TABLEAU DE LA RÉVOLUTION SANITAIRE EN FRANCE DE 1816 A
« Si les hommes, dit Malebranche, avaient quelque intérêt à nier les vérités géométriques, ils leur opposeraient des paralogismes absurdes. »
Les partisans intéressés de la vaccine ont pleinement justifié la boutade du célèbre oratorien. Comme les adversaires de cette prophylaxie ont été les premiers à dire et à démontrer que le nombre des malades n'était guère aujourd'hui que les sept neuvièmes de ce qu'il était au dix-huitième siècle, les vaccinomanes, s' emparant de ce fait isolé, se sont empressés d'imprimer que, de l'aveu même de ses
docteur Gaffe, — assurément bien désintéressé dans la question, — ce fait est impossible à expliquer honorablement pour les médecins de la France, au point de vue des partisans de la vaccine, tandis qu'il s'explique , avec une facilité merveilleuse, au contraire, par cet aphorisme des vaccinomètres :
Plus il y a de médecins , plus il y a de vaccinés et, par conséquent, plus il y a de décès., toutes choses égales d'ailleurs.
ennemis, la découverte de Jenner « est un immense service, rendu à l'humanité. »
Il en serait ainsi, sans aucun doute, si la proportion des morts aux malades était restée la même ; mais c'est précisément tout le contraire qui est arrivé ! Ce fait a été surabondamment démontré par M. Carnot dans sa quatrième proposition ; messieurs les vaccinomanes le savent fort bien et, s'ils feignent de l'ignorer, c'est, de leur part, toujours la même tactique, usée à force de longs services et pouvant à peine aujourd'hui tromper les femmes et les enfants.
C'est à dater de l'an 1818 , comme on l'a vu dans les quatrième et huitième propositions, qu'a commencé l'aggravation des-maladies de la jeunesse, en France. C'est, par suite, à dater de cette» époque que le rapport des morts aux nouveaux-nés a de plus en plus augmenté. Yoici, à ce sujet, le tableau sommaire des décès et des naissances dans le cours des quarante années écoulées, du 1" janvier 1816 au l^"" janvier 1856.