‹ Philosophie mathématique et médicale de la vaccine [electronic resource]Chapitre 37 sur 43 · ARTICLE DU DOCTEUR GAFFE · texte numérisé non relu

ARTICLE DU DOCTEUR GAFFE

Problème important non résolu. — Tableau comparatif des naissances et des décès en France, à 38 années d'intervalle et à deux époques de cherté des subsistances.

MODVEMENT ANNUEL MOYEN.

Epoques biennales. Naissances. Décès.

En moins 45,095 naissances.

En plus 256,336 décès.

« Donc, la différence dans l'accroissement normal de la population, qui résulte de l'excédant des naissances sur les décès, a été de 301 ,431 habitants!

« Sur cette différence annuelle^ les transcriptions faites en 1854-1855 des décès de la Crimée figurent pour 20,000 en moyenne, d'après le Constitutionnel. Le choléra n'a pas enlevé non plus au delà de 80,000 habitants par année, ou de 160,000 pour la période biennale. Donc, la perte réelle comparative est d'environ 200,000 habitants en douze mois, perte que MM. Legoyt, dans le Journal des Économistes etBoniface, dans le Constitutionnel , ont cru devoir attribuer à la cherté des subsistances, bien que cette cherté ait été notoirement moindre en 1854 et 1855, qu'en 1816 et 1817!... Évidemment, l'expUcation donnée par ces deux publicistes, sans hésitation au-

cune, prouve qu'ils n'ont pas eu l'idée d'établir une comparaison entre deux époques marquées par des privations au moins égales, et ne peut en conséquence soutenir un instant d'examen sérieux. La cause primitive de cette prodigieuse révolution sanitaire est à trouver et constitue le plus important des problèmes, dans la situation actuelle de l'Europe.

« L'erreur des deux économismes cités est encore plus manifeste, si l'on réfléchit que la fortune publique et privée, que les relations commerciales, que les moyens de transport très-augmentés, ont fait qu'en 1854 et 1855, malgré la cherté des vivres, personne en France n'a souffert de privations pareilles à celles de 1816 à 1817, années d'invasion par les armées étrangères, d'absence de commerce et de misère profonde. »

« Je ne dois pas me contenter d'avoir signalé à l'attention de mes lecteurs le plus important des problèmes à résoudre, dans l'intérêt des populations ; il ne doit pas me suffire d'avoir prouvé rigoureusement que la consolante hypothèse produite par le chef du bureau de la statistique ne soutenait pas un examen rigoureux; il importe maintenant de démontrer à ceux qui voudront se livrer à des recherches sur ce sujet, que la révolution sanitaù'e, que je leur ai signalée par le tableau comparatif de ses périodes biennales extrêmes, n'est pas un temps

d'arrêt dans la prospérité, comme le disait ces jours derniers M. Clément, membre de l'Institut; mais que cette fatale révolution suit, depuis l'an 1816, une marche progressive, et que la période 1854-1855 semble seulement nous annoncer que, loin de vouloir s'arrêter pour faire place à des jours meilleurs,

« YlRES AGQUmiT EUNDO. »

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