‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 132 sur 199 · PARTIE PRATIQUE. — GUAP. VII · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE. — GUAP. VII

Di pensée ni parole ; Fintelligenoe et la moralité resteront en puissance, tant qu nne action spirituelle et morale ne viendra point féconder son esprit, pénétrer son âme, et y e&citer une réaction analogue. Or celte action ne peut entrer en lui que par la parole, véhicule du sentiment et de ridée. La question peut donc se traduire ainsi : d'où pourrait venir aux hommes une parole intellectuelle et morale , si le genre humain , produit brut de la nature physique, n était en rapport qu'avec eUe; si, fils de la terre et de la terre seule , sans commerce avec le ciel , il ue recevait de vie , de force et d'inspiration que par le contact avec sa mère? Cette parole supérieure, condition absolue du développement spirituel, ne pourrait venir d'un hom* me, puisque tous les individus participeraient à l'état du genre ; elle ne viendrait point de la nature extérieure, puisqu'il n'y a point en elle d'influence spirituelle , d'agent intelligent, et qu'elle n'offre lldée et la volonté de celui qui l'a faite, qu'aux yeux de l'homme éclairé par une lumière plus pure, et déjà formé par l'instruction. Questions insolubles dans l'hypothèse que nous combattons.

Une seule doctrine résoud ces questions, celle qui enseigne, sur la foi des traditions de tous les peuples et des documents les plus respectables par leur authenticité et leur antiquité , confirmés par la parole de la Genèse et de l'Évangile, que Dieu a créé l'homme à son image et à sa ressemblance; qu'il l'a formé d'une âme et d'un corps; que le corps a été tiré de la terre , que l'àme y a été insufflée par l'esprit divin, et que le Créateur, après avoir vivifié sa créature, lui a donné la terre à gouverner et à cultiver, II. 29

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en lui imposaDt ]a loi qui deyait régler sou existeuce et fexereice de ses facultés. La première eonséqueoee de eette explication c'est que, par sa double nature, rhomme se trouvait dès le commencement en rapport avec deux ordres de choses ^ ayec deux mondes, d'un coté avec Dieu son principe par son âme , de Tantre avec la nature physique ou la terre par son corps. Or le rapport ayec Dieu étant aussi nécessaire à son existence que le commerce ayec la nature physique. Dieu, après avoir créé rhomme, dut continuer à communiquer ou à conyerser ayec lui , suivant le langage biblique , pour exciter et nourrir son déyeloppement moral , comme les relations ayec le monde et ses produits durent avoir lieu, pour conserver et entretenir son développement organique. De là la nécessité d'une parole primitive entre Dieu et Thomme, moyen unique de la communication céleste , et dans cette parole et par elle Fini osion primordiale et continue de Fesprit divin , qui , reçu dans Tftme humaine et se réfléchissant dans son entendement, y a engendré toutes les idées universelles. Alors s'explique comme de soi-même Forigine du langage, sans lequel il est impossible de rendre raison de Fhomme civilisé. L'abime entre le physique et le moral se comble, F âme et le corps se développent simultanément et en Imrmonie sous la double influence du ciel et de la terre. Tant que eette harmonie a duré, Fhomme était dans F<Mrdre de sa création , et par conséquent juste et heureux. Mais quand Finfluence inférieure Fa dominé et que sa volonté, réagissant davantage du coté de la terre , s'y est posée par son désir , la dégénération a commencé ; il y a eu per-

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