‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 120 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. •— OHAP. VI · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. •— OHAP. VI

eœar sans noomtnre, la volonté sans discipline : ou plntdt il y a un développement vicieux de toutes les puissances de rame ; car, excitées nécessairement par la parole, par la société, elles devront s exercer en raison de la position. Dans ce cas l'éducation devient presque impossible , l'enfant ne pouvant recevoir une instruction solide, ni être assnjéti au joug de la règle. Son avenir en portera les suites. D'où lui est venu ce malheur, qui peut retentir jusque dans l'éternité ? d'une santé faible et d'un corps débile , du sang et des humeurs viciées que ses parents lui ont transmis. D'où est venue cette infection ? ^ elle a été contractée dans le crime, si dans l'ignominie de la corruption l'homme s'est empoisonné lui-même, et avec lui toute la race qull portait dans ses reins , n'est-ce pas à lui aussi, à sa volonté, que ces tristes conséquences doivent revenir? N'est-ce point par sa volonté propre qu'il a contracté mariage dans un tel état, et donné le jour à d'antres hommes en leur trauflimettant le germe de la mort avec la vie, comme ceux<fCi le passeront à leurs descendants; et cette chaîne d'iniquités et de misères, qui va se perdre dans un effroyable avenir, n'a-t-elle point son premier anneau dans un acte désordonné de la liberté. Elles reflueront donc un jour jusque par-dessus la tête du coupable, elles l'accableront de leur poids, et la parole du prophète se vérifiera à la lettre : Iniquitaies meœ supergressœ sunt caput meum, et sicut onus grave gravatœ suntmper me (Ps. 37, f.à)- Après cela juge* si c'est chose légère que de s'unir à son semblable et de communiquer sa vie à d'autres êtres, qui étendent votre responsabilité d'upie manière indéfinie à travers les siècles^

Db mie, Ift we/fmamàSSÈâ prtBmriiff, coimml toute Hftniu— liiilifif r B^s fira 9K ^»-è->¥» raotorité dont eUe liait M fHHBBe. Bmb ]a aphère de la lafldlie,]e père ae d0Ét 00aple à fooÊmmit de Fenereiee de son pouvoir ; îl W^at jmÊiâMt qm de Sifli. Le devoir paternel est êmÊfÊjkfÊihi rigii— ■Mâ»mdefwenTergl>iea. n ffâmmÊfUi k la vérifté mm pvfit des cniuits, il tourne à

kmim Ikiet à leur iMn-ètre : m» l'effet, ou le

l^iwillit de rwuiiiliiiWBiiul du defrâr, n'en est point le pviuei|ie ni la sanction. Dans Tordre proTÎdentidl , les par€»t» ébnt les nûnistres de la vie pour k propager, la Ha de la fonetion paternelle , et de Faetivité qu'elle entraîne^ est le défdoppement delà vie, et ainsi l'existsnee et la subsistance des enfinits. £o les soignant et les âevaat , les parents répondent aux vues de INeu ; ib lûwt valoir le talent que Dieu leur a eonfié, eteest vrai* ment envers loi qu'ils sont oblig6(, pcosqu'ils ont tout reçu de lui, la vie, la patenûté, la puissance paternelle et les nMTjrens de fexercer,

Le devoir des parents, qui est au fond un devoir envers Dieu , duquel dérive toute paternité , est onoorSi dans Tétat social, une obligation divers 1a looiétë qui , sanctionnant et garantissant <âvilement le mariage, constitue définitivement la famille ot en protège le développement. La société, Aynnt sa base dans la famille, est gravement inté*

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ressée à ce que les parente soignent et élèvent convenablement leurs enfante; et ainsi, en retour de ce qu'elle fait pour assurer l'exercice de la puis-* sance paternelle , elle a droit d'exiger jusqu'à un certain point l'accomplissement du devoir des pa* rente. Dans tout état bien organisé, les parents, re^ connus par la loi, sont obligés par elle de nourrir et d'élever leurs enfante , qu'elle retient sous leur autorité ^ tent que cette dépendance est nécessaire à la conservation des enfante*

Dans Tordre politique, la famille est englobée dans l'anité de l'État. Qu'on considère l'État comme l'eiten* sion de la iamille, ou qu'on y T(He une aggr^ation de familles , il ne peut subsister que par le concours de tous ceux qui le composent, et pour étaUir et assurer ce concours, il a droit d'exiger de ses membres, non-seulement l'obéissance à la loi , mais encore tout ce qui est raisonnablement nécessaire à la communauté. Ce droit est foudé, comme tout droit, sur un devoir accompli , c'est-à-dire que l'État ne peut réclamer de ses membres la soumission et des services, que s'il les protège tffectivement et les garantit par la loi. Ce qu'il donne aux ci-r toyens leur impose des devoirs envers lui , et c'est pour* quoi les parents, en tant que parents, ont des obligations à remplir envers la société. La société, en effet, sauf le cas unique de son origine, précède les familles qui se forment et se développent sous son influence et par son secours^ Elle sanctionne le mariage , elle donne aux époux les moyens d'élever et d'établir leurs enfants. Qn peut mênve

dire que la famille n'existe moralement que parFétat so« cial. En dehors de la société, elle se forme naturellement, h la manière des animaux , et par la seule impulsion de rinstinct. Elle dépend d'abord du caprice des conjoints , de leurs désirs changeants , puis des passions étrangères qni viennent s^y mêler, et de tous les accidents de ruse, de Tiolence ou de hasard qui peuvent l'assaillir. Elle n'a aucune garantie de stabilité , ni de durée , et cependant il lui faut l'une et l'autre pour élever les enfants, pour former des hommes. II en est de la famille , sous ce rapport , comme de la propriété. Chacun a le droit naturel de s'emparer de ce qui n'appartient à personne, s'il en a besoin. La première occupation fonde un droit de nature ; et ce droit devient encore légitime, quand le travail s'ajoute à l'occupation et qu'on prend possession par l'intelligence et l'industrie, en mêlant à la substance physique quelque chose de la substance humaine. Mais qu'est-ce qu'une propriété que rien n'assure? à quoi sert un droit qu^on peut perdre à chaque instant? Et comment ce droit s'affermira-t-il au milieu de Fincertitude et d'un péril incessant? Un plus fort peut toujours, dans l'état sauvage, dépouiller l'occupant, évincer le travailleur, et alors tout est à recommencer pour le vaincu. On peut donc dire que si la société ne fonde pas le droit, au moins elle le constitue et le consolide. Elle protège la possession, elle en garantit l'usage, et donne les moyens de l'augmenter et de l'améliorer. Delà le droit qu'elle acquiert sur une partie des propriétés de tous, droit qui se réalise par l'impôt ou la contribution de chacun , en raisonde ses biens, à 1 entretien de la chose commune. L'État,

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ea stabilisant physiquement et moralement la famiUe, a donc aussi un droit sur la famille et son gouYernement ; car si la sodëté est pour le pins grand bien des individus , ce qui est incontestable , les individus à leur tour doivent contribuer au plus grand bien de la société. Or, rien n'importe plus à Tordre et au bien-être social , que la bonne direction des familles et par conséquent Taccomplissement des devoirs des parents. C'est la famille qui forme d* abord le futur citoyen ; et puisque Thomine devient plus tard ce qu'on le fait dans l'enfance, et que les principes et les croyances implantés en lui de bonne heure décident du reste de sa vie , la société a le droit de s'inquiéter de cette première éducation , si importante à son avenir, et ainsi de surveiller jusqu'à un certain point Fexercice de la puissance paternelle.

Jusqu'où va le droit de T Etat en cette matière ? Quelles sont les limites de la puissance politique en face de la puissance paternelle ? Question difficile à résoudre en théorie , et que la pratique tranche presque toujours. Xes parents ont un droit sacré qu'ils tiennent de Dieu et de la nature. Personne au monde n'a celui de violenter leur cœur et leur autorité. Les droits et les affections dé la famille en font la force et la dignité , et le bon ordre de la famille est la garantie de la société. Il est certain d'un autre côté que la société a aussi une puissance Ié«gitime sur tous ceux qui la composent. La patrie n'est point une abstraction : c'est une personne morale qui a un caractère sacré , une supériorité naturelle , et par conséquent une autorité incontestable; elle est aussi une mère. Les princes , et ceux qui gouvernent , sont insti*

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taés par Diea poor maintenir Tordre parmi les hommes, faire régner la justice , et c'est pour cela qu'ils portent le glaive ; ils sont des représentants de Dieu , et leur pouvoir n*a de légitimité et de vertu qu'à ce titre. En outre rÉtat ne peut subsister, s'il n'a la surveillance de tout ce qui se passe dans la communauté. Or , rien ne lui importe plus que la préparation physique et morale de ses membres. La famille commence cette préparation; et puisque la famille dépend de l'autorité politique, pour se constituer et pour durer, elle doit lui être soumise égale* ment sous ce rapport; la loi peut donc s'ingérer jusqu'à an certain point dans l'exercice de la puissance paternelle. Je dis 9 jusqu'à un certain point ; car elle ne peut ni ne doit se mêler de tout , et il y a dans la famille un sanctuaire impénétrable. La limite est indiquée par les be^ soins mêmes de l'État , dont l'intervention n'est légitime que là où elle est nécessaire. Il faut à la société des ci-* toyens sains de corps et d'esprit, et qui devioftoent ca* pables de la défendre et de la servir. Si elle a droit à la fin, elle a droit aux moyens ; et ainsi elle peut imposer aux parents ce qu'dle juge indispensable ou utile à la santé et à la vigueur des enfants , et surtout au développement de leur esprit et à leur moralité. Elle a le droit de punir les parents qui négligent l'édueatioa physique et morale de kurs enfants. Mais pour qu'elle puisse exercer avec fruit ee droit et o^te surveillance , il faut qu'elle soit prête à remplacer les parents incafÊhleà ou dénaturés, et pour cela qu'elle ouvre des asQes àrenfimce abandcmnée, n^ligée ou maltraitée. Elle peut exiger que les enfimts soient suffisamment instruits

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