PARTIE PRATIQUB. ^- GHAP. VI
manifester sons des expressions analogues à la sphère et an degré où elle doit paraître. Ainsi fait l'hoinme, dans l'ordre fdiysiqne et dans l'ordre spirituel. Mais la vie, traversant son individualité y est nécessairement modifiée par elle, comme le métal liquide passant par le moule, s*accommode à sa forme, s'imprègne de sa couleur; et c'est pourquoi le cadiet de l'homme se retrouve dans toute production humaine, physique ou spirituelle ; et à côté de la partie foncière, essentielle, fournie par la Tie même , et qui en constitue l'élément immortel , il 7 a une partie accidentelle et relative, un élément individuel et variaUe. Ainsi , que l'homme engendre son semblable dans une plastique organique comme père naturel, ou qu'il engendre des idées, des conceptions dans l'entendement des autres, par la parole fécondante du génie, dans les deux cas, il transmet la vie sous deux formes différentes, à des ^degrés divers. Il donne ce qu'on lui a donné, la vie et la lumière. L'une et l'autre lui ont été communiquées par une voie mystérieuse dont il n'a point le secret ; et il s'emploie à les propager d'une mamère aussi obscure et qu'il ne peut pas plus expliquer. A coup sûr, l'acte du génie qui rayonne la lumière spiritudle et féconde les intelligences , en y produisant des idées , est tout aussi insondable à la science que l'acte génératrar qui anime des germes humains et reproduit la vie du corps.
Une conséquence importante, qui détermine la nature et le caractère de la puissance paternelle, sort de là. Si la paternité est une délégation , si l'homme est père par représentation et comme mandataire d'un pouvoir
3H6 PUlIiOSOPHlE MO&ALE. .
Bupéneur, Tautorité , iobérente à la fonction qo*il remplit, ne lui appartient pas pins que la vie qull propage ; et bien loin que sa dignité ou sa force en soient diminoées, elles sont au cofitraire exaltées , ennobfies, par la participation à la grande ceuTre, par le reflet de la gloire et de Tautorité de celui qu'il représente. Or, Fiiomme, créé iounédiatement par Dieu, ne relève que de Dieu ; il est le lieutenant de Dieu sur la terre^ pour cultiver, goarernar et développer Touvrage de Dieu. Il ne le représente jamais plus énergiquement, dans Tordre naturel , que par l'acte et dans les fonctions de la paternité. Voilà pourquoi le père a quelque chose de sacré pour ses enfants ; il est pour eux rimage de ce qu'il y a de plus auguste dans Tunivi^s, du Principe de la vie, de Dieu même. Cette déLégatioa loi donne, en face de ceux qu'il a engendrés, un caractère propre, qui impose le respect et commande l'obéissance. Comme Moïse, descendant du Sinaï , investi ^aoore de la lumière divine, éblouissait les yeux des Israélites par l'auréole brillante de son visage, aiusi la nature imprime au front du père quelque chose de solennel , qui le di^ingue de tous les autres hommes aux yeux de ses enfants. Leur père n'est pas pour eux un homme comme un autre; et en effet, il a été chaîné pour eux d'une miscâon spéciale 3 car c'est par lui qu'ils ont été mis en rapport avec la source de la vie dans l'ordre naturel. Aussi daoa tous les siècles et chez tous les peuples , la paternité a été Fobjet d'une espèce de culte, et dans les états moralemeot et religieusement constitués , les vieillards ou les andens du peuple, les pères de la génération nouvelle, ont été compris dans ce culte. Or, l'honune ne doit un culte