CHAPITRE VI
Des devoirs envers les Parents^
Les lois j qui dérivent du rapport du Créateur à la créature y sont absolues^ universelles, éternelles ; elles sont lois pour toute oréature intelligente du ciel et de la terre; et ainsi les devoirs^ qu'élleis im* posent^ sont universels et imprescrip'tibles. La loi^ qui prescrit aux enfants le devoir envers leurs pa-** rents, est la première des lois temporaires et naturdles. C'est elle qui est le fondement de la famille et de l'ordre social , la base de l'autorité et du gouvër*nementd'un côté^ dé la subordination et de l'obéis*^ sance de Pautre. Elle est dans l'ordre naturel^ et pour l'hcHnme vivant dans la sphère de la raison, ce que la loi divine est dans l'ordre surnaturel et pour Thomme vivant dans la sphère intelligible.
L'autorité paternelle est la seule autorité humaine vraiment et uniquement fondée en nature; la seule qui ne soit ni acquise, ni conquise, ni octroyée, ni convenue. Elle est native dans le père , innée à la paternité, et elle subsiste, que l'enfant la reconnaisse ou non, tant que la paternité existe^
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Mais la loi naturelle a elle-même une origine plus haute, d'où elle tire sa sanction; car la nature, comme tout ce qui est créé , ne se régit point ellemême.
Diea est T antécédent fd^sola de toat ce qui existe ; la loi diviue est éternelle comme TÉtre dont elle part, uniyerselte comme Lui» Les devoirs, qui en «ressoirtent, sMmposent h toutes les créatures intelligentes, qui seules ont des devoirs ; dans quelque situation qu'elles se trouvent, le rapport, qui les unit à leur Principe, étant indestructible , la loi subsiste pour elles, avec une imprescriptible obligation. Dans toutes les sphères, dans toutes les phases de son existence, l'homme devra à Dieu son hommage, son adoration, son amour ; le temps et Tespace ne changent rien à ce devoir essentiel. Il Q*e|L est point de même des obligations naturelles. Ici le devoir est ymable, passager, et dpit finir avec le rapport qui le fonde. Da preniier, du plus important de ces rapports , celui qui ^nit rindiyidu aux auteurs de ses jours, dérive la première loi naturelle, qqi constitue et r^le la famille, base de la société. La famille est le produit de la nature elle-même, agissant par la génération, et le rapport qui s'établit entre le terme engendré et les termes générateurs , fonde une obligation naturelle de celui-là divers ceux-ci, d'où sortent les devoirs du premier. Par le fait même de la génération, les parents dominent les enfants -, car ils sont leurs antécédents selon la nature, ils les portaient en eux avant de les mettre au jour. Il y a eatre eux Iç môme rapport qu'entre la cause et l'effet, le
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priDeipe et la copséquenoe. Il y a dose d'an côté bu»périorité natarelie, et avec elle pniMiQce et autoritéi et de l'autre sobordioation naturelle, et par elle 8oami86i<Ai et obéissanee. Ainsi s'établit primitivement et naturellement le pouvoir dans le monde. Ainsi un hommp aciquiert le droit naturel de eommander à un autre hom^ me; ainsi s'est constituée la première hiérarchie légitime ; et par conséquent le premier gouvernement qui ait paru sur la terre est celui des enfants par leurs parents , le gouvernement paternel ou patriarcal, type et modëe de tous les autres.
La puissance paternelle est innée au père ; elle subsiste avec certaines modifications, tant que les liens qui unissent les parents et les enfants ne sont point rompus par la mort. Mais ces liens , dépendant de la chair et du sang, ne sont point éternels , ils n'ont pas plus de durée que la génération même dans laquelle ils sont fondés. Cette première loi de la nature est donc temporaire, et bien qu'elle soit infiniment supérieure aux lois humaines , toujours plus ou moins arbitraires et conventionnelles, elle est cependant très-inférieure à la loi divine , qui est au-dessus de la nature et immuable comme Dieu. La loi de la famille régit le monde du temps, où tout s'établit et se conserve par la génération de la chair, comme la loi divine gouverne le monde de l'éternité , oii tout existe et subsiste par la génération de l'esprit.
L'autorité paternelle est la seule sur la terre, qui soit vraiment fondée en nature , les hommes ne pouvant la constituer ni la détruire. Elle ne peut s'acquérir, comme les antres puissances de ce monde, par l'argent, par la
force, par la soeoession, par l'élection, par une transaction qoeloonqae. Le pouvoir marital est la conséquence d'un contrat , où les deux parties s'engagent librement. Aucune des deux n'est soumise natorellemâit h Tautre ; car la soumission n'existerait point sans le consentement de leurs volontés. S'ils ne pactisaient pas ensemble , il n'y aurait entre eux aucune relation d'autorité ni d'obéissance. Il en est de même du pouvoir dùminical et domanial : qu'il s'applique aux personnes ou aux choses, il est le résultat d'une acquisition par force , par transaction ou par convention. Le maitre possède la chose, soit pour s'en être emparé le premier, soit pour l'avoir achetée ou échangée , soit pour l'avoir reçue par donation ou succession. Dans tous ces cas, le droit, et la puissance qu'il confère, proviennent de l'acte de la liberté humaine, s' exerçant sous certaines conditions de justice ou de violence. L'homme commande à son serviteur en vertu d'une convention tacite ou expresse , d'après laquelle il nourrit ou paie le mercenaire en retour de son travail. Il gouverne l'esclave comme une chose qoi s'achète et se vend. Ces manières d'acquérir et d'exercer l'autorité ne sont point uniquement fondées en nature. Cela est 'encore pins évident dans la constitution de la puissance politique, qui n'est vraiment naturelle que si elle est patriarcale, et alors elle se confond avec l'autorité paternelle comme la nation avec la famille. Partout ailleurs, à parler humainement, elle est le résultat de la force ou de la convention , soit qu'elle s'impose violemment aux hommes, ou qu'ils l'acceptent volontairement par une espèce de contrat, ce qui ne Fempêche point