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existences qui ea sont les parties et les membres , et les entraînant dans les évolations nécessaires de sa vie unique; soit enfin, je ne sais quoi de confus, de vague, d'inexplicable, et qn'on admet parce qu'il faut admettre qndqtie cbose. Or, il n'y a pas une de ces opinions qui n'entraine plus de difficijdtés que Texistence de Dieu. Avec chacune k raiison tombe dans les absurdités les plus bloquantes , et ces prétendus esprits forts, qui nient Dieu^ poiu* échapper au reproche de faiblesse, sont très-facUes è s'abuser eux-mêmes, quand il faut justifier leurs systèmes ou seulement les défendre. L'athéisme, ou ce qu'on donne pour tel , est presque toujours le travers d'un esprit faux , dominé par une idée file ; c'est une espèce de monomanie. On s'arrête à une difficulté insolubll? à la raison , et croyant de sa dignité de ne rien admettre qui lui semble absurde , on repousse la première de toutes les vérités comme une chimère, parce qu'on ne peut s'en rendre compte. En cela parait la démence de la raison ; car expliquer c'est tirer un fait d'un autre fait , comme l'effet de sa cause; c'est faire sortir une idée d'une idée, eomme la conséquence de son principe , ce qui suppose un premier fait , une idée première , dont l'explication devient impossible, puisqu'il n'y a au-ddà ni fait ni idée. Dieu est le fait primitif, cette première vérité, principe nécessaire de l'exercice du raisonnement , que la raison ne découvre pas, bien. qu'elle puisse la démgntrer quand die la connaît; qu'elle peut prouver, mais qu'elle ne trouve pas.
L'indifférence religieuse est aujourd'hui la cause la plus fréquente de l'inobservation des devoirs envers
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Dieu, La plupart de ceux qui Tiveot sam aucune pmtique de religiou , ne renient point Dieu pour cela ; mais ils n'y prisent point , ils ne s'en inquiètent pas plus que s'il n'existait pas , ou que son existence n'eût aucun raj^ort «Ycc la leur. L'indifférence arrive, quand Tàme se détourne d'un ol^et, en sorte qu'elle n'a plus de relatkm avec lui , n'en espérant ni plaisir ni peine, et en perdant jusqu'au souyenir* £Ue se détourne d'une chose, quand une autre l'attire et la domine. Absorbée par le désir et les sollicitudes des choses terrestres, elle s'y pose, s'y enfonce f et alors l'action de Dieu ne peut plus pénétrer en elle» Il faut l'acticm et la réaction pour que le rapport s'établisse, et que la vie se dégage. Si la réactkm manque, U n'y a point d'effet produit , parce qu'il n'y a point téception de l'influença , acceptation de ce qui est donné. Dans un temps où les intérêts de la terre occupent presque toutes les volontés , absorbent leur ambition et emploient toute leur activité, il est naturel qu'U y ait un détournement général de Dieu, et par conséquent un oubli total de ce qui lui est dû.
Une autre cause de l'indifférence religieuse, moins ditede, mais peut-^e plas dangereuse, parce qu'elle est systématique et paraît fondée en raison , c'est la per- Tersion de l'esprit faussé ou obscurci par de mauvais 9es doctiines , par ces opinions banales qu on retrouve dam tous les temps, et que les incrédiries avancent hardiment comme des principes ou des choses démontrées, saydr : que si Dieu existe, il n'y a point de rapport possible entre nous et lui , que l'être infini et toutpuissant n'a pas besoin de notre homm^e , que nous
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ne pouvons rien pour loi , puisqu'il Q*a hema de rien ; que diaqoe fait sortant de sa eanse , tout ce qui arrive est néeessair^nent produit par ee qui a précédé , la Provi* deooe ayant établi des lois générales, par lesquelles elle goaTeme d'une manière prédéterminée et sans exception ; que Dieu, sachant tout, a prévu toutes nos aetmis, et qu'aind notre liberté est enchaloée par sa preacieMe, etc., etc.; tout ceb peor «rriver à conclura, que la religkm est me chimère et le culte une absurdité. Quand d^ tdles erreitfa se sont emparées de l'esprit d'un homme, on conçoit que firrâigion, l'omission de Ions les devoirs de piété, le mépris de tout ce qui s'y rappcHrte, en un mot l'indifférence à Tégard de Dieu , doivent en sortir.
Mais la cause qui éloigne le plus souvent l'homme de Dieu , et l'empêche surtout de lui rendre ce qu'il lui doit, c*e8t moins encore l'erreur de l'esprit que l'^arement du cœur. Il y a peu d'hqmmes vraiment incrédules par système , et ceux qui font profession de l'être cherchent une vaine gloire dans cette ostentation d'esprit fort, on croient y trouver une justification, ou une excuse de lenr conduite. La passion est aussi une idolâtrie. Qnand elle domine hd)itueUement le cesur humain, elle en efface l'idée de Dieu , et consume an service de la créatttre la vie et Tamour qui sont dus au dréateur. Presque tous ceux qui vivent dans l'oubli de Dieu sont dans ce cas* Leur cœur en est plus détourné que leur esprit ; ils ne songent point à nier Dieu , ni à lui contester ses droits ; mais ils ne s'en occupent pas , parce que leur âme est remplie des choses de la terre. Ciombien vivent de la sorte, au milieu de notre civilisa-i^
tien, absorbés par leurs intérêts ou leurs plaisirs, et soupçonnant à peine qu'il y ait quelque cbose aa-delà de ce monde. On les appelle des honnêtes gens, s'ils n'enfreignent pas les lois et ne scandalisent point Topiniott. Ils sont mêmç quelquefois bon époux, bon père, bon citoyen ; ib remplissent leurs devoirs envers tous , excepté envers Dieu; ils se vantent d'être justes avec tout le monde, et ils oublient celui auquel ils doivent le plus. Mais que les malheurs ou les tentations viennent à assaillir cette vertu humaine, et elle sera bientôt ébranlée , renversée ; car elle est posée sur le sable, elle n'a point de base dans le roc immuable de la parole divine. Elle n'a devant elle ni espérance ni terme. L'âme qui n'a que cette vertu humaine s'attache toujours à ce qu'elle doit quitter ; et si elle est préservée de quelques maux, elle n'est pas délivrée de la frayeur de l'avenir, et de la peine si cuisante d'abandonner ce qu'elle aime ici-bas. En général , les hommes commencent à se détourner de Dieu et à négliger son culte, à l'âge où ]a nature et le monde les enchantent, et quand les sensations nouvelles, qu'ils éprouvent par le commerce du cœur et des sens avec les créatures , les poussent à chercher leur bonheur en elles. Dans presque tous les jeunes gens qui entrent dans le monde , s'obscurcit momentanément l'idée de Dieu, et là où elle rayonne encore , dans les plus fidèles , elle revêt les formes de l'imagination et de la passion ; ce qui donne une religioi^ sentimentale ou romantique, accommodée à l'exaltation de cette époque et peu sévère dans la pratique. Le plus grand nombre de ceux qui ne se con* vertissent point, même lorsqu'ils en sentent le besoin,