PARTIE THEORIQUE. -^ CHAP. I
solides et floides , notre organigme a besoin de se réparer dans les unes et les antres. Il s^implante dans la terre comme le végétal , afin d*en absorber les sues analogues am[ parties terreuses de sa forme ; et comme le végétal anœi, il boit, par tons les points de sa surface en contact arec Tair, les fluides subtils qui y sont dissous et celui* là surtout qui contribue le plus efficacement à refaire le sang. Or, Tesprit bumain vit aux mêmes conditions, il est sonmis à la même loi. Il faut qu'il soit excité d'abord par une influence supérieure et nourri ensuite par l'action continue de cette influence; il faut qu'il reçoive cette action et qu'il réagisse, et il ne vivra, et ne vivra bien, qu'en raison de sa réaction. Mixte par sa nature, tenant à la fois de la substance physique et de la substance psychique , et devant les unir en lui , il est nécessairement excité de deux côtés et par deux sortes d'agents. Son développement est double. Dans Tordre primitif de la constitntion humaine, a^ant la chute, quand l'âme domi<nait le corps , elle avait l'initiative du développement ^tal , et le corps n'entrait en activité que par son impulsion. Depuis que le rapport a été renversé et que le corps a originairement la prédominance, c'est le contraire qui arrive. L'organisme se développe d'abord par l'excitation des choses sensibles , et la manifestation de Tûme arrive postérieurement. L'esprit humain est d'abord en relation avec le monde matériel , au moyen des sens , et de là les facultés inférieures, qui constituent ce qu'on peut appeler l'esprit naturel : ébauche de l'intelligenoe, commençant à se développer sous une action purement physique, et dont nous voyons des traces re-
48 PHIL060PHIB MORALE.
qui veuille recevoir ce qu'on loi donne et se sonmettN librement à Faction de l'enseignement ; c'est le terme ia^ fériear ou celui qui écoute. On ne peut instruire celui qui ne veut ou ne sait point écouter. Alors s'établit entre les deux termes le rapport qui constitue à la fois la vie à l'esprit et sa loi : la vie qui procède de l'action et de la réaction des deux esprits se pénétrant : la loi, par Taatorité de la parole qui s'impose, et par la soumission do disciple qui l'admet. La loi étant accomplie, l'effet s'ensuit ; l'esprit qui a reçu est nourri , fortifié. 11 s'étend, s'accroît, se développe, pose lui-même au-dehors ce qu'il s'est approprié par l'assimilation ; et quand il devient pai l'âge et la force capable de se reproduire, ou d'engendrer spirituellement, il féconde et nourrit à son tour d'autres intelligences, et communique la vie qu'il a reçue. Ainsi se propage la vie spirituelle parla génération et selon la même loi que la vie physique.
Les esprits vivant, comme les corps, par la stimulation et l'alimentation, la nutrition devient la fonction principale autour de laquelle se groupent toutes les autres et dont elles dépendent. L'esprit a toujours besoin de nourriture, et de là son incessante curiosité, expression de sa faim. Pour l'esprit aussi il 7 a un temps de croissance, de formation où, comme le corps, il gagne plus que pendant tout le reste de la vie. C'est l'époque de l'instruction et de l'éducation, dans laquelle il apprend et s'essaie à vivre, et qui décide ordinairement de son avenir ; car il se constitue en raison de la première nourriture qu'il reçoit et de la manière dont il la reçoit. Sauf le caractère original de l'individu , qui est le cachet de sa
PÀnTIB TBBORIQnE. — CHAP. I. 40
personnalité, l'élève est modelé par le maître, «irtout s'il y a de la vie entre eux, autorité d'un côté, soumission de Tantre, pénétration réciproque, accomplissement de la loi vitale, de l'esprit. C'est pourquoi il est si important d'avoir de bons maîtres et de vivre d'abord dans le commerce habituel et sous Finfluence continue d'esprits distingués. II. y a dans leur atmosphère quelque, chose de vivifiant, plus efficace que tous les préceptes du monde ; il y a dans leur parole une vertu qui féconde et forme à leur image ceux qui la reçoivent. Telle est la loi fondamentale de l'esprit humain et de tout esprit créé.
L'entendement, la raison, Tesprit naturel sont de rhomme, mais ne sont pas l'homme : ce sont des formes, des facultés, des puissances de l'humanité ; ce n'est pas l'humanité elle-même. Four que le caractère vraiment humain paraisse dans l'individu et dans la société, il faut autre chose que des excitations physiques; il faut une influence plus haute, que celle de la parole humaine. Quoiquç revêtu d'une forme terrestre, l'homme n'est point fils de la terre. Son àme, semence divine, ge;*me immortel qu'il apporte en ce monde, doit s'y développer, et pour cela il faut qu'elle obéisse à la loi universelle qui veut qu'elle vive ; à la loi générale, d'après laquelle elle ne peut vivre sans aliments ; à sa loi propre, suivant laquelle elle ne peut s'assimiler que ce qui est analogue à sa nature. II. 4
la
AJCÀiST
UV.
ce
^T^nTIL TU lEBlI l •TïS^
CBE7C Elfimuiv et <f cxrâmr fa
c«Alrfr»str et ImstxmcdM»
larde»» est
An-
bn-
ir. Ce
îo-
f9Qr Ir fosat. Ukeane doit
i r'^ttufcàre » posîtioii ,
c«ï«ç«)è^ dn rapport
et ?«• buflilnery c*cst
îi rfi«« ît ffc$ mpartnnte
t uéces-
PARTIJS THJBOBIQDE. -— GffAP. I. 51
saire. L'iramamté n'est ce qu'elle doit être qae par la re* ligi<Hi et là ioù elle maïuiae, ch&i les îndiTÎdtts ou les peuples , on peut dire qu'il n'y a point de vie véritablement humaine. Aussi n'a-t-'On jamais yu a la surface de la teri^ on peuple ts^m rdUigiou, et qnand une société déjà formée a essayé de s'en passer ou de s'en faire une à sa guise, elle n'est parYeoue qu'à âiraQlèr ses propres fondement et à préparer sa ruine. Du rapport de l'honune avec Dieu ressortent tous les autres ; si tous Tôtez, ils n'ont plus de principe, et la morale çt la législation croulent nécessaire" ment avec leur base. Là est la source et la sanction de toute loi , la racine de la loi fondamentale. Toutes les religions supposent cette xlonnée première, elles ne sont rdigions qu'à cette condition , et c'est pourquoi , malgré la ^Missièreté des dogmes et des pratiques de la plupart, elles Ont toujours une certaine efficacité parce qu'il y a en elles quelque chose qui se rattache au fondement étemel de Tordre et de la morale. Il est aussi à remarquer qu'elles s'af^uient tontes sur une ré vélat&iHi ; toutes pré* tendent à une origine céleste, croyant n'avoir de valeur et de légitimité qp!k ce titre, et avec raison; car la vraie rdigion ne peut venir que de IMeu.
La religion préside partout à rétablissement de la dvilisation. Elle fonde la société , et tous les arts , qui forment , entretiennent et embellissent la vie sociale , ont leur principe en elle. Les dieux, ou des hommes inspirés des dieui , furmt selon toutes les traditions ks premiers instituteurs des peuples , noti - seolemeult pour la vie morale et intellectuelle, mais même pour la conservation et Tamélioration de rexistence
physique. L^agricultare, la métallargie, la médecine, etc., HO vantent cTune origine dWine, aussi bien que la religion et les lois, et elles y ont au fond le même droit ; car dans la science et l'art comme dans la oon« duite, pour la spéculation comme pour la pratique , le seul enseignement valable et efficacCi ou qui puisse parler aVco autorité, est celui qui vient d'en haut ou qui s'y rattache. La religion est la base et la sanction de la morale ; car l'homme ne pouvant recevoir la loi que de son principe , il n'y a de loi pour lui que par son rapport avec Dieu , son supérieur naturel ; et oonmie la vie et raliineot de la vie lui viennent de Dieu, plus il est en rapport avec son Auteur ou plus il est religieux, plus aussi il reçoit la vie abondamment, plus il est heureux; en sorte que raocomplissementile sa loi fait à la fois sa vertu et son bonheur.
Le Christianisme a mis cette vérité en lumière. Il enseigne avec l'autorité de la parole divine et l'expérience de la vie humaine, que l'homme actuel, engendré, conçu, né dans le péché, est égoïste en naissant, par la concupiscence qui le domine, et les exigences du corps qui le tyrannisent. Son âme tombée sous le joug de la chair en subit la loi , et , si on l'abandonne à l'entraînement de Tinstinct, loin de devenir meilleur en devenant raisonnable, il se posera plus fortement dans l'amour de soi, et emploierâ son esprit naturel et ses plus hautes facultés à la satisfaction de ses passions grossières. Tels sont les enfants dès le bas âge , tels deviennent les adultes quand ils ne sont pas disciplinés par la parole religieuse. ^'étanl ni pénétrés par la vertu d'en haut , ni inti-