par 3toU, attaquent généralement les adultes. Il est prouvé , par les relevés cliniques de l'Hôtel-Dieu de Paris , que les vaccinés succombent à ces fièvres en proportion beaucoup plus forte que les non vaccinés!...

6° Le CHOLÉRA a acquis une excessive gravité dans ce dernier quart de siècle et a sévi sur la population adulte , concurremment avec les fièvres intestinales de tout genre. La population vaccinée a été particulièrement victime de ces diverses épidémies.

7° Sous l'influence des maladies aggravées, la pro-

(1) Sydenham, chapitre m, section m.

(2j Stoll, Aph. 26, 522, 52/i, etc.

portion des morts aux malados a doublé dans les hôpitaux militaires. Cette révolution sanitaire a débuté d'une manière bien tranchée à Paris, en 1819, lorsque les premiers vaccinés ont atteint l'âge du recrutement; elle a progressé depuis !...,

8° Sous la même influence, la mortahté des femmes enceintes a augmenté en France, ainsi que le nombre des morts-nés, triple dans la Côte-d'Or et dans la Sarthe, où l'on vaccine tout le monde, que dans FAveyron, où cette pratique est très-peu répandue !

Doctrine explicative.

Le vaccin retardant l'éclosion du germe varioleux, jusque vers l'âge auquel les maladies intestinales sévissent généralement, il est clair que ces diverses maladies doivent être beaucoup plus fréquemment compliquées par la fièvre spécifique de la variole et, par suite, qu'elles doivent être plus dangereuses qu'elles ne l'étaient avant la vaccine.

Cette conclusion est d'une rigueur mathématique.

Commentaire pathologique par MM. Bayard et Ancelon.

La fièvre entéro-mésentérique est-elle une fièvre typhoïde comme on a coutume de la nommer, ou une fièvre varioleuse^ comme le prétendent les adversaires de la vaccine ?

Discussion.

La fièvre entéro-mésentérique est caractérisée par une éruption intestinale qui se rencontre chez tous les sujets qui succombent à cette maladie, ainsi que les autopsies le prouvent.

Le typhus proprement dit ne présente pas, au contraire, dans les aulopsies, cette éruption caractéristique. Si l'on pouvait douter de ce fait avant l'année 1854, le scepticisme n'a plus aucune raison d'être depuis la campagne d'Orient et depuis les mémoires présentés à l'Institut et à l'Académie de médecmeparMM.Forget, Baudens, GodeUer,etc. (1).

Donc 1° la fièvre entéro-mésentérique, présentant un caractère anatomique spécial, qu'on ne rencontre point dans le typhus, a été nommée, à tort, tyfhoïde. •

« Dans l'épidémie varioleuse qui régna à Paris, en 1825, dit M. Serres, membre de l'Académie des sciences, deux choses me frappèrent chez les malades vaccinés qui succombèrent. Ce fut, en premier lieu, la marche des pustules, dont les caractères furent analogues à ceux des varioleux non vaccinés ; en second heu, la coexistence, chez ces deux ordres de

(1) Les médecins militaires ont profité des travaux du docteur Jenneii : De la non-identité du typhus et de la fièvre typhoïde, etc., traduit do l'anglais par L. Verhaeghe. iJruxellés 1852.

varioles, de l'éruption intestinale , qui caractérise la fièvre entéro-mésentérique (1). »

Entre une opinion et un fait il y a l'infini, comme le disait avec raison Leibnitz. Si M. Serres a émis quelques opinions erronées, ce que nous n'avons point à examiner ici , il est évident qu'il n'a pu se tromper du moins sur le fait qu'il signale , c'est^dire sur la coexistence de l'éruption cutanée de la variole avec l'éruption intestinale , dont on a fait le caractère distinctil' de la fièvre continue, nommée entéro-mésentérique par les uns, et typhoïde par les autres.

Donc 2° la fièvre entéro-mésentérique, présentant le caractère anatomique spécial que l'on rencontre dans la variole seule , doit désormais , avec raison , être nommée varioleuse.

Théorie.

«L'agent varioleux, dit StoU, produit l'inflammation des intestins (2). » Corvisartle dit et le professe.

Broussais et Boisseau, MM. Roche et Bégin le répètent. Ce dernier y ajoute le développement instructif qui suit :

c( Dans certains cas , dit-il , l'inflammation est tel-

(1) 1847, 3« Mémoire, § 22.

(2) Aph07\ , 301. ■

Lement violente que l'éruption ne se fait que difficileaient ou que, même, elle est entièrement empêchée. iUors la fièvre persiste (1) ! »

Or, cette inflammation intestinale, produite par le iébut de la maladie varioleuse, inflammation parfois tellement violente que la fièvre persiste et que l'éruption cutanée avorte , — cette inflammation doit évidemment laisser quelques traces sur les malades qui succombent.

Donc, sur les varioleux, vaccinés ou non vaccinés, DU doit rencontrer, à l'autopsie , deux éruptions ; l'une primitive, qui a son siège dans les intestins et correspond à la fièvre primitive ; l'autre secondaire^ qui se fait à la peau et correspond à la fièvre secondaire. C'est précisément le fait signalé par M. Serres !

Mais lorsque l'éruption secondaire est empêchée, comme le dit M. Bégin, et que la fièvre persiste, qu'arrive-t-il?...

Il arrive évidemment que le malade meurt d'une entérite varioleuse, qui ne présente que l'éruption primitive, aggravée sans doute. On dit, dans ce cas, qu'il est mort de la fièvre entéro-mésentérique, ce qui ne caractérise que le siège du mal et non sa nature, tandis qu'on devrait dire qu'il est mort d'une fièvre varioleuse, sans éruption apparente.

(1) Physiologie pathologique ^ p. 245.

Or, Fusage de l'inoculation a prouvé que la variole, ainsi transmise à un sujet parfaitement sain, loin de toute épidémie intercurrente, ne présente aucun danger pour la vie, tandis que pratiquée sur des femmes enceintes ou sur des malades, cette operation a quelquefois les plus funestes conséquences !

Donc, la variole ne devient mortelle que par son adjonction à une autre maladie. Lorsqu'elle se marie à une fièvre continue, par exemple, elle peut être interne ou externe, selon que cette union s'est faite avant ou après l'éruption cutanée. Dans le premier cas on la nomme fièvre typhoïde; dans le dernier, petite vérole, bien qu'en réalité ce soit la même maladie. — - C'est ce que nous voulions démontrer.

Examinons maintenant quelle est la proportion des morts aux malades, dans les fièvres continues, dites typhoïdes.

(( Dans tous les temps, dit le docteur GrafFenauer, dans sa Topographie médicale de Strasbowg ^ publiée en 1816, on a observé dans cette vOle des fièvres malignes, nerveuses, putrides, ataxiques, adynamiques. C'est particuUèrement dans ces dernières années, et dans le cours de la révolution, qu'elles ont été fréquentes et meurtrières. Elles ont régné épidémiquement dans les années 1793, 1806, 1813 et 1814; le geiTue en futapporté par les militaires.» (Page 145.)

Le docteur Thouvenel , de Pont-à-Mousson , a

donné plus de détails au sujet des ravages que fit, en 1813 et 1814, cette même épidémie dans le département de la Meurthe, où elle enleva, d'après lui, 94 malades sur 1,000.

Les maladies, à l'état épidémique, sont constamment plus graves qu'à l'état sporadique, comme chacun sait. Pourquoi donc ces mêmes fièvres sont elles plus meurtrières de nos jours qu'^n 1813 et 1814? D'où vient que leur mortalité, dans des circonstances pareilles, varie entre 10 et 56 sur 100 malades?

Ce prodigieux écart est constaté dans des ouvrages faits par des médecins honorables et depuis longtemps publiés.

Sur lOOtyphoïques, il en meurt, savoir :

10, — d'après MM. Beau et Laroque.

12, — d'après M. Bouillaud.

14, — d'après MM. Grisolle et Piédagnel.

22, — d'après M. Delaharpe.

23, — d'après M. Forget. » 33, — d'après MM. Louis et Chomel.

56, — d'après M. Andral (1).

(1) Le rapport 5$ pour 100, attribué à M. Andral, résulte d'une moyenne prise sur les quatre modes de traitement qu'il indique, savoir :

Méthode expectante 23 sur 94

— purgative 9 sur 10

< — tonique 26 sur 40

— par les saignées 35 sur 74

Il est de toute évidence que les malades de M. Laroque étaient atteints de fièvres moins compliquées, moins graves que ceux de M. Andral, par exemple. Et néanmoins ils étaient encore plus gravement atteints que ceux de Thouvenel, dans la grande épidémie de 1813 à 1814.

Ce problème est complexe et difficile à déchiffrer, U faut en convenir ; cependant sa solution complète semble donnée par le résultat des recherches faites, en 1854, par M. le docteur Perrin, à l'Hôtel-Dieu de Paris. Elles se résument ainsi et jettent une vive lumière sur la question :

« Sur 100 sujets non vaccinés, atteints de fièvres typhoïdes, 8 seulement sont morts (1) !... »

(1) Nous croyons utile de reproduire ici une réplique adressée par nous, sur ce sujet, à M. Beaugrand, dans le Journal des connaissances médicales , le 20 juin 1857.

a Sur trente-huit malades non vaccinés , signalés en détail^ par M. le docteur Perrin , comme atteints de fièvres typhoïdes , il en est mort trois. Voilà le fait !

« En signalant ce fait, M. Perrin a été, pour la vaccine, un trèsimprudent a»zî, j'en conviens, car il I'b, écrasée d'un lourd pavé pour chasser l'ombre d'une mouche, que déjà M. Bayard avait fait disparaître lui-môme. Qu'il en soit chagrin, c'est tout simple; mais cela,Join d'amoindrir le fait, le rend encore plus grave. Si je suis bien informé , ce fait a déterminé , depuis 1854 , de nouvelles et consciencieuses investigations sur le môme sujet. J'attendrai que l'Académie de médecine nous en fasse connaître le résultat authentique ; si elle évite de le faire, je resterai convaincu tout simplement

Enfin, voici donc un chiffre de mortaiité moindre que ceiui de Tliouvenel, dont les malades n'étaient sans doute pas vaccinés non plus, mais dont l'état épidémique aggravait les affections.

Si les non vaccinés sont, en effet, moins gravement malades que les vaccinés, les différences inconcevables signalées précédemment deviennent faciles

que la vaccine n'a rien à gagner à ce que la vérité soit connue' et que les vaccinateurs ont tout à y perdre.

« Pour l'amour de Dieu , ne mêlez pas , mon honoré confrère , la théorie, œuvre de l'homme, avec le faii^ oeuvre de la nature. Une variole antérieure doit-elle être regardée comme créant une chance favorable pour ^'individu atteint de mdA&àiQ des voies digestives? J'en suis persuadé; mais entre mon opinion et un fait, l'intervalle est incommensurable. Or, le fait est que la désastreuse épidémie de 1813 n'emporta que le onzième des malades ; le fait est qu'entre la proportion mmzma dornée par M. Laroque et la proportion maxima donnée par M. Andral, la moyenne est un tiers ; le fait est que cette proportion — un tiers — résulte des longues recherches de MM. Louis et Chomel, et que jamais leurs travaux n'ont été contestés.

«Vous voyez donc bien, mon très-honoré confrère, que, sans avoir besoin de recourir au travail de M. Perrin, on arrive invariablement à cette concUision de nouveau formulée, sur de nouveaux faits, à la page lili de votre numéro du 10 juin :

« Les fièvres continues sont d'autant plus meurtrières que la population est plus vaccinée, n

« Je m'en tiens à ces faits. Après cela, puisque vous pensez que la fièvre appelée bilieuse par Stoli n'est pas celle qu'on nomme typhoïde aujourd'hui, que ne vous en prenez-vons h MM. Louis, Dubois (d'Amiens), Valleix, etc., etc., au lieu de vous attaquer à M. Carnot? »

à comprendre. Tout le monde conclura, de ce fait, sans le moindre effort, que sur les malades traités par M. Piédagnel, par exemple, il y avait proportionnellement moins de vaccinés que sur ceux traités par M. Chomel, et que tous les sujets signalés dans le relevé de M. Andral étaient vaccinés très-probablement.

Si la vanité de quelques médecins ne s'accommode pas de cette simple explication, la science médicale ne peut qu'y gagner.

«La médecine, disait le docteur Castel, de regrettable mémoire (1), ne saurait fonder l'étiologie du choléra sur les causes ordinaires d'une épidémie...

« Toute épidémie circonscrit son domaine dans des limites topographiques... En est-il de même du choléra? C'est une singulière épidémie que celle qui embrasse la sphère et s'étend ^'un pôle à l'autre ! L'étiologie , admise auparavant , ne lui est pas applicable. Ses apparitions, sa marche, ses périodes d'assoupissement et de réveil contredisent les observations recueillies par les auteurs les plus compétents, déconcertent les notions acquises, croisent l'expérience du passé, ne s'accordent avec aucune déduction pathologique, quant à l'hygiène, quant

(l),Séanco do l'Académio do m(5dccino, du 25 soptombro 18/|9.

au climat, quant à la part d'influence de l'air, des eaux et des lieux.

' ' « Qu'est-ce donc que cet hôte qui s'est mis en possession de tout le globe et qui se comporte comme se comportait la variole? w Cherchons :

• Quel est le fait saillant pour les médecins du dixneuvième siècle ? Quel est le fait incontestable, incontesté même aujourd'hui par ceux d'entre les médecins qid ambitionnent le titre de statisticiens? C'est le déplacement de la mortalité depuis la vaccine, si ce n'est far elle, n'est-ce pas?

Ce fait a une cause, bien évidemment. Quelle est cette cause, et comment la découvrir?

La réponse est simple. S'il est une maladie sui generis, dans laquelle le même déplacement se remarque ; s'il n'en est qu'une seule, on peut être certain que c'est en elle que réside la cause du mal.

Eh bien! il en est, en effet, une seule qui, de l'enfance, a passé sur l'âge vird. Ce n'est ni la rougeole, ni la scarlatine ; celles-ci , dont rien n'entrave la marche, suivent toujours leur ancien sillon. C'est la petite vérole seule, qui a complètement changé de marche. Donc la petite vérole est la cause du mal. — VoUà 'le premier point !

« Donc le choléra est le successeur dè la variole, la dégénération ou plutôt la transformation de la

variole ; il règne partout parce que la vaccine est partout usitée (1). »

Maintenant, parmi les maladies, non déplacées dans l'âge, quelles sont celles qui sont devenues plus meurtrières?

Sont-ce les maladies des voies aériennes? — Non.

Sont-ce les maladies des voies digestives ? La statistique, d'accord avec Broussais, MM. Petit et Serres, Forget (de Strasbourg), etc., etc., dit : — Oui!

Donc, la cause qui réside dans la petite vérole rend plus meurtrières les maladies gastro-intestinales (2).

Yoilà le second point établi.

Choléra, typhus, coliques, fièvres continues, etc., c'est tout un devant la cause; celle-ci complique toutes les maladies dont le siège est dans^ les voies digestives, sans cependant en changer le caractère primitif. Ces maladies, ainsi comphquées, ne se ressemblent pas plus que l'acide suKuriquene ressemble

(1) Castel, loc. cit. — J'ai vu, dans le cours de l'épidémie de 1854, une jeune femme vaccinée atteinte d'une suette qui passa au choléra et se termina heureusement par une variole discrète. M. Zandyck dit avoir observé plusieurs faits analogues à Dunkerque en 1849. (^Annales médicales de la Flandre occidentale, 1857.)

(2) « Si la psorie est une éruption comme celle qui s'opère sur la peau dans la variole, M, Serres, ainsi que je Tai déjà dit, aura résolu le plus grand des problèmes, en saisissant ce rapport, et aura rendu à l'humanité le plus grand des services. » ( Etudes anatomiques par V. Bam.y, 2" partie, § 54, page 62. Paris 1856).

à l'acide azotique, ou celui-ci à l'acide carbonique, bien que ces acides soient tous composés d'oxygène.

Qu'on relise Sydenham et l'on verra, section III, qu'à la petite yérole régulière de 1667 succède la variolosa febris de 1668, la dyssenterie de 1669 et le choléra morbus le plus violent qu'il ait rencontré !

Que le choléra vienne de l'Inde ou n'en vienne pas, qu'est-ce que cela fait à la cause? ERe se marie avec lui, indigène ou exotique, et le rend contagieux pour ceux qui n'ont pas eu la petite vérole (1).

Yoici, à cet égard, les faits les plus instructifs. En 1854, 40 soldats, venant de Marseille, sont débarqués à Constantinople, atteints du choléra, qui se répand parmi les populations étrangères et ménage la population turque ! Russes, Anglais, Français, ont la maladie cholérique. Les Piémontais arrivent, la prennent en 1855, perdent 60 hommes par jour, tandis que les Turcs n'en perdent point!... Cependant ils sont campés, côte à côte, sur les rives de la Tchernaïa !

Un médecin, revenant de Crimée, attribuait cette immunité à la circoncision, et proposait de circoncire nos soldats. Cette explication burlesque rappelle cer-

(1) Ici nous sommes parfaitement d'accord avec le secrétaire du conseil de l'Académie de médecine qui professe cette opinion : « Un peu plus tôt, un peu plus tard, la nature a voulu que nous eussions tous la petite vérole. » ^

taines hypothèses hasardées par certains médecins, sur les vertus anticholériques de certaines pierre ou de certains métaux.

Pour nous, les Turcs du dix-neuvième siècle sont en tout semblables à ceux du dix-huitième, tandis qu'il n'en est pas de même des Russes, des Anglais, des Français, des Piémontais, qui sont vaccinés.

Le choléra a ses allures particulières» Il n'a pas visité Versailles parce que, disent les étiologistes quand même, cette ville est élevée et sans rivière. Or, il est entré à Château-Chinon , bien autrement élevé et n'est pas venu à Lyon, ville sale à faire reculer et parcourue par les eaux de deux grandes rivières ! ... 0 hygiénistes !

« Jusqu'à présent, s'écriait M. Castel, les statistiques relatives au choléra n'ont eu pour objet que l'énumération des attaques, leB proportions entre le chiffre des malades et le chiffre des décès. J'ose en appeler une autre : celle ci mettrait en regard, d'un côté, le nombre des individus qui ont été frappés par le choléra, quoiqu'ils eussent subi la variole, et du côté opposé, le nombre de ceux qui, n'ayant subi la variole ni après ni avant la vaccination, ont été frappés par le choléra. Je n'hésiterais point à prédire qu'elle aura pour résultat de constater qu'en France et dans les autres pays, l'épidémie cholérique a épargné les personnes qui avaient eu la variole. Les

exceptions sont rares et laisseront sa valeur péremptoire à un fait qui, d'ailleurs, s'accorde ayec les données physiologiques. Une statistique ne se dresse point en quelques jours; celle que j'ai entreprise justifie, quant au passé, l'étiologie que j'expose (1). »

En résumé, si la petite vérole n'était pas, depuis Jenner, une maladie de la jeunesse galante, le troussegalant du dix-huitième siècle ne serait pas plus grave qu'il n'était alors et ne serait que très-rarement contagieux. Il en sërait de même du typhus et des fièvres continues.

LA VACCINE n'exerce AUCUNE INFLUENCE SENSIBLE SUR LA TERMINAISON DES MAlLADIBS PULMONAIRES ET SCROFULEUSES.

Quant aux maladies pulmonaires et autres , non aggravées par la variole, MM. Carnot (2) et Bayard (3) ont démontré, par des faits et par des chiffres inattaquables et inattaqués jusqu'ici, que « la population flottante de Paris , quoique la moins vaccinée , est cependant celle' qui perd le plus de monde par suite de ces affections. »

(1) Loc. cit. — Voir, à ce sujet, la douzième proposition ( Pm^tie mathématique).

(2) Journal des connaissances médicales., du 10 juin 1857.

(3) Journal des connaissances médicales, du 30 juin 1857.

Déjà SloU avait dit : « La petite vérole a plus d'affinité pour les fièvres bilieuses, putrides, malignes et, en général, pour l,es maladies nommées gastriques, en raison de leur siège, que pour aucune autre (1). )>

Pourquoi? *

Stoll déclare franchement qu'il n'en sait rien ; mais M. Serres nous fait connaître la cause réelle de cette différence. La voici :

La variole est une maladie à germe ou à semence Tous les médecins le reconnaissent, et M. Bousquet le premier. Que ce germe soit ou non inné , cela n'est d'aucune importance dans la question qui nous occupe. Libre à chacun d'en penser ce qu'il voudra.

Or, aucun germe, aucune semence ne peuvent éclore au contact de l'air. — Donc , la variole ne peut éclore dans les voies aériennes.

Cette explication est d'une admirable simphcité et montre que les sciences d'observation se réunissent pour apporter leur contingent de preuves; à l'appui de l'analyse sévère employée dans les recherches patientes et scrupuleuses de M. Carnot.

(1) Stôll, Médecine pratique, chapitre xii.

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