‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 111 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. — CUAP. V · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. — CUAP. V

sont arrêtés , enehatnés par des passions et de mauvaises habitades. Hs reconnaissent en spéculation la nécessité de la religion; ils voudraient y revenir et remplir les devoirs qu'elle impose ; ils vantent le IxHiheur de la foi, et la désirent : mais ils n'ont pas la force de renoncer à ce qu'elle condamne, et de lui sacrifier des penchants et des moeurs contraires à ses commandements. Ils restent done indifférents à Dieu dans la pratique, ou injustes à son ^rd, non par endurcissement de l'esprit, comme les incrédoles systématiques , mais par faiblesse de volonté, n'ayant point le courage de briser les filets où leur oœnr est pris et d'accomplir le bien qu'ils reconnaissent.

On ne remplit pas le devoir envers Dieu, si la croyance manque ; on le remplit mal, quand la croyance s'altère et devient erronée. Dans ces cas, le sentiment religieux faussé peut devenir plus funeste à l'homme et à la société que l'irréligion elle-même ; car l'abus des meilleures choses est toujours le plus dangereux. L'idolAtrie, la superstition et le fanatisme sont les plus grands fléaux de l'humanité.

L'idolâtrie consiste à rendre à la créature l'hommage dû au Créateur, ce qui suppose dans l'esprit la confusion du fini avec l'infini. L'homme est entraîné dans cette erreur par son penchant à se représenter l'invisible sous une forme sensible. Il veut saisir l'infini ; il lui faut un Dieu qu'il voie, qu'il touche, auquel il s'adresse immédiatement ; il se fait une image de Dieu , et bientôt il substitue le type au prototype, la copie au modèle, et adresse directement son encens et ses vœux à ce qui devait seulement lui servir de symbole. Ce penchant est tellement

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fort, que mâme apiès afoir été éclaiié par la lumière de la réTâation, eonmie le iN»ple d'Iarad, rhomme est toajoan prêt à retomber dans one grossière idolâtrie. Voilà pourquoi il a^ défendu anx Joifs si positivement, avec des menaees si terribles, de se tailler anenne image de Dien , et de oommoniqaer avee les nations, on de s'allier avec elles, ponr éviter la contagion de ridolàtrie. Dès qœ l'homme croit trouver Dieu dans la nature , il apofliéoae sucœssîyement toutes les formes naturelles j depuis les plus grossières jusqu'aux plus éclatantes* Il n'y a pas d'existence qu*il n'ait déifiée ; les éléments, les pierres, les plantes, les animaux, les astres ont reçu suceessiveinent ses hommages ; lui-même s'est fait Dien et a divinisé son semblable. De là sont sortis les mythes et les mythologies de tous les peuples. Or, la morale étant une conséquence du dogme, quand le dogme est faussé, la morale Test aussi. En divinisant les êtres de la nature et lui-même, l'homme a donc apothéose en même temps les caractères, les habitudes et les passions des eréalures, et comme l'idée de la perfection est inhérente à oeUe de la Divinité, il a dû se modder sur ce qu'il adorait, et reproduire dans sa conduite les. mœurs de ses dieux. Alors la région , an lieu d'être un moyen de perfectionnemœt moral, est devenue un instrument de perversicHi, et c'est ainsi que le paganisme a d^adé rhumanité. Qnand l'idée de Dieu a été obscurcie et effacée dans rentendement des hommes, ils ont été abandonnés à toutes les passons honteuses de leur cœur, justifiées par leur culte : Servieruni creaturm

poHii quàm CreaUm Propterea tradiddt illo» Deus in

pa$$ion9i tgnonUniœ. ( Ad Bom. eh. i, 7^ S^â , 26. )

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