‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 115 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. — OQAP. V · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. — OQAP. V

Tesprit , «t que Fincroyance eu {ftouve la <Oveie 4 tdodifi qa au contraire, la foi est pour bous, daas i*ordre Biora]| la condition de toute lumière et de toute poi^aance.

L'abus de )a piété dans ces derniers temps a aussi oon^ tribué h la discréditer. Pour beaucoup elle est dei^enne une Taine forme , qui a trop souvent dispensé d'une vertu réelle ou même d'une conduite honnête, et ce qui aurait dû inspirer le bien a quelquefois servi à c^cbef le crime et à en assurer l'impunité. lUen ne nuit plus à la religion dans l'esprit des peuples que les vices de cdw qui la professent On conclut, que les pratiques du «fuite ne servent à rien , puisque ceux qui s'y livrent ne son( pas meilleurs ou sont pires que les autres 9 et, si elles sont réputées inutiles , elles paraissent bientôt ridicules, méprisables même, à. cause de la fausseté et de l'hypo*» crisie qu'on y suppose.

L'application de la religion à la politique lui a beaucoup nui de nos jours. On en a fait le drapeau d'une opinion, l'instrument d'un parti, une arme d'attaqui^ ou de défense pour les intérêts du siècle , et par consé-r quent un moyen de discorde. C'était la dénaturer corn-» plètement en la détournant de son vrai but, c'était I4 dégrader, liée au sort des partis , elle en a i^vêtu les couleurs , en en partageant les intérêts { elle est d^^^we solidaire des fautes et des revers. La Beligion est éternelle , parce qu'elle vient de Dieu ; elle ne peut périr. L'attacher à ce qui passe, c'est la mésallier, c'est l'exposer aux vicissitudes des choses terrestres, aux chances, des révolutions humaines. Elle doit se tenir au-dessus de9 intérêts de ce moQde, et ses ministres perdent leur

véritable raflaeoce, quand ils se jettent dans la mêlée des passions politiques , et se constituent champions d*une opinion humaine. La piété dans ces circonstances parait une industrie, un moyen de parvenir, et les âmes un peu nobles, qui l'ont dans le cœur, rougissent de la manifes* ter, craignant l'accusation d'bypocrisie ou de servilité.

Le devoir de l'homme envers Dieu n'a point de mesure, parce que le don de Dieu à l'homme n'a point de borne. Aussi la créature ne peut-^lle jamais acquitter sa dette envers le Créateur. Gomme elle a tout reçu de lui, la restitution de toute son existence est de droit rigoureux, et ainsi, quoi que l'homme fasse pour témoigner à Dieu sa reconnaissance, et lui rendre hommage, ce ne sera jamais qu'un acte de justice. Le dévouement entier à Dieu, la consécration à son service, n'est donc point un luxe de morale, un surcroît de vertu, une générosité. Aussi la vraie piété, basée sur la justice , se consomme dans l'amour. L'amour porte à tout faire pour l'objet aimé , et quand le devoir est soutenu par l'amour, il est toujours bien accompli. Nous ne vivons de la vie véritable que par l'amour divin, c'est-à-dire quand nous aimons ce que nous devons aimer, et comme nous le devons. Aimez Dieu, dit saint Augustin, et faites tout ce que vous voudrez.

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