NATURE. — INOCULATION, — VACCINE
Tous les hommes d'intelligence qui , au lieu de se laisser égarer par des assertions systématiques plus ou moins mensongères , se sont donné la peine d'étudier avec soin l'histoire de la petite vérole naturelle , savent que cette maladie figurait au dixhuitième siècle , pour un douzième^ dans les décès généraux des grandes villes de l'Europe. Ils savent, en outre, qu'en moyenne générale la mort enlevait le sixième des sujets atteints de cette maladie. Ces deux faits , rapprochés l'un de l'autre , ont pour conséquence immédiate et forcée la conclusion siuvante :
La moitié de la population de Paris , de Londres , de Berhn , etc., etc., échappait à la variole éruptive.
Voilà tout ce qu'il est permis d'affirmer avec certitude.
Lorsque l'inoculation fut importée à Londres, cette
ville renfermait donc un grand nombre d'individus de tout âge , qui , n'ayant jamais eu d'éruptions varioleuses, s'empressèrent d'avoir recours à cette pratique. L'histoire de cette époque le constate et il est nécessaire de se le rappeler, pour la parfaite intelligence des faits qui vont suivre.
De 1686 à 1696 , on comptait dans cette ville , en moyenne annuelle , 14,686 naissances et 21 ,962 décès, y compris les morts-nés, soit 150 décès pour 100 naissances.
Del749àl759,ony comptait 14,750 naissances et 21 ,441 décès, y compris les morts-nés , soit 145 décès pour 100 naissances (1).
Cette diminution de 5 décès par 100 naissances ne constitue pas un grand progrès , sans contredit , si l'on met en regard les espérances flatteuses que cette pratique avait fait concevoir aux savants et si on la rapproche surtout du mirage séduisant que présenta la vaccine à son aurore. Yoici, en effet, les chiffres de l'état civil de Paris , à dix ans de distance , en 1801 et 181 1 , extraits des Recherches statistiques, pubhées en 1823:
Époques. Décès. Naissances. Rapports.
106 pour 100 76 pour 100
Diminution
30 pour 100
(1) Tables de Corbyn-Morris, citées par Buffon.
Ce résultat phénoménal eut la durée d'un éclair ! Les décès, à dater de 1811 , reprirent une marche ascendante progressive et, dans la période décennale 1840-1850, le rapport des morts aux nouveaux-nés était , en France comme à Paris , revenu à l'état normal du dix-huitième siècle , de 1770 à 178S , et l'avait même dépassé (1)!... ■
Cette action et cette réaction remarquables furent évidemment produites par le déplacement de la mortahté, sous l'influence de l'immunité temporaire dont jouirent les enfants vaccinés, et il en résulta 'un accroissement inattendu, prodigieux, de population impubère. La mort prélève maintenant sur l'âge viril le tribut que l'enfance acquittait avant la découverte de la vaccine. Ce fait, contre lequel on a protesté dès l'abord, a été, depuis, si minutieusement et si clairement démontré, qu'il n'est plus mis en doute, à l'heure qu'il est , par aucun homme d'intelligence disposé à le vérifier par lui-même.
Cela posé , il est très-important de savoir si l'inoculation produisit , dans la répartition des* décès par âge , un effet semblable ou contraire à celui de la vaccine. Or, les chiffres précédents ne suffisent pas pour éclaircir ce fait. De plus, les. tables de mortalité par âge , dressées par Corbyn-Morris et citées par Buffon, sont relatives à la période trentenaù'e 1728
(1) Annuaires de 1842 ô, 1852.
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à 1758, postérieure à rinoculation. Il faut donc, pour avoir des éléments comparatifs qui permettent d'arriver à la so]ution approximative de ce grand problème , recourir au tableau des décès de Londres de 1675 à 1750, détaillé par nature de maladies et publié en 1804 , sous le ministère de Chaptal, dans le deuxième volume des Archives statistiques de la France, à la page 91.
Il nous a paru convenable d'établir cette comparaison entre les trente premières années et les vingtcinq dernières de cette longue série de 75 ans. Dans chacune de ces deux grandes périodes, Londres compta plus de 500,000 morts. On peut donc, sans défiance , admettre les résultats moyens de ces époques mises en parallèle , surtout lorsqu'ils présentent des différences nettement tranchées. Yoici ce tableau comparatif, relativement à mille décès généraux.
Mortalité comparée de Iiondres, avant et après l'inoculation.
Maladies causes de mort. Avant. Après. En plus. En moins.
Morts-nés par fausses couches 39 22 .i 17 enfants.
Femmes mortes en couches. 13 9 » U adultes.
Maladies des voies digesti-
tives(l) 103 12 » 91 adultes.
Hydropisies, enflures, obstructions 61 46 » 15 adultes.
Varioles et exanthèmes divers 90 91 1 enfant. »
Convulsions €t dentition . . 254 327 73 enfants. »
Fièvres de poitrine (2) 154 157 Stoutàge. »
Phthisie, étisie, consomption 167 193 26toutâge. »
Accidents, maux divers. .. . 58 64 6toutâge. »
Vieillesse, apoplexies 61 79 18 vieillards. »
Totaux 1,000 1,000
(1) L'auteur du tableau original a compris sous le nom de coliques toutes les maladies des viscères, et a d'ailleurs eu soin d'en prévenir à la page 92. Nous avons jugé plus convenable de les désigner sous ce titre : Maladies des voies digeslives.
(2) Sous le nom de fièvres, il n'a compris, en conséquence, que les fièvres de poitrine. Nous avons cru nécessaire de l'indiquer expressément, bien que leur chiffre relatif — 15 à 16 pour 100 — pût y suffire ; car il n'a pas varié sensiblement depuis cette époque. Tel il était, à Londres, à Berlin, avant comme après i'inoculation, tel il est à Paris encore aujourd'hui! {Annales d'hygiène. — Mortalité de 1839 à 1848.)
Entre les personnes cpii appellent de leurs vœux un retour à l'inoculation, il en est qui, comme M. Trousseau , prétendent la réglementer et d'autres qui veulent , au contraire , qu'on lui laisse toute liberté. Les premières craignent la contagion épidémique; les autres disent que, la maladie varioleuse étant une nécessité de l'espèce humaine, il vaut mieux en être atteint dans l'enfance que plus tard; que l'inoculation doit, en conséquence , être univer- ■ selle si on la réglemente et sans aucune entrave , si on ne la rend pas universelle. Ils ajoutent, et nous partageons cet avis , que l'inoculation non obligatoire, pratiquée dans des maisons à ce destinées spécialement, comme le veulent les nouveaux adeptes de cette doctrine , présenterait les mêmes inconvénients que l'on reproche à la vaccine , c'est-à-dire que la variole ne serait que retardée. Une première faute commise , disent-Us , doit au moins servir à en éviter une seconde du même genre ; l'inoculation doit donc, en définitive, pour être vraiment utile à la nation, être obligatoire pour tous ou absolument hbre d'entraves; il n'y a pas de milieu !...
Conclusion,
Le tableau précédent montre avec évidence que l'inoculation libre a donné un résultat diamétralement opposé à celui de la vaccine , c'est-à-dire :
1" Diminution des morte-nés ;
2° Diminution des maladies puerpérales ;
3" Diminution des maladies gastro-intestinales ;
4° Augmentation des convulsions ;
5° Permanence des fièvres éruptives.
Les voies aériennes ne sont affectées ni par l'une ni par l'autre de ces pratiques, ce qui est trèsremarquable.
En définitive , l'inoculation libre déplace la mort . en la rejetant sur l'enfance, tandis que la vaccine la déplace aussi , mais en la reportant sur la période productive de la vie humaine.
La vaccine, en détruisant les forces productives d'une nation et augmentant ses consommateurs improductifs , la conduit nécessairement à la misère et à l'abjection. L'inoculation libre, en détruisant les enfants malingres et maladifs , prépare une génération virile herculéenne , semblable à celle dont se composaient les légions romaines , avant que Jules César eût donné aux médecins le droit de bourgeoisie à Rome.
L'inoculation réglementée et obligatoire n'aurait pas un pareil résultat , très-probablement. La population malingre augmenterait et, de l'union des êtres chétifs ainsi conservés, sortiraient des produits également chétifs , des bouches inutiles.
Sans appliquer les lois barbares de Lycurgue , il suffit , en résumé , de laisser agir librement la nature
dans les campagnes, et de lui venir en aide dans les villes, en y pratiquant chaque année un certain nombre d'inoculations. De cette manière et sans entraver la liberté des familles , on obtiendrait le résultat avantageux que voulait atteindi^e le législateur de Sparte.
Pour juger en effet de la prodigieuse différence que présente la variole dans les villes et les campagnes, il suffit de jeter les yeux sur les résultats signalés en Prusse par les importantes recherches de SussmUch, vers 1770. Sur 1,'000 morts, étaient
enlevés par la variole, savoii' :
1° Dans la ville de Berlin 83
2° Dans 140 villages prussiens. . . 15i t
Différence 68 (1).
(l)Par une compensation digne de remarque, sur les 1.000 décès, tn en comptait, par convulsions, savoir :
1» Dans la ville de Berlin 205
2" Dans 140 villages 119
Différence 86
Remarquons en outre que les décès par convulsions, qui comptaient, au dix-huitème siècle et avant la pratique de l'inoculation, ^ pour un cinquième au moins dans les décès généraux des grandes villes, telles que Londres et Berlin, ne figurent plus aujourd'hui que pour un vingtième au plus dans ceux de Paris, ainsi qu'il résulte des recherches publiées par M. Trébuchet, sur la mortalité de la période décennale ( 1839-1 8/i8). — (Annales d'hygiène.)
Ce fait concorde avec I'obseuvation, placée à la suite de la première proposition de M. Garnot.
Ce résultat est excessivement remarquable et prouve, sans amphibologie, que la robuste constitution des campagnards n'est pas due aux petits soins dont on entoure les enfants des grandes villes.
« Thétis, dit l'immortel auteur de V Emile, Thétis, pour rendre son fils invulnérable , le plon^,^ea dans les eaux du Styx ; cette allégorie est belle et claire !... Presque tout le premier âge est maladie et danger, voilà la règle de la nature : pourquoi la contrariezvous? Ne voyez-vous pas qu'en pensant la corriger, vous détruisez son ouvrage?... »
Ne semble-t-il pas que le philosophe de Genève ait deviné l'empirique de Londres? Hélas! la leçon fut perdue ! Chose remarquable entre toutes , le char du vaccinateur fut suivi précisément en France par les plus grands admirateurs de Rousseau , par ses plus fougueux élèves. Ils l'avaient dépassé dans l'application de ce qu'il nomme des rêveries politiques ; ils refusèrent de croire à sa parole dans ses observations sur la nature !
Nous ne sommes donc qu'avec certaines restrictions, comme on le voit, partisan de l'inoculation, à titre de mesure préventive; dans tous les ca^, nous la voulons libre d'entraves.
Néanmoins, dans l'état actuel des choses, nous pensons que l'inoculation des adultes serait le seul. remède à opposer aux conséquences désastreuses
produites par la vaccine , si toutefois l'expérience prouve, comme nous le croyons, que l'adulte vacciné peut être inoculé sans danger sérieux , lorsqu'il est d'ailleurs en très-bonne santé et qu'aucune épidémie intercurrente ne règne.
Il conviendrait donc de remplacer la revaccination . au moins inutile , des adultes , par leur inoculation , faite avec toutes les précautions convenables et jamais dans la grossesse.
ENQUETE SUR LA VACCINE, FAITE DANS LES DÉPARTEMENTS DE LA MEURTHE ET DE LA MOSELLE.
« Les grands problèmes d'arithmétique se résolvent, en général, par des rapports. Or un rapport, de même qu'une fraction, se compose de deux termes qui doivent être homogènes. Cette dernière condition est inexorable; qu'on veuille bien ne plus l'oublier. Cela posé , il est clair que la population féconde est seule homogène avec les naissances , comme l'arbre est homogène avec ses fruits. Quant à la population totale , elle n'est homogène ni avec les naissances , ni avec les décès isolés, mais bien avec leur différence, de laquelle résulte son accroissement normal. Cela est évident... Voilà pourtant ce que n'ont pas compris les statisticiens modernes. Ainsi :
« 1° Le rapport de la population aux naissances, qu'ils décorent du nom de vie moyenne , est hétérogène , et par suite vicieux ;
c( 2° Il en est de même du rapport des décès à la population , qu'ils nomment : danger de mort (1). »
En définitive , pour apprécier sainement la situation d'un pays , à quelque époque que ce soit , il faut rejeter tout rapport h^étérogène et se borner aux rapports homogènes, seuls mathématiques , seuls éternelleriient comparables , tels que le rapport des décès aux naissances et celui des naissances aux mariages.
L'enquête suivante , publiée par M. Carnot dans le Journal des connaissances médicales du 30 décembre 1857, peut servir de modèle en ce genre de travail.
Enquête.
« Les départements de la Meurthe et de la MoseUe, enfants jumeaux de la Lorraine , régis par les mêmes lois, parles mêmes coutumes séculaires, sontsensiblement identiques pour leur superficie , leur agriculture , leur industrie , leur commerce et leur population. Ils me semblent désignés par la Providence pour servir de base à une enquête sérieuse au sujet de la vaccine, puisqu'ils ne diffèrent l'un de l'autre, en réahté, que sous le rapport de leur zèle pour la propagation de
(1) Extrait du journal l'Univers.
6e spécifique , zèle ardent chez les habitants de la Meurthe et tiède chez ceux de la Moselle , ainsi qu'il est facile de s'en convaincre par la lecture des rapports officiels sur ce sujet, faits annuellement au ministère par l'Académie de médecine.
(( De 1801 à 1856, neuf recensements authentiques ont été faits dans l'un et l'autre département , aux mêmes époques. Pour en déduire des résultats dignes de confiance , je les ai réunis trois par trois , afin de pouvoir présenter aux lecteurs trois dénombrements moyens, relatifs aux années moyennes 1809, 1836, 1851. Voici ce premier travail :
Années
Années
Meurthe.
Moselle,
de recensement.
moyennes.
Habitants.
Habitants.
Première conclusion.
« La population de la Meurthe , moindre que celle de la Moselle vers 1809, a, vers 1836, atteint un chiffre égal; puis elle lui est de nouveau devenue inférieure vers 1851. Ce mouvement alternatifs semblable à l'oscillation d'un pendule , est, pour le géomètre, le signe caractéristique d'une action temporaire de l'art , suivie d'une réaction forcée de la nature. C'est l'un des principes fondamentaux de la mécanique rationnelle.
« Examinons maintenant comment cette action et cette réaction se sont exercées et sur quelles périodes de la vie humaine leur inîluonce s'est fait sentir.
« En comparant les tableaux du recrutement des classes de 1853 et 1854 aux naissances mâles de 1833 et 1834, on voit que 1,000 garçons nouveaux-nés produisent 592 hommes de 20 à 21 ans dans la Meurthe, — 562 dans la Moselle. D'après les travaux de Demonferrand, il est admis, en outre, * que le nombre des hommes et des femmes qui atteignent cet âge est le même , bien que les naissances des deux sexes soient inégales en nombre. De là, ressort cette conclusion :
Deuxième conclusion,
« Mille naissances , dans les proportions sexuelles ordinaires, produisent 305 filles de 20 à 21 ans, dans la Meurthe , et 290 dans la Moselle ; mais comme il est prouvé par l'expérience , du moins à Paris , que 20 pour 100 meurent célibataires entre 50 et 70 ans, âge auquel tout espoir d'union conjugale est perdu pour elles, on ne peut estimer à plus de 80 pour 100 le nombre de celles qui se marient et, par conséquent, à plus de 244 dans la Meurthe et de 232 dans la Moselle , le chiffre dos mariages contractés par des filles , soit avec des gar- . çons , soit avec des veufs.
« La Tar.cine , plus répandue dans le premier département, y conserve donc plus de mineurs que dans le second. Telle est son action incontestable , et dès lors il est facile de comprendre pourquoi , de 1809 à 1836, la population de la Meurthe a plus augmenté (]ue celle de la Moselle et de conclure que la différence consiste principalement en enfants et en adolescents.
« L'action étant désormais bien connue , passons au détail do la réaction.
« L'état civil de ces deux départements présente , de 1845 à 1854, les résultats suivants, relatifs à 1,000 naissances contemporaines des deux sexes :
Départements. Mariages. Naissances. Décès. Différences.
Meurthe 300 1,000 944 56
Moselle 237 1,000 778 222
( Mariages. . . 63
. En plus, dans la Meurthe
^ ' I Décès 166
' « A l'aspect seul de ces chiffres , surgit une question cpi'on ne peut laisser sans réponse positive sans avouer, par là même, l'insuffisance de son propre jugement.
« Question. — Comment expliquer correctement cette augmentation simultanée de décès et de mariages à égalité de naissances , dans deux contrées voisines et semblables ?
« Réponse. — On a vu que les décès de mineurs
sont moindres de 30, dans la Meurthe que dans la Moselle, relativement à un nombre commun de 1 ,000 naissances des deux sexes. On voit ici que , dans ces mêmes conditions, les décès généraux y sont plus nombreux de 166. Donc les décès de majeurs, dans le premier département , dépassent ceux du second de 196.
« Or il y a deux catégories de majeurs trèsdistinctes, surtout parmi les femmes. La première comprend les jeunes et fécondes; la seconde se compose des vieilles et stériles. L'augmentation des décès a-t-elle porté sur les unes ou sur les autres ? Voilà ce qu'il faut éclaircir; car là est le nœud de la question.
c( Cela posé , il est évident que si la mort n'eût frappé que des stériles , le chiffre des naissances , qid était de 12,542 dans la Meurthe en 1845, n'y serait pas descendu progressivement à 9,962 en 1854.
« Donc, l'augmentation des décès a porté principalement sur les habitants daiu 'la force de l'âge.
c( Dès lors tout s'explique facilement. En effet :
« 1° Quand la mort frappe la population virile, elle augmente le nombre des veuves. Celles-ci , jeunes encore , se remarient facilement ; mais comme une femme n'a pas plus d'enfants avec deux maris successifs qu'avec un seul qu'elle conserve en bonne santé , ces mariages en secondes noces n'augmentent pas le nombre des naissances du pays. Ainsi , on a
prouvé , dans la deuxième conclusion , qu'il se faisait environ 244 mariages de filles dans la Meurtlie , et 232 dans la Moselle. Donc, d'après le nombre total des unions conjugales , porté dans le tableau précédent , on arrive à cette conclusion précise :
« Toutes cboses égales d'ailleurs, il se fait environ 5 mariages de veuves dans la Moselle, pour 56 dans la Meurthe !...
« La réponse est positive, complète et incontestable.
(( 2° Quand la mort frappe la population féconde, la durée des premiers mariages est moindre; les naissances diminuent et la décadence du pays arrive par deux côtés à la fois, comme arrive celle d'une maison de commerce par suite de la diminution des recettes, coïncidant avec l'accroissement des dépenses.
« Yoilà pourquoi l'excédant des naissances sur les décès, qui constitue l'accroissement normal de la population, a été quatre fois plus grand dans la Moselle que dans la Meurthe, à égalité de naissances, ainsi que l'indique le petit tableau qui précède. Yoilà aussi pourquoi le nombre de leurs habitants, égal vers 1836, différait de 12,712 vers 1851, comme on le voit au début de cette enquête !...
Troisième conclusion.
« La diminution du rapport des naissances aux mariages, si rapide depuis 1820, par toute la France, et plus particulièrement, dans les départements trèsvaccinés, ne peut s'expliquer correctement par la stérilité plus grande des femmes, et n'a d'autre motif que leur mort prématurée !
c( Ce rapport, comme il a été démontré dans la Revue médicale du 15 février 1854, sert de mesure pour apprécier la virilité comparative des diverses provinces d'un même pays. Yoici quel a été son chiffre, à 31 ans d'intervalle moyen, dans les deux départements mis en parallèle :