PARTIS PRATIQU8. — CHAP. VI
et le Ittxe de la ¥ie, poor ramener pea à pea, par Texerciee et l'expéiienee , i la jnslesse du ocmp d'oril et à la netteté du dîseovn. Ponr oda, il iaat eonnaltre profondément le déreloppemeiit pgydiologiqae de l'homme , et le jeu de ses facultés. Quant à la passiTité totale de Fintelligenoe « il est impossible de l'imposer à l'homme, même leplas inepte, le plus dépoumi de moyens. Partout où se trouTO la faeultéde passer, il faut qu'elle s'exerce, comme il finit que l'oeil toie, que les poumons resinrent; et la fonction de la raison est aussi essentielle à la vie spirituelle de rhomme terrestre, que la fonction digestiveà sa vie physique. VoUiuanee passive est toujours relative et conditionnelle. Un homme ne peut abjurer entièrement l'usage de sa raison , et rexercice du jugement lui est en-t core nécessaire pour exécuter les ordres donnés.
Le devoir de l'obéissance envers les parents dure autant que la minorité des enfimts, dont il est la consé^ quenoe. Dès que l'homme peut se teiffire à lui-même par la force du corps , par la capacité de l'esprit et Yé^ nergie de la volonté ; dès qu'il est devenu une personne morale, un dtoyen actif dans la société, ne demandant plus à d'autres le soutien ni la direction de sa vie,^ et assumant sur lui une responsabilité propre par la jouissance de sa raison et de sa liberté, il n*est plus tenu à une subordination désormais inutile et qui entraverait son développement. L'autorité paternelle , en tant que loi stricte et commandement légitime , expire à la majorité de l'enfant; elle est temporaire comme tout ce qui ressort de ce monde , et le régime de la famille naturelle, époque d'éducation et d'instruction, est la prépa^
ration à un gouvernement supérieur. Mais le deroir filial ne eesse point, pour prendre une autre forme. Les parents restent toujours les antécédents naturels des enfants, les instruments dont Dieu s*est servi pour leur transmettre la vie, et à ce titre ils conservent un caractère sacré à leurs yeux , et ont droit à leur respect. En toute justice , et selon la rigoureuse équité , les enfants devant aux parents tout ce qu'ils en ont reçu , sont tenus non-seulement de leur donner ce qui est nécessaire aux besoins ordinaires de la vie , c*est-à-dire 1* alimentation et l'entretien , mais encore les soins dont ils ont été eoxmèmes l'objet pendant leur enfance ; soins qui deviennent indispensables à la vieillesse , pour adoucir les derniers moments d'une vie qui s'éteint. Ici le devoir seul est insuffisant; il font quelque chose de tendre , d'affectueux , pour animer et oindre la sécheresse de la stricte équité, et comme l'amour maternel, avec les empressements de son dévouement instinctif, a préservé le berceau et soutenu les premiers pas de l'enfant , ainsi l'amour filial doit, par la reconnaissance du cœur et la prévenance délicate de l'affection , frayer et embellir le chemin de la tombe. Le berceau et la tombe se correspondent, comme les deux pôles de la vie terrestre. Ils ont l'un et lautre un caractère sacré ; car ils renferment an mystère. Os sont au fond la même chose à deux époques diverses, sous deux formes différentes; car l'homme nait pour mourir et meurt pour renaître.