PARTIE PRATIQUE. — GHAP. VU
de violences extérieures et moins de sang versé, la fusion n'a pu s'opérer. Les indigènes n'ont point été gagnés , ils ont toujours reculé devant une civilisation qui les trompait avec les formes et sous les semblants de la justice , et comme cette civilisation toute rationnelle, fondée sur Fa* griculture, Tindustrie, le commerce, sur des intérêts purement terrestres, n'avait point en elle cette sève du ciel, âme du prosélytisme, cette charité de Jésus-Christ qui est pressée de lui gagner des cœqrs à tout prix, elle n'a pu exercer sur les sauvages une action profonde et vivifiante ; elle n'avait point de quoi les régénérer, parce que tout en elle était humain. Cétait l'homme en face de l'homme, l'Européen éclairé en face du sauvage ignorant : des deux côtés il y avait des intérêts humains, et la force ou la ruse pouvaient seules en décider. Chaque jour en effet elles décident la question. Les indigènes, qui n'ont point été civilisés, parce qu'on n'a pas su les christianiser, sont incessamment refoulés par la population exotique, qui va toujours croissant. Le désert commence h leur manquer; ils y trouvent à peine les moyens de subsister. La chasse devenant plus difficile et moins abondante , à mesure que la culture défriche et cerne les forêts, viendra le moment oii ils devront mourir de faim ou être extermir nés par les nouveaux états qu'ils gênent, et dans lesquels ils ne peuvent se fondre, parce que les abus d'une civilisation inique et corrompue leur en ont inspiré l'horreur. On a vu depuis deux siècles ces malheureuses peuplades diminuer graduellement. Le moment n'est pas loin où leur trace aura disparu de la terre. Une seule chose pourrait les sauver, les relever, la parole de Jésus-Christ
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annoucée par des apôtres, se dévouant à les instruire et à les diriger au milieu des fatigues et des périls, et voulant, à Texemple du divin Maître, verser leur sang pour rendre la vie du ciel à leurs malheureux frères, assis dans les ténèbres et à Tombre de la mort.
A mesure que le genre humain s'est multiplié , étendu sur la terre^ les sociétés particulières se sont établies, et la civilisation s'est formée. Ces sociétés, composées de plusieurs familles, n'ont pu être constituées par la nature seule. Il a fallu des conventions humaines plus ou moins explicites, pour instituer le gouvernement et les lois. Le but de ces associations, comme celui de la famille, est le bienêtre de ceux qui en font partie, et la perfection des sociétés, ou leur valeur morale, s'apprécie par la manière dont elles contribuent au développement de l'homme et à l'avancement de l'humanité.
L'humanité considérée dans son ensemble, est, comme son origine le montre, une seule famille, et elle tend par tout son développement à former une seule société. La division du genre humain en nations et en peuples, est un résultat de la variété du