Partie pratique. — ghap. vu
tarbation , désordre dans son existenee , il a moins Téca par Fâme et l'esprit à mesure qu'il vivait plus par le corps et de la vie matérielle j il a cessé de réagir vers Dieu, il a fini par l'oublier, et il est tombé ainsi dans la dégrada-* tion et la corruption. Telle est l'origine de la décadence de l'humanité en général , et des peuples en particulier. La civilisation a précédé la barbarie et l'état sauvage; car toujours le bien est avant le mal , la vérité avant Terreur , le positif avant le négatif ; et c'est par l'oubli de ce qui fonde et enti'etient l'état civilisé que les hommes dégénérés se sont rapprochés de l'animal , comme nous voyons encore dans nos sociétés ceux qui ne vivent que pour le corps et ses jouissances, prendre peu à peu les inclinations et jusqu'aux apparences de la brute. Il est vraisemblable que les tribus sauvages de FAmérique, de rOcéanie, et du centre de l'Afrique, senties restes de peuples autrefois civilisés , séparés de leur souche, et qui ont émigré dans des pays encore inhabités, où, infidèles à la foi, aux traditions , aux mœurs de leurs ancêtres, ils ont vécu de la vie animale, sous l'influence prédominante de la nature physique. Plus les générations se sont succédé et plus elles se sont dégradées , tombant toujours plus bas, jusqu'à l'état misérable où nous les voyons aujourd'hui. Il est impossible d'expliquer autrement la vie sauvage ; car les hommes qui s'y complaisent, tels que les indigènes de l'Amérique du nord, ne paraissent pas moins intelligents que les autres; et si la civilisation s'était formée uniquement par le commerce de l'homme avec la nature, on ne voit pas pourquoi ceux-là ne seraient point aussi civilisés que les habitants des autres parties du
globe. Il ne devrait donc plus y avoir de sauvages dans le monde, depuis queThumanité s*y développe.
Si, au contraire, les hommes ne sont civilisés que par une influence morale ; et si toute influence morale part originairement d*une action divine, il suit que Tétat social s'établit et se conserve en raison de sa participation à une révélation primitive, aux traditions qui k propagent, en un mot au commerce de Dieu avec F homme. La civilisation , au contraire^ s'altérera à mesure que ce rapport sera plus médiat^ plus faible; et elle disparaîtra prèsqu'entièrement, là où il n'y aura plus que des traditioDs grossières, d'ignorantes superstitions ou Hue brutale incrédulité.
La manière dont les peuplades sauvages peuYcnt être civilisées confirme cette explication. Un seul moyen a réussi jusqu'à présent. Ainsi la Grèce barbare a été for* mée à la vie sociale par des prêtres de l'Egypte et de la Phénicie qui lui ont apporté les sciences et les arts avec la religion , en sorte que les croyances et les idées de l'Orient sont devenues le fond de la civilisation grecque. Ainsi > après la découverte de l'Amérique et malgré les horreurs commises par les Espagnols, quelques apôtres de Jésus-Christ, le crucifix à la main , la parole de TÉvangile sur les lèvres et la charité de Jésus-Christ dans le cœur , ont amené un grand nombre de sauvages à la vie sociale, en les conquérant à la yie étemelle. Beaucoup d'indigènes convertis de l'Amérique do sud ont persévéré dans la foi et se sont fondus avec les populations européennes par l'influence de l'esprit religieux. Dans l'Amérique du nord au contraire , où il y a eu peut-être moins