‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 122 sur 199 · PARTIS PRATIQUE. — CHAP. VI · texte numérisé non relu

PARTIS PRATIQUE. — CHAP. VI

iDi-mème , il aime à revivre dans ceax qu'il a mis an monde. C'est le contraire pour Tenfant. Détaché de ses parents, dès qu'il devient un individu, il ne s'est jamais senti en eux comme les parents se sentent en lui ; il se pose pour lui et détermine plus nettement sa personnalité en grandissant. Son existence tend incessamment à s'affranchir de la leur ; il éprouve même le besoin de s'en séparer peu à peu, à mesure que les premières néces*sites l'y ramènent moins souvent , et quand leur secours lui devient inutile ou moins nécessaire. Le mouvement de la nature aussi le pousse en avant, et il n'aime point à regarder en arrière. C'est pourquoi l'amour filial devient moins instinctif et plus raisonnable avec l'âge, la reconnaissance et le sentiment du devoir s'ajoutant à l'affection naturelle et la renforçant. Mais si ces motifs, propres à l'être intelligent, viennent à manquer, elle s'affaiblit avec le besoin , et disparaît comme chez les animaux, dont les petits après quelque temps ne reconnaissent plus leurs parents. Ainsi l'humanité marche vers son terme par le développement de la génération , qui entraîne dans un mouvement commun les individus , les familles et les peuples. En avant est le cri, ou du moins la tendance de tout ce qui a vie.

Dire qu'une chose se fait instinctivement, ce n'est point l'expliquer, à moins qu'on ne parvienne à se rendre compte de l'iustinct. L'instinct est on entrainement naturel qui porte à agir spontanément , sans réflexion ni volonté délibérée, et même à l'aveugle. Or, tous les instincts qui se trouvent dans l'homme et dans les animaux ont une même fin, la conservation de l'existence;

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Dans le petit de la bête il n'y a qne l'animal à former, et la nature s'en chaîne; dans l'enfant des hommes, avec l'animal il y a un homme, c'est-à-dire, un être intelligent et libre, et par conséquent la nature seule ne

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