‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 123 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. — GHAP. VI · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. — GHAP. VI

peut faire les frais de réducation, raffectioD iiistinctiYe des parents ne suffit plus, U faut un moyen moral pour produire des effets moraux. La tendresse des parents doit doue être éclairée et dirigée par la ocMinaissance du de- Yoir. Elle s*élève à létat de vertu en devenant raisonnable, iiitelligeute. Dansce.monde il n'y a point de vertu sans sacrifice, et les véritables sacrifices des parents sont tout ce qu ils s'imposent pour la bonne éducation des enfants 9 malgré les répugnances de la nature , et les empécbements que la tendresse chamelle des uns ou des aatrcs j apporte presque toujours. Bien n*est plus funeste à Tenfant qu'une affection materna sans raison, qui aime aveuglément. Au contraire, rien n'est plus respectable qu'une paternité digne et consciencieuse , qui règle la tendresse naturelle par le sentiment du devoir, modère l'instinct par l'obligation morale, et sait au besoin souffrir et faire soufMr lenfant dans la vue de son bien véritable. Yoilà les soins, les sollicitudes qui laissent une trace profonde au cœur des enfants , parce, qu'elles ieor ont été vraiment utiles , parce qu'on en sent les heureux effets toute la vie, et qu'elles tendent à former Fhomme spirituel qui ne périt pas.

Les parents^ qui ont tran^oiis aux enfants 1 être

et la vie , sont encore le;s instruments par lesquels

leur existence , est conservée, développée dans le

premier âge , et qui leur donnent ensuite nom et

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rang èàn^ la société. Si donc Taction et l'affection paternelles sont les conditions objectives de la TÎe et de l'éducation de l'enfant , la réaction de celnici par l'obéissance et la confiance est la condilioa subjective pour que son existence se développe et se consolide. Obéissance et confiance^ amour et crainte sont les éléments de la piété filiale*

La fonction paternelle a trois moments distincts qm se rapportent au même bot, la fondation de la lamille. Les parents donnent d*abord la vie par la génération, ils la développent par réducation, et enfin ils la perpétuent en établissant lears enfimts dans le monde , en les rendant capables de pourvoir eux-mêmes à leur existence et de fonder à leur tour une &mille.

Le premier acte de ia paternité est celui auquel la volonté a le moins de part; l'instinct sexuel y domine plos que rintelligence et la liberté. Cependant, comme T borame agit dans ce cas, aussi bien que dans tous les autres, par l'unité de sa personne, et ainsi avec le concours de ses deux natures et de leurs puissances, son état moral y a aussi une grande influence, et le produit de la génération est très-différent, suivant la disposition intérieure des deux facteurs. Ici commence certainement la responsabilité paternelle. Ce qui prépondère dans les parents remportera aussi vraisemblablement dans F enfant : la chair et le sang, si la concupiscence du corps a le dessus; l'esprit et rftme, si la vie habituelle des parents est intdlectaeUe on religieuse. Cest pourquoi la leligioB prépare le mariage avee tant de soin ; c'est un sacrement où la vertu divine

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